France - Côte d’Ivoire : les Éléphants terrassent le numéro un mondial et signent leur première victoire face à la France
Le scénario d'un exploit
Tout avait pourtant mal commencé pour les hommes d'Emerse Faé. Dominateurs, techniques, les Bleus maîtrisaient les échanges pendant 45 premières minutes à sens unique cinq tirs cadrés contre un seul côté ivoirien, 63% de possession. C'est Rayan Cherki, qui ouvre le score à la 45e minute sur un exploit personnel : un dribble dans un espace impossible suivi d'une frappe croisée imparable.
Les Éléphants rentrent au vestiaire menés, bousculés, mais pas résignés. La seconde période raconte une tout autre histoire. Entré à la pause, Nicolas Pépé change immédiatement la physionomie du jeu ivoirien. Après un jeu en triangle, il délivre une superbe passe décisive à Guéla Doué qui égalise à la 53e minute. Le stade retient son souffle. Puis c'est Amad Diallo qui porte l'estocade à la 84e minute, surprenant une défense française débordée pour offrir aux Éléphants une victoire aussi méritée qu'historique.
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Une page d'histoire enfin écrite
Trois confrontations, zéro victoire. C'était le bilan ivoirien face aux Bleus avant cette nuit nantaise. Une défaite 3-0 en 2005, un match nul décevant 0-0 en 2016, puis une défaite cruelle 2-1 en 2022. Ce 4 juin 2026, dans ce même stade de la Beaujoire où Emerse Faé et Didier Deschamps ont tous deux été formés au FC Nantes, les Éléphants ont enfin écrit leur première ligne de victoire dans cette rivalité. Et ils l'ont fait de la plus belle des manières : en revenant de derrière, face au numéro un mondial, à dix jours du Mondial.
Faé : ''Chaque victoire est importante. Chaque victoire compte.''
En conférence de presse d'après-match, Emerse Faé a mesuré chaque mot avec la sérénité d'un homme qui sait exactement où il va. La fierté était là, mais sans ivresse.
« Chaque victoire est importante. Chaque victoire compte. Quand vous battez le numéro un mondial, c'est à la fois le prestige, à la fois bon pour le moral », a-t-il déclaré, avant d'ajouter avec un pragmatisme désarmant : « Ce n'est pas parce qu'on a battu la France ce soir que ça va nous donner des points en plus pour passer le premier tour. On continue notre préparation. On continue à monter en puissance physiquement. »
Ce que retient avant tout le sélectionneur ivoirien, c'est l'âme du groupe dans les moments de doute. « Le positif, c'est l'état d'esprit de l'équipe. C'est le fait d'être revenu en deuxième mi-temps avec de meilleures dispositions qu'en première. Quand vous subissez les assauts de l'équipe de France, ce n'est pas facile. Vous pouvez facilement craquer, vous pouvez facilement lâcher. On a continué à y croire malgré le but encaissé juste avant la mi-temps. On n'a pas lâché. »
Sur le plan tactique, Faé a levé le voile sur les intentions de son équipe : « On n'avait pas prévu de jouer bloc bas. On n'avait pas prévu de laisser le ballon à la France. On avait plutôt décidé de jouer bloc médian, de mettre un pressing bloc médian pour voir aussi ce qu'on était capable de faire face à des joueurs de cette qualité. Maintenant, quand vous jouez contre l'équipe de France, vous savez que vous avez des chances de subir parce que c'est une équipe de qualité. »
Un tremplin, pas un aboutissement
La victoire est belle, le contexte exceptionnel mais les Éléphants ne s'y trompent pas. « L'objectif, c'était de continuer notre préparation pour être prêts le 14 », a rappelé Faé, faisant référence au premier match de poule face à l'Équateur, le 14 juin à Philadelphie. « Gagner contre une équipe comme la France, c'est bon pour le moral. On prend. Mais on ne va pas commencer à s'enflammer. »
La Côte d'Ivoire évoluait ce soir dans un 4-4-2 avec Yahia Fofana dans les cages, Ghislain Konan, Emmanuel Agbadou, Wilfried Singo et Guéla Doué en défense, un milieu articulé autour de Franck Kessié et Seko Fofana, et un secteur offensif animé par Simon Adingra, Elie Wahi et Yan Diomandé en pointe.
La Côte d'Ivoire s'envole vers les États-Unis avec du vent dans les voiles et une certitude nouvelle dans les jambes : elle peut battre n'importe qui. Douze ans d'absence au Mondial, une préparation conquérante, et maintenant une victoire historique face au meilleur du monde. Les Éléphants barissent fort.