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La Panenka : le tir de penalty le plus audacieux du football

Face au gardien Edouard Mendy, Brahim Diaz a tenté la panenka en finale de la CAN/ Sébastien Bozon
Un lob délicat au centre du but, sous la pression d’un stade en ébullition : la Panenka fascine autant qu’elle effraie, une technique qui peut faire basculer l’histoire d’un match… et de tout un pays
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Dans un football moderne dominé par la puissance et la rigueur tactique, la Panenka apparaît comme un acte de défi. Ce penalty lent, presque insolent, repose moins sur la force que sur la psychologie et le sang-froid.
Ce geste mythique, né lors d’une finale européenne, a été immortalisé par quelques légendes du jeu, mais aussi terni par des échecs devenus viraux. De l’Euro 1976 à la récente désillusion marocaine, la Panenka incarne à la fois le génie et la folie du football.

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Origine et invention : la naissance d’un mythe

La Panenka tire son nom d’Antonín Panenka, milieu offensif tchécoslovaque des Bohemians Prague. L’idée naît à l’entraînement, lors de défis répétés avec son gardien Zdeněk Hruška. Panenka observe alors un réflexe quasi systématique : les gardiens plongent presque toujours sur les côtés.

Le principe est simple mais audacieux : attendre le plongeon et piquer doucement le ballon au centre du but.

Le 20 juin 1976, en finale du Championnat d’Europe à Belgrade, Panenka met cette idée en pratique. Dernier tireur de la séance de tirs au but face à l’Allemagne de l’Ouest, il lobe délicatement le ballon au cœur du but, trompant Sepp Maier. La Tchécoslovaquie remporte le titre, et le football découvre un geste qui entrera dans la légende.

Panenka affirmera plus tard n’avoir jamais raté ce geste en match officiel, bien qu’il ait manqué un penalty classique en 1981. La Panenka devient alors un symbole d’audace, copiée par les joueurs les plus sûrs d’eux.

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Une technique aussi brillante que risquée

La Panenka consiste en un tir flottant, dosé avec précision, qui retombe juste sous la transversale, dans l’axe du but. Son efficacité repose presque exclusivement sur la psychologie : si le gardien plonge, il est battu ; s’il reste debout, le tireur est exposé.

Avec l’évolution du football et l’analyse vidéo, les gardiens modernes sont désormais plus méfiants. Résultat : le risque d’un arrêt facile ou d’une sortie prématurée est élevé, ce qui explique la rareté de ce geste dans les phases finales.

Quelques rares succès et légendaires

Peu de joueurs ont osé tenter une Panenka dans des moments décisifs et encore moins l’ont réussie :

  • Andrea Pirlo : Euro 2012, quart de finale contre l’Angleterre
    Une pichenette pleine de sang-froid face à Joe Hart, symbole de son calme légendaire.

  • Francesco Totti : Euro 2000, demi-finale contre les Pays-Bas
    Un geste audacieux malgré un contexte extrêmement tendu.

  • Sergio Ramos : Euro 2012, demi-finale contre le Portugal
    Un défenseur qui ose, et réussit, lors d’une séance capitale.

  • Autres figures marquantes : Zinédine Zidane, Éric Cantona ou encore Luis Suárez ont inscrit des Panenkas devenues iconiques.

Ces réussites montrent que la Panenka est réservée à des joueurs dotés d’une maîtrise technique et mentale exceptionnelle.

L’échec dramatique de Brahim Díaz

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Le 19 janvier 2026, en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, le Maroc affronte le Sénégal. À la 98e minute, alors que le score est toujours de 0-0, les Lions de l’Atlas obtiennent un penalty décisif.

Brahim Díaz s’avance… et tente une Panenka.

Le tir est trop faible, trop axial. Édouard Mendy, resté sur ses appuis, capte le ballon sans difficulté. Le Maroc laisse passer une occasion historique. En prolongation, le Sénégal s’impose 1-0 grâce à un but de Pape Gueye.

Après la rencontre, Díaz assume pleinement son choix et présente ses excuses publiques. Mais ce penalty raté restera comme l’un des moments les plus marquants et controversés de la CAN 2026, symbole cruel de ce que la Panenka peut coûter lorsqu’elle échoue.

La Panenka n’est ni un simple tir, ni une provocation. C’est un pari, un instant où le joueur défie le gardien, la logique et parfois même son propre destin.

Réussie, elle entre dans l’histoire.
Ratée, elle devient un fardeau.

Zidane l’a sublimée. Brahim Díaz en a subi la cruauté.
C’est précisément pour cela que la Panenka reste, près de cinquante ans après sa création, le penalty le plus audacieux du football.

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