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Coupures d'électricité : Le coup de colère de Jean François Kouassi contre le président Ouattara enflamme la toile

Jean-François Kouassi
Entre dénonciation du ras-le-bol populaire face au coupure d'électricité et accusations d’irrespect envers le chef de l’État, une publication virale de Jean-François Kouassi a provoqué une tempête médiatique et politique.
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Le samedi 21 mars, après une énième nuit marquée par de fortes coupures d’électricité dans plusieurs communes d’Abidjan et à l’intérieur du pays, Jean-François Kouassi décide de prendre la parole sur les réseaux sociaux.

Dans un message publié, il décrit la situation vécue par les populations, notamment à Abobo : obscurité prolongée, invasion de moustiques, conditions de vie difficiles. Un quotidien que beaucoup d’Ivoiriens disent subir depuis plusieurs semaines, dans un climat déjà tendu par la cherté de la vie.

Mais très vite, la publication dépasse le simple cadre de la dénonciation sociale.

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Des propos directs contre le chef de l’État

Dans sa publication, Jean-François Kouassi ne s’est pas contenté d’évoquer les difficultés quotidiennes des populations. Il a adopté un ton frontal, s’adressant directement au président Alassane Ouattara avec des propos jugés par beaucoup comme particulièrement durs.

Nous venons de passer une énième nuit dans le noir et les moustiques ici à Abobo pendant ce temps notre cher Président est en train de voyager à l’autre bout du monde aux frais du contribuable ivoirien en nous abandonnant à notre sort.

Le ton monte encore d’un cran lorsqu’il ajoute :

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Si gouverner les Ivoiriens ne vous intéresse plus je vous invite à démissionner car personne ne vous oblige à continuer à être Président de la République.

Dans un ton accusateur, Jean-François Kouassi va plus loin et dénonce ce qu’il considère comme un profond décalage entre les réalités vécues par les populations et le train de vie du pouvoir, tout en pointant du doigt les déplacements du chef de l’État et la situation sociale du pays :

Je trouve injuste et cynique votre train de vie et celui de vos ministres et tous vos voyages fastueux et innombrables. Il va falloir nous expliquer ce que ces nombreux voyages nous rapportent et coûtent au contribuable ivoirien à la fin. Je vous rappelle qu’il y’a 37 % de la population qui ne mangent pas dans ce pays soit environ 10 millions d’habitants. Je ne suis pas d’accord

Des propos qui, par leur ton direct, leur charge émotionnelle et leur ciblage explicite du président, ont été perçus par certains comme un cri du cœur… et par d’autres comme une attaque frontale contre l’institution présidentielle.

Une vague de réactions et une opinion divisée

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La publication devient rapidement virale. Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient et deux camps se dessinent clairement.

D’un côté, des internautes dénoncent un manque de respect envers l’institution présidentielle. Pour eux, critiquer est légitime, mais appeler un président à démissionner publiquement constitue un excès. Certains vont jusqu’à réclamer des poursuites judiciaires.

De l’autre, une partie de l’opinion soutient Jean-François Kouassi. Ces voix estiment qu’il n’a fait que traduire un ras-le-bol général face aux coupures d’électricité, à la hausse du coût de la vie et aux difficultés des populations.

Pour ces soutiens, le problème n’est pas le message, mais la réalité qu’il décrit.

Suppression du post et excuses publiques

Face à l’ampleur de la polémique, Jean-François Kouassi finit par supprimer sa publication. Quelques heures plus tard, il publie un message d’excuses.

Dans ce texte, il reconnaît avoir été emporté par ses émotions :

J’ai été certainement trop poussé par l’idée d’attirer l’attention sur une difficulté réelle vécue par les populations ivoiriennes.

Il explique avoir tenu compte des réactions suscitées par sa publication, reconnaissant que si certains internautes ont jugé sa dénonciation légitime, plusieurs n’ont en revanche pas apprécié la manière dont il s’est exprimé au sujet des déplacements du chef de l’État à l’étranger.

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Il insiste toutefois sur le fait qu’il n’a jamais voulu porter atteinte à l’institution présidentielle, précisant que son objectif était d’alerter sur les coupures d’électricité, notamment à l’approche des examens scolaires.

Mon intention n’a jamais été de porter atteinte à l’institution présidentielle.

Que tous ceux que j’ai heurtés acceptent mes sincères excuses.

Un précédent judiciaire qui pèse

Cette affaire intervient alors que Jean-François Kouassi n’en est pas à sa première controverse. En janvier dernier, il avait déjà été condamné à 15 jours de prison ferme pour troubles à l’ordre public et diffamation.

Un élément qui renforce la sensibilité autour de cette nouvelle sortie et qui explique, en partie, la rapidité avec laquelle le débat s’est enflammé.

Liberté d’expression : où tracer la limite ?

Au-delà de la polémique, cette affaire relance une question centrale en Côte d’Ivoire : jusqu’où peut aller la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux ?

Entre droit de dénoncer des difficultés bien réelles et nécessité de préserver le respect des institutions, la frontière reste délicate. Les plateformes numériques, devenues des espaces majeurs d’expression citoyenne, amplifient encore cette tension.

L’épisode Jean-François Kouassi ne se résume pas à un simple post polémique. Il révèle un malaise plus profond au sein de la société ivoirienne, où frustrations sociales et attentes politiques s’expriment de plus en plus ouvertement.

Si les mots ont suscité l’indignation, les réalités qu’ils décrivent, elles, continuent d’alimenter le débat. Et posent une question essentielle : comment concilier parole libre, responsabilité et écoute des préoccupations citoyennes ?

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