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Sénégal : La loi durcit les peines contre l'homosexualité (5 à 10 ans)

Le Parlement sénégalais a adopté ce 11 mars 2026 une réforme durcissant les peines contre l'homosexualité. Désormais, les condamnés risquent 5 à 10 ans de prison et de lourdes amendes.
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L'Assemblée nationale sénégalaise a adopté le 11 mars 2026 une loi doublant les peines pour les relations homosexuelles. Ce texte, promulgué le 12 mars 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, prévoit également des sanctions contre la promotion ou le financement de l'homosexualité. Le vote quasi unanime (135 pour, 0 contre, 3 abstentions) reflète un contexte de forte homophobie et des arrestations récentes.

Cette réforme modifie l’article 319 du code pénal sénégalais, qui prévoyait jusque-là une peine de 1 à 5 ans et des amendes de 100 000 à 1,5 million FCFA pour les relations entre personnes de même sexe. Avec la nouvelle loi, les amendes peuvent atteindre 10 millions de FCFA (15 244 €), et la peine maximale s’applique si l’acte implique un mineur.

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La nouvelle loi

La nouvelle loi sénégalaise transforme profondément la répression des relations homosexuelles. Les "actes contre nature" entre personnes de même sexe, auparavant punis d’un à cinq ans de prison et d’amendes de 100 000 à 1,5 million FCFA, sont désormais sanctionnés beaucoup plus sévèrement.

  • Peines de prison : de 5 à 10 ans, la peine maximale étant appliquée si l’acte implique un mineur.

  • Amendes : de 2 à 10 millions FCFA selon la gravité de l’infraction.

  • Sanctions contre l’apologie ou le financement de l’homosexualité : trois à sept ans de prison.

  • Perte des droits civiques : pendant 10 ans pour les condamnés.

  • Dénonciations abusives : le texte punit également les dénonciations de mauvaise foi, renforçant le contrôle sur les accusations.

Cette combinaison de sanctions renforce non seulement le cadre pénal, mais étend également la répression aux personnes qui soutiennent, financent ou promeuvent l’homosexualité.

Contexte et genèse

Le projet de loi, déposé par le Premier ministre Ousmane Sonko le 24 février 2026 après adoption en Conseil des ministres le 18 février, intervient dans un climat de tensions sociales et médiatiques. Depuis début février, au moins 27 hommes ont été arrêtés pour "actes contre nature" ou transmission du VIH, dont 12 célébrités, déclenchant une vague d’indignation et de débat public.

Le premier ministre Sonko avait promis un durcissement des sanctions pendant la campagne électorale, invoquant la préservation des mœurs, tout en maintenant le caractère de délit et non de crime. Le texte reçoit également le soutien de mouvements religieux et conservateurs, très influents dans la société sénégalaise.

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Réactions et perspectives

Les organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch et la FIDH, dénoncent une répression accrue qui viole les engagements internationaux du Sénégal et menace la lutte contre le VIH. Les programmes de prévention et de santé publique pourraient être affectés, car les personnes LGBT+ risquent de se cacher plutôt que de chercher des soins.

Si le président Bassirou Diomaye Faye promulgue la loi, le Sénégal se positionnera parmi les pays africains les plus répressifs envers les personnes LGBT+. Sur le continent, au moins 32 des 54 pays africains ont des lois interdisant et punissant les relations homosexuelles. La peine de mort est appliquée en Ouganda, en Mauritanie et en Somalie, tandis qu’une dizaine de pays ou territoires imposent des peines allant de 10 ans de prison à la réclusion à perpétuité, notamment au Soudan, au Kenya, en Tanzanie et en Sierra Leone.

Cette loi marque donc un durcissement historique de la législation sénégalaise, doublant les peines et introduisant de nouvelles sanctions contre la promotion ou le soutien de l’homosexualité. Elle reflète à la fois la pression politique, sociale et religieuse sur le gouvernement et les tensions autour des droits individuels et de la santé publique. La promulgation reste attendue au 12 mars 2026, suscitant déjà l’inquiétude des ONG et de la communauté internationale

Un tournant juridique et social

Le 12 mars 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué la loi, qui entre officiellement en vigueur. Les relations homosexuelles sont désormais punies de 5 à 10 ans de prison et peuvent entraîner des amendes de 2 à 10 millions FCFA, ainsi que la perte des droits civiques pendant 10 ans.

Le texte prévoit également des sanctions pour la promotion ou le financement de l’homosexualité et pour les dénonciations abusives de mauvaise foi. Cette promulgation officialise le cadre légal le plus strict du Sénégal en matière de répression des relations homosexuelles.

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