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« Je suis numéro 1 sur YouTube, je veux mon djai » : Le rappeur Himra pousse un coup de gueule contre la plateforme

« Je suis numéro 1 sur YouTube, je veux mon djai » : Himra pousse un coup de gueule contre la plateforme
L'artiste ivoirien a laissé éclater sa frustration face à l'absence de monétisation YouTube en Côte d'Ivoire, comparant sa situation à celle des créateurs nigérians. Un cri du cœur qui relance un débat déjà porté par d'autres voix du rap francophone.
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Himra n'a pas mâché ses mots. Dans une publication largement relayée, le rappeur ivoirien s'en est pris directement à YouTube, dénonçant le fait que malgré des centaines de milliers, voire des millions de vues cumulées sur la plateforme, les créateurs ivoiriens restent exclus du système de monétisation.

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« Je suis numéro 1 sur YouTube, je veux mon djai » : Himra pousse un coup de gueule contre la plateforme

« On dirait que vous ne nous voyez pas »

Le message est sans détour. Himra s'estime aujourd'hui parmi les artistes les plus regardés du pays sur YouTube, mais dénonce l'invisibilité de l'industrie musicale ivoirienne aux yeux de la plateforme américaine. Il réclame ce qu'il appelle son « djai », entendez sa part de revenus, au même titre que les créateurs installés dans des pays éligibles au programme de monétisation.

Dans sa sortie, l'artiste prend un exemple qui parle à toute une génération de créateurs francophones : celui du Nigeria. Selon lui, les créateurs nigérians, eux, ont accès aux outils de monétisation et peuvent transformer leur audience en revenus, quitte à adopter des pratiques jugées risquées pour maximiser leurs gains. Une comparaison qui illustre, à sa manière, le sentiment d'injustice ressenti par de nombreux artistes et créateurs de contenu en Afrique francophone.

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Une frustration loin d'être isolée

Le coup de gueule d'Himra intervient dans un contexte où la question de la monétisation YouTube en Afrique francophone revient sans cesse sur la table. Il y a quelques semaines à peine, le rappeur français Tiakola avait lui-même abordé le sujet, interpellant directement YouTube et les plateformes à travers son titre « Mélo Décalé ». Il y demandait que les clips des artistes afro-francophones soient enfin monétisés au même titre que les autres.

La raison de cette colère grandissante est simple. YouTube conditionne l'accès à son Programme Partenaire à une liste de pays éligibles, et la majorité des territoires francophones d'Afrique de l'Ouest n'en font pas partie. Concrètement, un artiste basé à Abidjan, Dakar ou Bamako peut cumuler des dizaines de millions de vues sans toucher le moindre centime issu de la publicité générée par ses vidéos, contrairement à un créateur basé en France ou aux États-Unis.

Le poids économique d'un vide juridique

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Cette absence de monétisation n'est pas qu'une question de principe. Elle représente un manque à gagner considérable pour toute une industrie. Des artistes ivoiriens cumulant des dizaines de millions de vues n'en ont tiré aucun revenu direct sur YouTube, faute d'accès au programme, alors que les mêmes performances généreraient des sommes substantielles dans des pays éligibles.

Pour contourner le problème, certains créateurs choisissent de déclarer leur chaîne dans un pays éligible au moment de la création du compte, une astuce technique qui permet de débloquer AdSense. Mais cette solution reste artisanale et ne règle en rien le fond du problème : l'absence d'un cadre officiel pour les créateurs ivoiriens.

Les autorités ivoiriennes ne sont pas restées silencieuses sur le sujet. La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, avait annoncé l'ouverture de discussions directes avec les grandes plateformes numériques pour faire évoluer la situation. Des démarches saluées par les professionnels du secteur, mais dont les effets concrets se font encore attendre sur le terrain.

En attendant, ce sont des voix comme celle d'Himra qui portent le sujet sur la place publique, rappelant que derrière les millions de vues, il y a une industrie entière qui attend sa juste part.

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