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De Miss Afrique du Sud à la menace d’expulsion : comment Chidimma Adetshina est devenue indésirable dans son propre pays

De Miss Afrique du Sud à la menace d’expulsion : comment Chidimma Adetshina est devenue indésirable dans son propre pays
Elle a porté les couleurs du Nigeria jusqu'à Miss Univers. Deux ans plus tard, l'Afrique du Sud veut la renvoyer hors de ses frontières.
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Née à Soweto, ancienne finaliste de Miss Afrique du Sud, aujourd'hui menacée d'expulsion : le parcours de Chidimma Adetshina est devenu l'une des affaires les plus suivies d'Afrique du Sud.

Il y a deux ans, elle faisait la fierté du Nigeria sur la scène de Miss Univers. Aujourd'hui, Chidimma Adetshina risque d'être arrêtée et renvoyée hors d'Afrique du Sud, le pays où elle est née. Entre polémique sur ses origines, accusations de fraude à l'identité visant sa mère et bataille judiciaire encore en cours, retour sur une affaire qui n'en finit plus de rebondir.

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De Miss Afrique du Sud à la menace d’expulsion : comment Chidimma Adetshina est devenue indésirable dans son propre pays

Une enfance et une jeunesse sud-africaines

Chidimma Adetshina naît à Soweto en 2001. Son père est nigérian, titulaire d'un titre de résident permanent en Afrique du Sud. Sa mère, Anabela Rungo, est mozambicaine et disposait à l'époque de documents d'identité sud-africains, depuis révoqués par les autorités. La jeune femme grandit donc en Afrique du Sud, y fait ses études, notamment en droit, et se considère comme sud-africaine.

En 2024, elle tente sa chance à Miss Afrique du Sud et se hisse parmi les finalistes. Un parcours qui aurait dû être célébré, mais qui tourne rapidement à la controverse.

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La polémique sur ses origines

De Miss Afrique du Sud à la menace d’expulsion : comment Chidimma Adetshina est devenue indésirable dans son propre pays

Dès l'annonce de sa qualification, une partie de l'opinion publique sud-africaine conteste sa légitimité à représenter le pays, en raison de ses origines nigériane et mozambicaine. Pendant plusieurs semaines, Chidimma Adetshina subit une vague de critiques et de menaces sur les réseaux sociaux. Sa nationalité elle-même est remise en cause.

Face à l'ampleur de la polémique, le ministère sud-africain de l'Intérieur ouvre une enquête sur sa citoyenneté et celle de sa mère. Les autorités affirment avoir découvert des indices laissant penser qu'Anabela Rungo aurait usurpé l'identité d'une femme sud-africaine pour obtenir des documents d'identité, ensuite utilisés pour déclarer sa fille comme citoyenne sud-africaine à sa naissance en 2001. Le ministère précise toutefois que Chidimma Adetshina, alors bébé, ne pouvait en aucun cas être tenue responsable de ces faits présumés.

Sous la pression, à quelques jours de la finale de Miss Afrique du Sud, elle annonce son retrait du concours, invoquant la volonté de protéger sa sécurité et celle de sa famille. Fin octobre 2024, l'Afrique du Sud finit par révoquer les documents d'identité de la jeune femme et de sa mère, les deux n'ayant pas répondu dans les délais impartis pour justifier leur statut.

Le rebond au Nigeria et le sacre à Miss Univers

Son retrait de Miss Afrique du Sud ne met pourtant pas fin à son aventure dans les concours de beauté. Chidimma Adetshina rejoint le Nigeria, pays d'origine de son père, et remporte le titre de Miss Univers Nigeria 2024, sous les couleurs de l'État de Taraba.

Elle représente ensuite le Nigeria à l'élection Miss Univers, à Mexico, où elle termine première dauphine dans la nuit du 16 au 17 novembre 2024, devancée par la Danoise Victoria Kjær Theilvig. Elle devient à cette occasion Miss Univers Afrique et Océanie, seule représentante africaine à atteindre le Top 5 cette année-là.

En février 2025, sa mère Anabela Rungo est placée en détention au Cap par les autorités sud-africaines, accusée d'avoir obtenu frauduleusement des documents d'identité sud-africains.

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L'arrestation à Cape Town

L'affaire connaît un nouveau tournant en juin 2026. Chidimma Adetshina est arrêtée à Summer Greens, dans la banlieue du Cap, alors qu'elle vivrait dans le pays sans statut migratoire légal, en compagnie de son fils mineur. Les autorités l'accusent d'avoir menti sur sa nationalité et d'être entrée dans le pays de façon clandestine, par la frontière de Lebombo.

Le 9 juin 2026, elle comparaît devant le tribunal régional du Cap. Elle est relâchée sous avertissement, mais le Département des Affaires intérieures (Home Affairs) engage une procédure visant sa détention en vue de son expulsion. Selon les documents déposés par les services de l'immigration, elle est déjà connue de leurs services dans le cadre d'une précédente enquête.

Une bataille judiciaire qui s'enlise

Depuis cette arrestation, Chidimma Adetshina multiplie les comparutions devant la justice sud-africaine pour contester la procédure d'expulsion. Le 20 juillet 2026, elle se présente de nouveau devant le tribunal régional du Cap pour faire valoir ses droits face à Home Affairs.

Le 19 août 2026, l'audience tourne à la confrontation. Des manifestants opposés à l'immigration se rassemblent devant le tribunal pour réclamer son expulsion immédiate, tandis que les avocats de l'État plaident pour sa détention. Les débats sont interrompus après qu'une récente décision de la Haute Cour du Cap-Occidental, portant sur les pouvoirs de détention en matière d'immigration, est portée à la connaissance du tribunal. L'affaire, partie d'un simple différend sur son éligibilité à Miss Afrique du Sud, s'est ainsi transformée en un dossier juridique bien plus large, touchant au droit de l'immigration, aux pouvoirs de détention et aux droits des personnes dont les papiers d'identité sont contestés.

De son côté, le ministère de l'Intérieur affirme que Chidimma Adetshina possède un passeport nigérian, qu'elle avait sollicité un visa sud-africain depuis le Nigeria, puis qu'elle serait revenue dans le pays sans statut légal, une version que sa défense conteste.

La justice du Cap-Occidental a finalement reporté l'examen de son statut migratoire au 27 février 2027. En attendant cette échéance, Chidimma Adetshina reste en liberté, mais sous la menace constante d'une détention suivie d'une expulsion vers le Nigeria ou le Mozambique.

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Une affaire qui dépasse le simple parcours d'une reine de beauté

Deux ans après avoir été propulsée malgré elle au cœur d'un débat national sur l'identité, la nationalité et la xénophobie en Afrique du Sud, Chidimma Adetshina se retrouve à nouveau au centre de l'attention publique, cette fois devant un tribunal plutôt que sur un podium. Entre soutiens qui dénoncent un acharnement et une partie de l'opinion qui continue de réclamer son départ, son sort judiciaire reste suspendu à la décision attendue en 2027.

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