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Cheick Cissé met fin à sa carrière et vise la présidence de la Fédération ivoirienne de taekwondo

Cheick Cissé met fin à sa carrière et vise la présidence de la Fédération ivoirienne de taekwondo
Champion olympique, champion du monde, double médaillé olympique : à 33 ans, Cheick Cissé quitte les tatamis. Mais le combattant ne s’éloigne pas du ring, il change simplement d’arène.
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C’est une page majeure du sport ivoirien qui se tourne. Le taekwondoïste Cheick Cissé a annoncé, ce dimanche 11 octobre 2026, la fin de sa carrière sportive. Dans la foulée, l’homme qui a offert à la Côte d’Ivoire son premier titre olympique a confirmé sa candidature à la présidence de la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD). Une double annonce qui intervient dans un contexte tendu, alors que la discipline la plus médaillée du pays traverse l’une des crises de gouvernance les plus profondes de son histoire.

« L’aventure est terminée », résume-t-il simplement. Pour lui, les objectifs qu’il s’était fixés en tant qu’athlète de haut niveau ont été atteints : tout gagner dans sa discipline, devenir une référence pour son pays et pour l’Afrique, et inspirer une génération. Et surtout, savoir partir « par la meilleure porte ».

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Cheick Cissé met fin à sa carrière et vise la présidence de la Fédération ivoirienne de taekwondo

Rio 2016, le jour où tout a basculé

Pour comprendre le poids de Cheick Cissé dans le sport ivoirien, il faut revenir à l’été 2016. Aux Jeux de Rio, dans la catégorie des moins de 80 kg, il décroche la toute première médaille d’or olympique de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Un sacre arraché en finale dans les dernières secondes, resté dans toutes les mémoires.

Le parcours avait pourtant commencé loin des projecteurs. Le champion le rappelle volontiers : il a débuté le taekwondo dans un quartier, sur un terrain de basket, avant de rejoindre un jour une vraie salle d’entraînement. Repéré dans la filière de détection mise en place par l’ancienne direction fédérale, il obtient son premier titre de champion d’Afrique en 2013, à Tunis.

Une fois la médaille olympique en poche, son statut change. Mais Cheick Cissé insiste : ce statut doit servir « à bon escient », dans la transmission et l’exemple.

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Bakou 2023, Paris 2024 : la deuxième jeunesse

Après une participation plus discrète à Tokyo, le combattant revient au sommet. En 2023 à Bakou, il s’adjuge le titre mondial des plus de 87 kg en battant en finale le Mexicain Carlos Sansores, tenant du titre. Avant lui, seul Patrice Remarck avait été sacré champion du monde côté ivoirien. La veille de ce sacre, il avait été élu à la commission des athlètes de World Taekwondo.

Un an plus tard, aux Jeux de Paris, il s’incline en demi-finale face au Britannique Caden Cunningham, avant de se relever. Le 10 août 2024, il décroche le bronze dans la catégorie des +80 kg, en dominant à nouveau Carlos Sansores. Huit ans après Rio, il remonte sur un podium olympique.

Au-delà des grands rendez-vous, son palmarès est l’un des plus fournis du circuit. En Grand Prix, il compte huit médailles d’or, trois d’argent et plusieurs de bronze entre 2015 et 2023. Il a aussi été trois fois champion d’Afrique et double médaillé d’or aux Jeux africains de 2015 et 2019.

Pourtant, à l’heure du bilan, ce ne sont pas les médailles qu’il met en avant. Il retient plutôt les heures d’entraînement, les combats disputés avec un bras ou un pied cassé, les doutes surmontés. C’est dans ces moments-là, dit-il, que s’est construite sa carrière.

Un athlète déjà dans les instances

Cheick Cissé n’arrive pas en novice dans le monde de la gouvernance sportive. En décembre 2025, il a été nommé par la présidente du CIO, Kirsty Coventry, parmi les cinq nouveaux membres de la commission des athlètes du Comité international olympique. Il est également coprésident de la commission des athlètes de World Taekwondo et cadre au ministère des Sports de Côte d’Ivoire. Il est aussi ambassadeur de la Heart Angel Foundation, qui soutient l’accès des enfants vulnérables en Afrique à l’éducation, à la santé et au sport.

« Ce n’est pas une ambition personnelle, c’est une responsabilité »

C’est avec ce bagage qu’il se lance dans la course à la présidence fédérale. Selon lui, la FITKD est en crise depuis plusieurs années et il ne peut plus rester en marge.

Le paradoxe est frappant. Le taekwondo représente quatre des cinq médailles olympiques de l’histoire du pays. Mais pour le désormais ex-athlète, ce chiffre cache une réalité préoccupante : ces quatre médailles reposent sur deux noms seulement, le sien et celui de Ruth Gbagbi. Depuis 2016, aucune relève n’a émergé. Il juge même « inadmissible » qu’un médaillé olympique formé au pays ait dû partir s’entraîner à l’étranger pour continuer à performer.

Son diagnostic est clair : il faut structurer les athlètes, équiper les maîtres de salle avec l’appui des mairies et des collectivités, et sortir de la dépendance aux seules finances du ministère. La fédération revendique plus de 70 000 adhérents, mais ne compte aucun sponsor, déplore-t-il. Or sans moyens, impossible d’envoyer les athlètes en compétition à l’étranger pour gagner en expérience.

Une fédération minée par les crises

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Sur sa route vers la présidence, un obstacle inattendu s’est dressé. La direction fédérale avait introduit dans les textes une limite d’âge fixant à 40 ans l’âge minimum des candidats à la présidence, une mesure perçue comme visant directement Cheick Cissé. La fédération internationale avait jugé cette disposition discriminatoire, et le ministère des Sports a finalement annulé la décision, en demandant de reprendre l’assemblée générale de l’exercice 2024 tenue le 28 décembre 2025, jugée entachée d’irrégularités graves.

L’intéressé regrette cet épisode. Quand il s’agit de ramener des médailles, tout le monde est derrière l’athlète, observe-t-il, mais quand il est question de gouvernance, cela devient compliqué. Il invoque la « transmission générationnelle » prônée par le président Alassane Ouattara, qui doit selon lui s’appliquer aussi aux fédérations.

Duel annoncé face à Jean-Marc Yacé

Face à lui se dessine un duel avec le président sortant, Me Jean-Marc Yacé, également maire de la commune de Cocody. Selon certains médias, l’élection est prévue pour le 30 octobre 2026, la candidature du champion restant soumise à la validation des instances compétentes.

Cheick Cissé affirme avoir tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, sans être entendu, avant de décider de prendre ses responsabilités. Son constat : l’équipe nationale ne fait plus rêver, faute de planification. Son cap est déjà fixé : les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Son équipe, assure-t-il, est déjà en place.

Face à lui se dessine un duel avec le président sortant, Me Jean-Marc Yacé, également maire de la commune de Cocody. Selon certains médias, l’élection est prévue pour le 30 octobre 2026, la candidature du champion restant soumise à la validation des instances compétentes.

Cheick Cissé affirme avoir tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, sans être entendu, avant de décider de prendre ses responsabilités. Son constat : l’équipe nationale ne fait plus rêver, faute de planification. Son cap est déjà fixé : les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Son équipe, assure-t-il, est déjà en place.

Le parallèle avec Didier Drogba, dont la candidature à la tête de la Fédération ivoirienne de football n’avait pas abouti, s’impose naturellement. Le taekwondoïste ne s’en inquiète pas. Il se dit combattant, habitué aux défaites comme aux victoires, et préfère citer l’exemple de Samuel Eto’o, ancien joueur devenu président de la fédération camerounaise.

Pour lui, l’essentiel est ailleurs : que les dirigeants fassent enfin confiance aux sportifs, car l’athlète reste le mieux placé pour savoir ce dont les athlètes ont besoin. Du terrain de basket de son quartier aux podiums olympiques, Cheick Cissé connaît chaque étape du chemin. Reste à savoir si les urnes lui permettront de l’ouvrir aux autres.

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