COUPE DU MONDE : LA FIFA IMPOSE UNE MI-TEMPS DE 30 MINUTES POUR LA FINALE, FAÇON SUPER BOWL
Ce dimanche 19 juillet, l'Espagne et l'Argentine s'affrontent au MetLife Stadium de New York pour le sacre mondial. Mais avant même le coup de sifflet final, c'est la mi-temps qui fait déjà parler d'elle. Et pour cause : la FIFA s'apprête à offrir au monde un spectacle inédit dans l'histoire du football, façon Super Bowl américain, avec à la clé une pause qui pourrait durer le double, voire le triple, de la normale.
UNE MI-TEMPS RALLONGÉE COMME JAMAIS
Habituellement fixée à 15 minutes par les Lois du jeu de l'IFAB, la mi-temps de cette finale s'annonce hors norme. Selon plusieurs médias sportifs, elle pourrait s'étirer entre 20 et 30 minutes, le temps de monter puis de démonter une scène géante directement sur la pelouse. Un scénario qui n'est pas totalement inédit : lors de la finale de la Coupe du monde des clubs entre Chelsea et le PSG, la pause avait déjà dépassé les 24 minutes, un avant-goût de ce qui attend supporters et joueurs ce dimanche.
UN CASTING DIGNE DU SUPER BOWL
Pour marquer le coup, la FIFA a mis les petits plats dans les grands. Le show, d'une durée d'environ onze minutes, sera dirigé artistiquement par Chris Martin, le leader du groupe Coldplay, associé à l'organisation Global Citizen. Sur scène, une brochette d'artistes internationaux est annoncée : Justin Bieber, Madonna, Shakira, le groupe sud-coréen BTS et le Nigérian Burna Boy. Un programme qui n'est pas passé inaperçu et qui confirme la volonté de la FIFA de transformer sa finale en véritable événement planétaire, bien au-delà du terrain.
LE CASSE-TÊTE DES ÉQUIPES TECHNIQUES
Si le public s'annonce conquis à l'avance, la nouvelle est loin de ravir tout le monde. Pour les staffs techniques des deux finalistes, cette pause à rallonge impose de revoir entièrement leurs plans de récupération habituels. Étirements, hydratation, consignes tactiques : tout doit être repensé pour des joueurs qui devront rester concentrés et physiquement prêts près d'une demi-heure après avoir quitté la pelouse, au lieu du traditionnel quart d'heure. Pour la Roja, qui a bâti toute une routine millimétrée pendant la pause, ce chamboulement tombe au pire moment, à quelques jours du match le plus important de l'année.
UNE DÉCISION QUI FAIT GRINCER DES DENTS
Derrière les paillettes, la polémique enfle. Premier reproche, et non des moindres : cette mi-temps à rallonge va frontalement à l'encontre du règlement même édicté par l'IFAB, dont la FIFA est pourtant membre fondateur. Une contradiction que l'instance devra justifier, elle qui impose habituellement une discipline stricte sur la durée des interruptions de jeu.
Sur le plan sportif, plusieurs voix s'inquiètent des conséquences physiques d'un tel arrêt. Passer près de trente minutes au repos, entre discours du staff, retour aux vestiaires et nouvelle mise en jambes, peut perturber la préparation musculaire des joueurs et augmenter le risque de blessure à la reprise. Un argument déjà entendu lors de la contestation des « pauses fraîcheur » introduites plus tôt dans le tournoi, où plusieurs sélectionneurs avaient dénoncé des interruptions jugées trop fréquentes et déstabilisantes pour le rythme du jeu.
D'autres observateurs y voient surtout le symbole d'une dérive : celle d'un football toujours plus soumis aux logiques du divertissement et des diffuseurs télé, au détriment du spectacle sportif lui-même. Faire attendre des millions de téléspectateurs et des dizaines de milliers de supporters dans le stade pendant une demi-heure, entre deux mi-temps d'une finale de Coupe du monde, reste une première que beaucoup de puristes du ballon rond ont du mal à digérer.
Au-delà de la controverse, ce spectacle de mi-temps s'inscrit aussi dans une démarche plus large. Il doit notamment soutenir le Fonds FIFA-Global Citizen pour l'éducation, une initiative visant à récolter 100 millions de dollars pour améliorer l'accès à l'éducation et à la pratique du football pour les enfants à travers le monde. De quoi donner un sens supplémentaire à cette entorse assumée aux règles traditionnelles du jeu, sans pour autant faire taire les critiques.
Reste à savoir si cette formule, calquée sur le modèle américain, deviendra la nouvelle norme des grandes finales de Coupe du monde, ou si elle restera une expérience unique, réservée à cette édition 2026 organisée conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada.