19 août, Journée mondiale de la photographie : ces artistes qui immortalisent nos vies méritent bien plus qu'un like
Un déclic. Un regard. Une histoire qui reste. Ce 19 août, comme chaque année, le monde célèbre la photographie et celles et ceux qui la pratiquent avec passion. Une date choisie pour rappeler qu'au-delà du simple geste de "prendre une photo", il existe un vrai métier, exigeant et créatif, trop souvent relégué au second plan.
Un instant volé au temps
Une naissance, un mariage, une manifestation, un sourire d'enfant dans une cour d'école, un coucher de soleil sur la lagune : tout ce que nous vivons finit, un jour ou l'autre, par passer devant un objectif. Et c'est précisément là que se joue le talent du photographe. Ne pas seulement appuyer sur un bouton, mais choisir l'angle, la lumière, le bon moment, celui qui raconte quelque chose que les mots ne suffiraient pas à dire.
Avec la démocratisation des smartphones, tout le monde se sent aujourd'hui un peu photographe. Mais entre une photo prise au hasard et une image pensée, composée, sentie, il y a tout un art. Un photographe professionnel ne capture pas seulement ce qui se passe devant lui, il construit un regard. Le sien.
Un métier créatif, encore trop sous-estimé
C'est peut-être la plus grande injustice faite à cette profession : on admire les images, on les partage, on les commente, mais on oublie trop souvent celui ou celle qui se cache derrière l'appareil. Combien d'heures d'attente pour la bonne lumière ? Combien de prises pour un seul cliché réussi ? Combien de matériel, de compétences techniques, de sensibilité artistique faut-il pour transformer un simple instant en image inoubliable ?
Le photographe n'est pas qu'un technicien du visuel. C'est un conteur d'histoires, un archiviste du présent, parfois même un témoin de moments que personne d'autre n'aurait su saisir. Dans les mariages, les baptêmes, les événements culturels, mais aussi dans le journalisme, la mode ou l'art, ce sont eux qui fixent ce que la mémoire finirait, elle, par effacer.
Ils écrivent la mémoire visuelle de toute une génération
En Côte d'Ivoire comme ailleurs, une nouvelle génération de photographes s'impose peu à peu, portée par les réseaux sociaux et une créativité qui n'a rien à envier aux plus grands studios. Ils documentent le quotidien, les luttes, les fiertés, les modes de vie. Ils racontent Abidjan, ses rues, ses visages, ses couleurs, avec un regard qui leur appartient.
C'est tout l'enjeu de cette journée mondiale : rappeler que la photographie n'est pas un simple outil de souvenir, mais un véritable moyen de transmission. Ce que les archives écrites ne diront jamais, une photo peut le montrer en un seul regard. Et dans quelques décennies, ce sont ces images-là qui permettront de comprendre qui nous étions, comment nous vivions, ce qui comptait pour nous.
Des talents ivoiriens qui n'ont rien à envier au reste du monde
Et la Côte d'Ivoire n'est pas en reste. Le pays regorge de grands noms, femmes comme hommes, qui portent haut la photographie ivoirienne bien au-delà des frontières.
Il y a Joana Choumali, figure incontournable de la photographie contemporaine africaine, reconnue à l'international pour son travail sur le portrait et la mémoire. Il y a aussi Seibou Traoré, Mohamed Aly Diabaté, Mahouena, Béatrice Nicole,Pimi Pango, Constant Koné, Nadi Jessica, Aruna Winner, Grouilleur 2.0...pour ne citer que ceux la mais la listes est exhaustive, autant de regards singuliers qui continuent d'inspirer une nouvelle génération de passionnés.
Autant de talents, féminins et masculins, qui prouvent qu'à Abidjan comme ailleurs, la photographie est un art vivant, porté par une jeunesse déterminée à raconter son époque à sa manière. Un dynamisme aujourd'hui accompagné et structuré par des associations dédiées à la valorisation de ces acteurs de l'image, à l'image du RAICI (Réseau des Acteurs de l'Image en Côte d'Ivoire) ou encore de l'Association Lumière sur l'Image, qui œuvrent chacune à leur manière pour donner plus de visibilité et de reconnaissance aux photographes ivoiriens.
Alors aujourd'hui, on ne se contente pas de célébrer de belles images. On célèbre celles et ceux qui les rendent possibles.