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Tu connais ? 7 lieux où découvrir les métiers ancestraux de l’artisanat ivoirien

Tu connais ? 7 lieux où découvrir les métiers ancestraux de l’artisanat ivoirien
Dans les villages du Nord comme dans les terres baoulé du Centre, des mains continuent de tisser, modeler et sculpter comme leurs aïeux. Tour d’horizon d’un patrimoine vivant que beaucoup d’Ivoiriens connaissent sans toujours savoir d’où il vient.
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Tu connais ? Ce pagne que tu portes pour un mariage ou des funérailles, cette jarre en terre cuite posée dans un salon, ce masque exposé dans une galerie. Derrière chacun de ces objets, il y a un métier, un village et parfois des siècles de transmission.

L’artisanat n’est pas un secteur anecdotique en Côte d’Ivoire. Il emploie environ 40 % de la population active, soit près de 5 millions de personnes, réparties sur 8 branches d’activités, 40 corps de métiers et 245 métiers. Parmi eux, une poignée de savoir-faire ancestraux tiennent encore debout, portés par des familles entières. Voici où les trouver.

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Waraniéné, le village des tisserands de Korhogo

Tu connais ? 7 lieux où découvrir les métiers ancestraux de l’artisanat ivoirien

Direction le Nord, à Korhogo, à environ 630 km d’Abidjan. À quelques kilomètres de la ville se trouve Waraniéné, parfois écrit Ouaraniènè, et surnommé le « village des tisserands ». En sénoufo, son nom, « wakatchinnin », signifie « ce n’est pas le fétiche de quelqu’un ».

Le village est partagé en deux parties : l’une dioula et musulmane, l’autre sénoufo et animiste. Les Dioula, installés là dès le début du XVIIIe siècle, détiennent le tissage, tandis que les Fodonnon, un sous-groupe sénoufo, sont les gardiens de la danse des hommes panthères, le boloye.

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Ici, le tissage est une affaire d’hommes. Ils tissent des bandes d’environ 12 à 20 cm de large, assemblées ensuite en pagnes, nappes ou vêtements, tandis que les femmes participent au filage, à la broderie et à la vente. Un bon tisserand peut connaître jusqu’à 80 motifs, tous retenus de mémoire. Le maître tisserand Coulibaly Abdoulaye explique avoir appris en observant son père, et il lui faut jusqu’à un mois pour réaliser un beau pagne.

Les artisans sont regroupés en coopératives, dont la Scotiwa et la coopérative Benkadi.

Le pagne baoulé, de Bouaké à Bomizambo

Plus au centre, le tissage prend une autre couleur. À 34 km au nord de Yamoussoukro, le village de Bomizambo est présenté comme la capitale du pagne baoulé, où le tissage reste la principale activité économique. Un ensemble complet se tisse en quatre jours environ, mais le métier exige cinq ans de formation. Autour de Bouaké, dans la région du Gbêkê, les villages de tisserands se succèdent le long de la route de Yamoussoukro.

Les Baoulé, un sous-groupe akan, ont combiné l’inspiration des Gouro et les techniques apprises au royaume ashanti pour créer des motifs destinés au roi et à la reine mère. Aujourd’hui, ces pagnes habillent les cérémonies bien au-delà de leur région d’origine.

Katiola : l’argile entre les mains des femmes mangoro

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À plus de 400 km d’Abidjan, Katiola, chef-lieu de la région du Hambol, est située à 55 km au nord de Bouaké. La ville est connue pour sa poterie. Chez les Mangoro, peuple mandingue, ce sont les femmes qui modèlent l’argile, un savoir transmis de mère en fille. Leurs créations sont exposées à la maison de la potière, près du centre culturel, dans le quartier Mangorosso, et gérées par la coopérative S-COOP-S-PO-KA.

Ailleurs, le village de Tanou Sakassou, à une dizaine de kilomètres de Bouaké, est lui aussi célèbre pour ses poteries façonnées à la main par les femmes. Chez les Sénoufo, la tradition est tout aussi ancienne. Les potières kpeenbele forment un groupe d’artisans héréditaire, et leurs grandes jarres étaient souvent offertes aux femmes pour leur mariage.

Korhogo : peintres sur toile et sculpteurs du calao

Toujours dans le Poro, un autre métier se transmet de père en fils : la peinture sur toile. La toile de Korhogo est peinte à la main sur du coton tissé et filé, avec une boue fermentée et des pigments végétaux, et ses motifs mêlent humains, astres et animaux issus de la mythologie sénoufo. Elle est notamment commandée pour les chasseurs et pour les grandes cérémonies comme les funérailles. Les peintres de Fakaha, village du département de Korhogo, perpétuent cet art.

Côté sculpture, le centre artisanal de Daleguesso, quartier des sculpteurs de Korhogo, mise sur le calao en bois, animal primordial de la mythologie sénoufo et emblème du peuple. Les Sénoufo travaillent aussi le métal. Leurs fondeurs de Korhogo réalisent des pendentifs en bronze représentant des génies de la brousse, portés pour se protéger. La technique ? La cire perdue : le modèle est façonné en cire d’abeille, enrobé d’argile, chauffé, puis le métal en fusion est coulé dans le moule.

Man et Danané : le pays des masques dan

À l’Ouest, le travail du bois a un visage. Les Dan, agriculteurs des savanes arborées autour de Man et de Danané, sont réputés pour leurs masques. Sculptés pour des cérémonies et des sociétés d’initiation, ils comptent parmi les pièces les plus célèbres de l’art africain.

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N’Gattadolikro et Bondoukou : l’or et le tissu

Les métiers traditionnels ne sont pas figés dans le passé. Du 14 au 16 août, N’Gattadolikro, dans la sous-préfecture de Tiébissou, a organisé la 4e édition de l’Adjui Festival pour relancer son orfèvrerie locale, avec défilé en pagnes baoulé et exposition des bijoutiers. L’objectif affiché : replacer le village sur la carte touristique du pays grâce à son patrimoine artisanal.

À l’Est, la région de Bondoukou produit des textiles depuis très longtemps. C’est aussi l’ancien royaume Gyaman, d’où les symboles adinkra seraient originaires.

Grand-Bassam, vitrine de l’artisanat

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Pour voir tout ce savoir-faire réuni, direction Grand-Bassam. Vanniers, peintres, bronziers, ébénistes et tapissiers y travaillent dans un village artisanal installé depuis les années 70. La Covid a durement frappé ces artisans, avec une chute de 70 % de leur chiffre d’affaires, et l’urbanisation menace aujourd’hui leur site.

Face à ces difficultés, l’État veut structurer le secteur. Le ministère a annoncé en 2022 la construction de 13 centres artisanaux, un par région.

Tisserands de Waraniéné, potières de Katiola, peintres de Fakaha, fondeurs de Korhogo : leurs gestes n’ont pas changé, mais leur public, lui, se renouvelle. À toi de franchir la porte de leurs ateliers.

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