Côte d’Ivoire : fermeture d’un orphelinat illégal à Agnibilékro après une vidéo controversée
Agnibilékro, 31 Mars 2026 L’orphelinat « Dieu peut tout faire », situé dans l’est de la Côte d’Ivoire, a été fermé sur décision du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant à la suite de graves manquements aux droits des enfants qui y étaient hébergés.
Une vidéo à l’origine de l’affaire
Tout est parti d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. On y voit des enfants, en pleurs, lancer un appel à l’aide à la Première Dame Dominique Ouattara, reconnue pour son engagement en faveur des droits de l’enfant.
Dans cette séquence, les mineurs évoquent notamment des difficultés liées à leurs conditions de vie, dans une mise en scène orchestrée par la promotrice de l’établissement.
Cette initiative a rapidement suscité une vive indignation au sein de l’opinion publique.
Des accusations graves du ministère
Dans un communiqué officiel publié le 30 mars 2026, le ministère a dénoncé des faits particulièrement préoccupants. Il accuse la promotrice d’avoir :
exploité la vulnérabilité des enfants à des fins de mendicité ;
porté atteinte à leur dignité et à leur droit à l’image ;
contraint les mineurs à s’exprimer publiquement dans des conditions inappropriées.
Le ministère précise que ces actes constituent une violation flagrante des droits fondamentaux des enfants.
Un établissement en situation illégale depuis plusieurs années
L’enquête révèle également que l’orphelinat fonctionnait sans agrément officiel.
Bien qu’une demande ait été déposée il y a deux ans, celle-ci a été refusée après inspection des services compétents. Les autorités avaient conclu que la structure ne répondait pas aux normes requises pour accueillir des enfants vulnérables.
Malgré cette décision, l’établissement a poursuivi ses activités pendant près de neuf ans, en dehors de tout cadre légal.
Mesures immédiates prises par les autorités
Face à la gravité des faits, la ministre a ordonné plusieurs mesures :
la fermeture immédiate de l’orphelinat ;
la relocalisation des enfants vers des structures agréées, dans le respect de leur bien-être ;
la saisine du procureur de la République pour engager des poursuites judiciaires contre la promotrice.
Cette dernière pourrait être poursuivie pour exploitation de mineurs à des fins de mendicité et exercice illégal d’une activité de protection de l’enfance.
Réaction de la promotrice
Dans une vidéo publiée le 31 mars, la promotrice a reconnu être à l’origine de la séquence virale. Elle affirme avoir agi dans l’espoir d’obtenir un soutien financier.
Elle indique également avoir été interpellée par les autorités locales et précise que les enfants ont depuis été retirés de sa garde.
Un rappel ferme à la réglementation
Dans son communiqué, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant rappelle que tout établissement accueillant des enfants doit obligatoirement disposer d’un agrément délivré par ses services.
L’orphelinat ‘Dieu peut tout’ ne dispose d’aucun agrément l’autorisant à exercer.
souligne le document officiel.
Le ministère réaffirme sa détermination à protéger les enfants sur l’ensemble du territoire et appelle la population à signaler toute situation similaire aux services sociaux compétents.