Côte d'Ivoire : Trois magistrates pionnières honorées à la Journée internationale des femmes juges
Chaque 10 mars, le monde célèbre la Journée internationale des femmes juges, une occasion de mettre en lumière la contribution des femmes à l’indépendance de la justice et au renforcement de l’État de droit.
En Côte d’Ivoire, plusieurs femmes ont ouvert la voie dans un univers longtemps dominé par les hommes. Par leur détermination, leur rigueur et leurs nombreuses « premières », certaines magistrates ont profondément marqué l’histoire judiciaire du pays.
En ce mois de mars dédié à la célébration des droits des femmes, trois figures emblématiques illustrent cette évolution : Mazohin Marguerite, Chantal Nanaba Camara et Sori Nayé Henriette. Chacune, à sa manière, a contribué à ouvrir de nouvelles perspectives aux femmes dans la magistrature ivoirienne.
Mazohin Marguerite : la pionnière de la magistrature ivoirienne
Dans l’histoire judiciaire de la Côte d’Ivoire, Mazohin Marguerite occupe une place particulière. Elle est reconnue comme la première femme juge du pays, une avancée majeure à une époque où l’accès des femmes aux professions juridiques était encore très limité.
Sa nomination à la magistrature, dans les premières années qui ont suivi l’indépendance de la Côte d’Ivoire, marque un tournant dans la représentation féminine au sein du système judiciaire. Dans un environnement dominé par les hommes, elle a su imposer sa compétence et son sens de la justice, ouvrant la voie à de nombreuses Ivoiriennes désireuses de faire carrière dans le droit.
Même si les informations biographiques détaillées sur son parcours restent rares, son nom demeure associé à une étape historique : celle de l’entrée des femmes dans la magistrature ivoirienne. À travers son exemple, Mazohin Marguerite incarne la détermination et le courage nécessaires pour briser les barrières sociales et professionnelles de son époque.
Chantal Nanaba Camara : une carrière jalonnée de premières
Magistrate respectée et figure incontournable du paysage judiciaire ivoirien, Chantal Nanaba Camara s’est distinguée par une carrière exceptionnelle marquée par plusieurs premières historiques.
Au fil des années, elle a occupé des postes clés dans l’appareil judiciaire. Elle a notamment été doyen des juges d’instruction, avant de devenir la première femme présidente de la Chambre judiciaire de la Cour suprême, puis la première femme présidente de la Cour de cassation de Côte d’Ivoire en 2019.
Son parcours s’est poursuivi au sommet des institutions judiciaires avec sa nomination à la tête du Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, une institution stratégique chargée notamment de veiller à la régularité des élections et à la conformité des lois à la Constitution.
Grâce à son expérience et à sa rigueur, Chantal Nanaba Camara incarne aujourd’hui l’une des femmes les plus influentes du système judiciaire ivoirien, symbole de l’évolution progressive de la place des femmes dans les plus hautes fonctions de l’État.
Sori Nayé Henriette : une femme à la tête du parquet général d’Abidjan
Autre figure marquante de la magistrature ivoirienne, Sori Nayé Henriette a également inscrit son nom dans l’histoire judiciaire du pays. Magistrate hors hiérarchie, elle a été nommée procureure générale près la Cour d’appel d’Abidjan lors de la rentrée judiciaire 2022-2023, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste stratégique.
Installée dans ses fonctions en présence du ministre de la Justice Sansan Kambilé, elle succède à Daffot Gnaba Jonas et prend la tête d’une institution centrale dans la conduite de l’action publique et la supervision des parquets.
Sa nomination marque une nouvelle étape dans la promotion des femmes aux plus hautes responsabilités judiciaires. À travers son rôle, Sori Nayé Henriette contribue à renforcer la crédibilité et l’efficacité du système judiciaire ivoirien tout en illustrant la montée en puissance des femmes dans les fonctions de décision.
Un héritage qui inspire la nouvelle génération
Les parcours de Mazohin Marguerite, Chantal Nanaba Camara et Sori Nayé Henriette témoignent de l’évolution progressive de la magistrature ivoirienne vers une plus grande représentativité des femmes.
De la première femme juge aux plus hautes responsabilités des juridictions et du parquet, ces pionnières ont contribué à transformer le paysage judiciaire national. Leur engagement et leur détermination rappellent que la justice gagne en légitimité et en efficacité lorsqu’elle reflète la diversité de la société.
En cette Journée internationale des femmes juges, leur héritage constitue une source d’inspiration pour les jeunes générations de juristes ivoiriennes qui aspirent à servir la justice et à participer à la construction d’un État de droit plus équitable.