Découvrez la somme aberrante que Haïti a dû payer à la France après avoir gagné son indépendance

Le New York Times est revenu sur la somme aberrante que Haïti a dû payer aux colons après avoir gagné leur indépendance.

Le peuple haïtien qui revendique/HECTOR RETAMAL/AFP/GETTY IMAGES

Une révolte précède l'indépendance d'Haïti proclamé en 1804, c'est la révolte de 1791. Inspiré des révolutions américaine et française, la révolution a débuté avec une revendication des habitants de couleur qui n'étaient pas esclaves. Par la suite, se sont mêlés les esclaves jusqu'à la déclaration d'indépendance.

En effet, la société Haïtienne était frappé d'une énorme inégalité que les habitants de couleurs libres n'acceptaient pas. Le code des noirs reconnaissaient 2 types de personnes : les blancs et les esclaves. Les noirs qui n'étaient pas esclaves n'avaient pas de statut juridique, ils ne pouvaient donc pas avoir les mêmes droits que les colons blancs. Quant aux noirs, en plus de leurs libertés qui étaient restreintes, les colons ne respectaient pas le peu de faveurs que le code leur faisait comme le repos du dimanche. C'est pour toutes ces raisons que la guerre de libération commença. Le 4 février 1794, la fin de l’esclavage est décrétée par la France en Haïti, faisant de facto de ceux qui y habitent des citoyens français.

Cependant en 1800, une guerre civile éclate entre les esclaves dont le chef est Toussaint Louverture et les mulâtres(les noirs libres pendant l'esclavage), soutenus par la France. Après que Napoléon ait voulu ramener l'esclavage en 1802 et que Toussaint Louverture soit trahi et déporté, en 1804, l'indépendance de Haïti est proclamé par Jean-Jacques Dessalines, poulain de Louverture. Cette révolte fait de Haïti, le premier Etat noir indépendant.

Deux siècles après, le célèbre quotidien New York Times a révélé que cette prestigieuse victoire sur la France n'en est pas une parce que Haïti a dû reverser une somme faramineuse à la France pour garantir cette indépendance.

En 1825, les Haïtiens voient débarquer « une escadre française porteuse d’un ultimatum du roi Charles X ». Il leur exige la somme de 150 millions de francs. Selon les données de l'époque, la richesse estimée de Haïti n'excède pas les 5 millions de francs. Ce qui oblige Haïti à contracter un prêt. Et donc, les paiements, versés à partir de 1825 par la première république noire de l'histoire, pour indemniser les anciens colons esclavagistes, "ont coûté au développement économique d'Haïti entre 21 et 115 milliards de dollars de pertes sur deux siècles, soit une à huit fois le produit intérieur brut du pays en 2020." Haïti a accepté de payer 30 millions de francs par an pendant cinq ans; ce qui fait de ce pays, le seul au monde où des générations de descendants d’esclaves ont versé des réparations aux héritiers de leurs anciens maîtres, selon le journal.

Selon NYT, la France accepte de réduire la dette à 90 millions de francs mais avec les intérêts et les commissions. Ce montant est l’équivalent de "560 millions de dollars, aujourd’hui". Si le pays avait conservé cette somme, "il se serait enrichi de 21 milliards de dollars". En 2003, quand le président haïtien de l'époque, Jean-Bertrand Aristide a voulu soulever le débat et demander des réparations financières à la France, la France a soutenu les opposants de M. Aristide, avant de le chasser du pouvoir avec l’aide des États-Unis. Le NYT confirme ces dires en se basant sur les déclarations de l’ambassadeur de la France.

"Mais Thierry Burkard, ambassadeur de France en Haïti à l’époque du départ du président haïtien, admet aujourd’hui que les deux pays ont bien orchestré [un coup] contre M. Aristide. Quant au lien entre sa brusque éviction du pouvoir et la demande de restitution, Burkard reconnaît que [c’est probablement ça aussi un peu"

"Après l'éviction de Jean-Bertrand, Gérard Latortue, nommé chef du gouvernement haïtien par intérim avec le soutien des puissances occidentales, rencontre le président Jacques Chirac et, dans la cour du palais de l’Elysée, déclare aux journalistes qu’il a renoncé à la demande de restitution", précise encore le NYT.

Le NYT continue pour dire que depuis Paris, le Crédit Industriel et Commercial, ou CIC, pendant des décennies, a la mainmise sur les finances haïtiennes. C'est cette même banque qui a co-financé la construction de la tour Eiffel.

Aujourd'hui, Haïti reste le pays le plus pauvre de la région Amérique latine et Caraïbes et parmi les pays les plus pauvres du monde, selon la Banque Mondiale.

Malgré la large publication de cette information sur les réseaux sociaux, aucune des 2 parties n'a voulu crever l'abcès du silence. Que ce soit du côté de Port-au-Prince ou de l'Elysée. Les internautes sont encore en attente des réactions.

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