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Côte d'Ivoire : des stars de la musique s'unissent pour dénoncer les ravages de l'orpaillage clandestin dans "L'eau est devenue jaune"

Côte d'Ivoire : des stars de la musique s'unissent pour dénoncer les ravages de l'orpaillage clandestin dans "L'eau est devenue jaune"
Meiway, O'Nel Mala, Fior de Bior, Jahelle Bonee, Spyrow, Ayidissa, Aimann Raad et Manu Didia ont uni leurs voix à l'initiative du journaliste et écrivain Serge Bilé pour livrer un morceau engagé contre la pollution des cours d'eau ivoiriens par l'orpaillage illégal.
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Ce jeudi 3 septembre 2026 à 18h, la Côte d'Ivoire a vu naître un projet musical peu ordinaire. Sous le hashtag #leauestdevenujaune et la bannière « Ensemble pour la Côte d'Ivoire », huit artistes ivoiriens ont sorti un single commun consacré à un sujet qui n'a rien de festif : la dégradation des rivières et des terres du pays sous l'effet de l'orpaillage clandestin.

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Une mobilisation portée par les artistes eux-mêmes

Avant la sortie officielle, l'annonce a commencé à circuler sur les pages des artistes concernés, autour d'un visuel commun mettant en scène un enfant brandissant le drapeau ivoirien face à un paysage de terres ravagées par l'orpaillage, un visuel partagé par de nombreux internautes. Un message accompagnait cette publication : « Ce jeudi 3 septembre à 18h, nous portons nos voix sur une cause commune, portée par M. Serge Bilé et d'immenses talents de la musique ivoirienne pour la Côte d'Ivoire. » Un appel était également lancé pour que la chanson circule largement, notamment via WhatsApp et les réseaux sociaux.

Sur la page d'autres artistes, on pouvait lire un message plus direct encore : « Des artistes ivoiriens se mobilisent contre l'orpaillage clandestin et ses ravages en Côte d'Ivoire. Découvrez dès aujourd'hui leur single « L'eau est devenue jaune ». Un cri d'alarme pour protéger nos rivières, nos terres et notre avenir. » Deux formulations, une seule intention : faire de ce morceau bien plus qu'une sortie musicale, un véritable appel à la mobilisation citoyenne, pensé pour être partagé et relayé au-delà du cercle des fans.

Pourquoi cette chanson, et pourquoi maintenant

Depuis plusieurs mois, la Côte d'Ivoire est confrontée à l'expansion de l'orpaillage clandestin, cette exploitation illégale de l'or qui gangrène de nombreuses régions du pays. Le phénomène s'accompagne de conséquences dramatiques : rivières souillées, forêts rasées, terres éventrées à la recherche du précieux métal. Le sujet occupe une place centrale dans le débat public ivoirien ces derniers jours, entre tournées ministérielles de sensibilisation dans des zones comme le Cavally, appels à la mobilisation nationale et prises de parole de personnalités religieuses alertant sur les dangers de cette pratique pour les populations et l'environnement.

C'est dans ce contexte que Serge Bilé, connu pour avoir déjà mis sa plume au service de causes collectives il est notamment l'auteur d'une chanson caritative distinguée par la Sacem et enregistrée au profit de l'Unicef a choisi de mobiliser la musique comme vecteur de sensibilisation. Le pari : toucher un public que les discours institutionnels n'atteignent pas toujours, en particulier les jeunes, à travers un format qu'ils écoutent et partagent au quotidien.

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Serge Bilé

Ce que raconte la chanson

Le titre, porté collectivement par les huit artistes, dresse le portrait d'un pays qui perd peu à peu ses ressources naturelles. Les paroles évoquent une rivière qui, autrefois, nourrissait les terres et permettait la pêche, mais qui est aujourd'hui empoisonnée et comme condamnée. Le texte décrit aussi une forêt jadis verte et majestueuse, aujourd'hui éventrée pour quelques grammes d'or, laissant derrière elle un désert. La chanson se termine sur une interrogation tournée vers l'avenir : que restera-t-il aux enfants après cette génération, si les rivières continuent de se tarir et les paysages de se trouer.

Un texte volontairement simple et direct, pensé pour marquer les esprits plus que pour séduire les charts, et porté par une brochette d'artistes aux univers très différents du zoblazo de Meiway aux sonorités plus urbaines de Spyrow ou Aimann Raad signe que la cause a su rassembler au-delà des chapelles musicales habituelles.

Une voix de plus dans le combat contre l'orpaillage

Cette initiative artistique vient s'ajouter à un ensemble de mobilisations déjà engagées par les autorités et la société civile ivoiriennes contre l'orpaillage clandestin. Elle illustre une tendance : face à un phénomène jugé difficile à endiguer par la seule voie répressive, la sensibilisation par la culture populaire apparaît comme un levier complémentaire, capable de faire entrer le sujet dans les foyers autrement que par les journaux télévisés ou les communiqués officiels.

Reste à voir si "L'eau est devenue jaune" parviendra à s'imposer dans les conversations comme l'espèrent ses initiateurs, et si cette union d'artistes marquera un tournant dans la manière dont la Côte d'Ivoire aborde, collectivement, la question de la préservation de ses ressources naturelles.

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