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Octobre Rose : 5 mythes sur le cancer du sein à déconstruire

Octobre Rose : 5 mythes sur le cancer du sein à déconstruire
Entre les conseils douteux partagés sur WhatsApp, les vidéos TikTok et les blagues d’Octobre Rose, difficile parfois de distinguer le vrai du faux. Voici cinq idées reçues qui continuent de circuler sur le cancer du sein à déconstruit .
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Chaque année, le même scénario se répète. Les rubans roses fleurissent sur les profils, les campagnes de dépistage s'installent dans les quartiers, et les réseaux sociaux s'emballent. Cette année, des visuels humoristiques ont même circulé avec des slogans du genre « Suce les seins de ta partenaire, ça évite le cancer ». Ça fait rire, ça fait partager. Mais derrière la blague, il y a une maladie bien réelle.

En Côte d'Ivoire, le cancer du sein est le premier cancer chez la femme. Selon les estimations Globocan 2022 du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence spécialisée de l'OMS, il représente 3 869 nouveaux cas et 2 092 décès chaque année (CIRC – Global Cancer Observatory). Et dans près de 75 % des cas, le diagnostic arrive trop tard (FIRCA).

Le problème, ce n'est pas seulement la maladie. Ce sont aussi les idées reçues qui retardent la consultation. Voici cinq mythes tenaces, et ce que dit réellement la science.

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Octobre Rose : 5 mythes sur le cancer du sein à déconstruire

Mythe n°1 : « Sucer les seins de sa partenaire, ça évite le cancer »

Faux. C'est sans doute la rumeur la plus partagée de ce mois d'octobre. Elle fait sourire, mais elle ne repose sur rien. Aucune étude scientifique ne démontre que la stimulation ou la succion des seins par un partenaire protège du cancer.

La confusion vient peut-être de l'allaitement. Lui, en revanche, est associé à une légère baisse du risque, grâce aux changements hormonaux qu'il entraîne chez la mère. Rien à voir, donc, avec la vie de couple.

La vraie prévention ne passe pas par une astuce au lit. Elle passe par l'information, l'autopalpation régulière et la consultation dès qu'un signe inhabituel apparaît.

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Mythe n°2 : « Le cancer du sein, c'est une affaire de femmes »

Faux. Les hommes aussi ont du tissu mammaire, et ce tissu peut développer un cancer. Ils représentent environ 0,5 à 1 % des cas. C'est rare, mais rare ne veut pas dire inexistant.

Le vrai danger, chez les hommes, c'est le retard. Persuadés de ne pas être concernés, beaucoup ignorent une petite boule sous le mamelon ou un écoulement, et consultent tard. Résultat : la maladie est souvent découverte à un stade avancé.

Messieurs, la règle est la même pour vous. Une masse, une rétraction du mamelon ou un écoulement inhabituel méritent une visite chez le médecin.

Mythe n°3 : « Personne n'en a eu dans ma famille, donc je ne risque rien »

Faux. C'est l'une des idées les plus rassurantes, et aussi l'une des plus trompeuses. Les formes héréditaires, liées à des gènes comme BRCA1 ou BRCA2, ne représentent qu'environ 5 à 10 % des cancers du sein.

Autrement dit, la grande majorité des femmes touchées n'ont aucun antécédent familial. Les deux principaux facteurs de risque restent le fait d'être une femme et l'âge. Personne ne peut donc se croire totalement à l'abri.

Avoir une mère, une sœur ou une tante touchée augmente bien le risque. Mais l'absence de cas dans la famille n'est pas un bouclier. Elle ne dispense ni de l'autopalpation, ni du dépistage.

Mythe n°4 : « Le soutien-gorge et le déodorant donnent le cancer »

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Commençons par le soutien-gorge. L'idée selon laquelle les armatures comprimeraient la circulation ou le système lymphatique et favoriseraient le cancer du sein ne reposait sur aucune preuve solide. Une étude menée auprès de plus de 1 500 femmes ménopausées n'a trouvé aucun lien entre le risque de cancer du sein et le port d'un soutien-gorge, qu'il soit à armatures ou non, sa taille, le nombre d'heures de port quotidien ou l'âge auquel le port régulier a commencé. Pour le déodorant, une distinction est utile. Le déodorant masque ou limite les odeurs de transpiration. L'antitranspirant, lui, réduit la transpiration, souvent grâce à des sels d'aluminium. Ce sont ces sels qui alimentent régulièrement les inquiétudes sur les réseaux sociaux.

Pourtant, aucune preuve scientifique ne permet d'établir qu'un déodorant ou un antitranspirant contenant de l'aluminium provoque un cancer du sein. Le National Cancer Institute américain indique qu'aucune donnée scientifique ne repose sur l'utilisation de ces produits au développement de ce cancer. En Suisse, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires arrive à la même conclusion, sur la base notamment de l'avis du Comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs publié en 2020.cancer+1

Des études expérimentales ou d'observation ont parfois relatif au débat, mais elles ne démontrent pas une relation de cause à effet chez l'être humain. Les autorités sanitaires estiment qu'aux doses absorbées via les cosmétiques, un effet cancérogène des sels d'aluminium n'est pas attendu.

Par précaution, l'Afssaps, devenue ANSM, recommande toutefois de ne pas appliquer un antitranspirant contenant de l'aluminium sur une peau lésée, irritée ou présentant des micro-coupures, par exemple après un rasage qui a irrité la peau. Cette recommandation ne signifie pas qu'un risque de cancer a été démontré.

Vous pouvez donc continuer à porter votre soutien-gorge et à utiliser votre déodorant ou antitranspirant. Pour réduire réellement le risque de cancer du sein, les leviers reconnus sont plutôt ailleurs : limiter l'alcool, ne pas fumer, maintenir un poids favorable à la santé et pratiquer régulièrement une activité physique

Mythe n°5 : « Le cancer du sein, c'est une condamnation à mort »

Faux. Cette peur pousse beaucoup de femmes à fuir le diagnostic, à cacher une boule pendant des mois ou à se tourner d'abord vers d'autres solutions. C'est précisément ce retard qui rend la maladie si meurtrière.

La réalité est tout autre. Selon l'Institut national du cancer (INCa), un cancer du sein détecté tôt peut être guéri dans 9 cas sur 10 (AP-HP). L'INCa rappelle aussi que cinq ans après le diagnostic, 99 femmes sur 100 sont toujours en vie quand la maladie est découverte à un stade précoce, contre 26 sur 100 à un stade avancé.

En Côte d'Ivoire, le cancer du sein se diagnostique et se traite, notamment au CNRAO à Abidjan. Plus il est pris tôt, plus les traitements sont légers et les chances de guérison élevées.

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Rire, oui. Mais en s'informant

L'humour n'est pas l'ennemi d'Octobre Rose. Une blague bien placée peut attirer l'attention sur un sujet que beaucoup préfèrent éviter. À une condition : que la bonne information circule en même temps.

Car le meilleur réflexe reste simple. Une fois par mois, quelques minutes suffisent pour palper ses seins et repérer ce qui change : une masse, une peau qui se rétracte ou prend l'aspect d'une peau d'orange, un mamelon qui se creuse, un écoulement anormal. Au moindre doute, direction le centre de santé.

En octobre, de nombreuses campagnes proposent un dépistage gratuit ou à prix réduit à travers le pays. Une occasion à saisir, pour soi, pour sa mère, sa sœur ou son ami. Une publication peut faire sourire. Une consultation, elle, peut sauver une vie.

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