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Pas de maillot, pas de photo avec Messi : les révélations du sélectionneur du Bénin

Pas de maillot, pas de photo avec Messi : les révélations du sélectionneur du Bénin
Derniers adversaires de la Pulga, les Guépards sont repartis de Buenos Aires les mains vides. Mais le Bénin, lui, s’est offert une vitrine mondiale.
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Ils avaient tout prévu : les cadeaux, les maillots à échanger, l’envie de garder une trace de la soirée. Ils sont rentrés avec une défaite, des regrets et un seul maillot dédicacé, celui de leur sélectionneur. Invité de l’émission « Rothen s’enflamme » sur RMC, Gernot Rohr a raconté les coulisses du match d’adieu de Lionel Messi face à l’Argentine. Le récit d’une soirée historique, avec une ombre au tableau.

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Pas de maillot, pas de photo avec Messi : les révélations du sélectionneur du Bénin Gernot Rohr

Le Monumental en fusion pour le dernier tango

Le décor était à la hauteur de l’événement. Messi avait annoncé sa retraite internationale le 31 août 2026, après la courte défaite de l’Argentine face à l’Espagne (1-0) en finale de la Coupe du monde le 19 juillet, et quelques semaines après la disparition de son père, Jorge Messi. La Fédération argentine a tenu à lui offrir une sortie digne de sa légende, et c’est le Bénin qui a été choisi comme dernier adversaire.

Le mardi 6 octobre, au Monumental de Buenos Aires, l’octuple Ballon d’or a disputé l’intégralité de la rencontre à 39 ans, devant plus de 80 000 spectateurs. En face, un Bénin classé 89e au classement FIFA, finalement battu 3-0.

Et Messi a fait du Messi. Il a été impliqué dans les trois buts : un corner repris par Nicolás Otamendi à la 48e minute, une passe décisive pour Nico Paz à la 61e, puis un penalty transformé lui-même dix minutes plus tard. Otamendi, 38 ans, disputait lui aussi son dernier match avec la Seleccion. Messi referme ainsi son aventure internationale avec 208 sélections et 126 buts.

Le score ne dit pourtant pas tout. Les Guépards ont tenu l’Argentine en échec pendant une grande partie de la première période, portés par plusieurs arrêts de Marcel Dandjinou, tandis que Junior Olaitan et Aiyegun Tosin se sont procuré des occasions. À la pause, le tableau d’affichage indiquait toujours 0-0.

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« Pas une photo de Messi, pas un maillot »

C’est après le coup de sifflet final que la soirée a tourné au vinaigre pour la délégation béninoise. Les joueurs espéraient échanger leurs maillots, poser avec la star, garder une preuve de ce moment unique. Peine perdue.

Selon Gernot Rohr, les mesures de sécurité ont empêché ses joueurs et son staff d’entrer dans le vestiaire argentin et même d’approcher la zone du tunnel. Certains avaient pourtant apporté leurs maillots pour les échanger. Le constat du technicien est sans appel : « Pas une photo de Messi, pas un maillot. » D’après lui, la sécurité refoulait tout le monde.

La frustration circulait déjà en ligne. Une image de Lionel Messi déclinant un selfie avec un joueur béninois avait fait débat sur les réseaux sociaux.

Le maillot de 2018 sauvé par Scaloni

Le seul souvenir est venu d’un geste de Lionel Scaloni. Rohr raconte être resté plus d’une demi-heure après la fin du match à attendre une occasion d’approcher le groupe argentin. Il a fini par croiser le sélectionneur champion du monde, qui a accepté de faire signer par Messi un ancien maillot que Rohr avait emporté. Ce maillot datait du Mondial 2018, en Russie, tournoi pendant lequel l’Allemand dirigeait le Nigeria.

Malgré l’amertume, Rohr ne retient pas que le négatif. Il se dit très heureux d’avoir fait partie de l’histoire d’une légende comme Messi. Pour lui, jouer devant un Monumental plein a été une expérience inoubliable et formatrice pour les jeunes joueurs de son effectif.

Avant le match, l’émotion était déjà palpable dans le groupe. Le gardien Saturnin Allagbé, qui a grandi en regardant Messi à la télévision, trouvait inimaginable que le capitaine argentin fasse son dernier match contre le Bénin.

Une Amazone pour Messi, une vitrine pour le Bénin

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Si les Guépards sont repartis sans souvenir, ils ont laissé une trace. Lors du protocole d’avant-match, le capitaine Sessi d’Almeida a remis à Messi plusieurs présents, dont une réplique du célèbre Monument de l’Amazone, en lui expliquant sa signification en espagnol. Le cadeau était destiné à Antonela Roccuzzo, l’épouse de Messi. L’original, une statue de bronze de 30 mètres, rend hommage aux Agoodjiés, les guerrières du royaume de Danxomè.

La délégation a aussi offert une rose, un fanion et une lettre du gouvernement béninois présentant l’Amazone comme un symbole du patrimoine national. Dans ce message, le Bénin invitait Messi et sa famille à venir découvrir le pays.

Le geste n’a rien d’improvisé. Il s’inscrit dans une stratégie que le Bénin déroule depuis plusieurs années : faire connaître le pays au-delà de ses frontières. Le gouvernement s’est doté d’une marque-pays pour valoriser ses atouts économiques, touristiques, culturels, naturels et sportifs. Le 21 septembre 2025, il en a dévoilé l’identité visuelle sous le slogan « Un Monde de Splendeurs ». Le sport fait partie de cette vitrine : dès 2020, le gouvernement lançait une unité de production de contenus sportifs pour mieux promouvoir le sport béninois à l’international.

Dans cette logique, se retrouver dans l’un des matchs les plus regardés de l’année, avec Messi au centre de l’écran, représente une visibilité qu’aucune campagne publicitaire ne peut facilement s’offrir. Une Amazone dans les mains du meilleur joueur de l’histoire, des images qui ont fait le tour du monde, et le nom du Bénin désormais associé pour toujours aux adieux de la Pulga.

Un match aussi rentable qu’on le croit ?

Le tableau a cependant ses zones grises. Si le Bénin a été choisi, ce n’est pas uniquement par hasard. Selon le Guardian, affronter une telle équipe coûte relativement peu en frais de match, ce qui permet à la Fédération argentine de conserver une plus grande part des recettes. Les conditions d’organisation avaient déjà soulevé des questions, notamment sur l’absence de retombées financières pour la délégation béninoise et sur les conditions de voyage de l’équipe. Rohr a d’ailleurs expliqué que des problèmes de transport avaient fait arriver la délégation à Buenos Aires par petits groupes, entre jeudi et lundi.

Sur le plan sportif, en revanche, l’opération a du sens. Les Guépards étaient arrivés en Argentine avec quatre points pris lors des deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027, après un nul face au Burkina Faso (1-1) et une victoire contre la Mauritanie (2-1). Se frotter au vice-champion du monde dans un stade de 80 000 places est un test qu’on ne s’offre presque jamais.

Messi a eu sa fête, ses larmes et son dernier but. Le Bénin, lui, n’a pas eu sa photo. Mais au Monumental, pendant 90 minutes, le monde entier a regardé les Guépards, et une Amazone est partie s’installer chez la famille Messi. Pour un pays qui veut se faire connaître, ce n’est pas rien

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