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Afrique du Sud : le président Cyril Ramaphosa avoue sa « profonde honte » face aux violences visant les étrangers

Afrique du Sud : le président Cyril Ramaphosa avoue sa « profonde honte » face aux violences visant les étrangers
Le président sud-africain a livré un discours sans détour à Durban, reconnaissant que son pays doit affronter sa propre contradiction : prôner l'unité africaine à l'international tout en laissant s'exprimer l'exclusion dans ses rues.
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C'est un aveu rare dans la bouche d'un chef d'État. Le vendredi 14 août 2026, à l'occasion d'une conférence publique organisée à l'université du KwaZulu-Natal (campus de Westville), à Durban, Cyril Ramaphosa a pris la parole pour condamner, sans ambiguïté cette fois, les discriminations, intimidations et violences visant des ressortissants étrangers en Afrique du Sud.

Cette allocution s'inscrivait dans le cadre du 46ᵉ sommet ordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), dont l'Afrique du Sud assurait l'organisation du 14 au 17 août à Durban, avant que Ramaphosa n'en prenne officiellement la présidence pour un an.

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« Nous ne pouvons pas prêcher l'intégration aux sommets et pratiquer l'exclusion dans nos rues »

Devant un parterre qui comptait plusieurs dirigeants de la région, le président sud-africain a reconnu que des ressortissants étrangers, parmi lesquels des citoyens de pays dont les chefs d'État étaient présents dans la salle, ont été maltraités et parfois contraints de quitter le territoire sous la menace de violences.

Il est allé plus loin en qualifiant ces agissements d'atteinte directe à la solidarité régionale. Pour lui, les actes criminels commis par une minorité au sein des communautés sud-africaines contredisent frontalement les principes sur lesquels repose la communauté d'Afrique australe.

Sa formule a marqué les esprits : il a affirmé que l'Afrique du Sud ne pouvait pas se targuer d'intégration lors des grands rendez-vous diplomatiques tout en tolérant l'exclusion au quotidien, dans ses propres villes.

Un discours d'abord adressé à ses concitoyens

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Fait notable, le président a pris soin de préciser que son propos s'adressait avant tout aux Sud-Africains eux-mêmes, avant de le présenter comme un défi collectif à relever à l'échelle de toute la région.

Cette double adresse traduit la position inconfortable dans laquelle se trouve Ramaphosa depuis plusieurs mois. Le pays a en effet connu une succession de manifestations antimigrants, notamment à Durban, où des citoyens ont réclamé des mesures contre les migrants en situation irrégulière, allant parfois jusqu'à vouloir empêcher l'accès des étrangers aux structures de santé.

Un contexte régional sous tension

Cette sortie intervient à un moment particulier : l'Afrique du Sud accueille le 46ᵉ sommet ordinaire de la SADC, et Ramaphosa en prend la présidence pour un an. Seize chefs d'État de la région sont attendus pour évoquer l'économie, la sécurité alimentaire et la stabilité régionale, mais la question migratoire et la montée des discours hostiles aux étrangers se sont invitées dans les discussions.

Plusieurs pays voisins, dont le Zimbabwe, le Malawi ou encore la République démocratique du Congo, ont vu leurs ressortissants visés par ces tensions. Le sujet dépasse donc largement le cadre sud-africain et engage la crédibilité de Pretoria en tant que futur porte-voix de l'organisation régionale.

Ce discours s'inscrit également dans la continuité d'une série de prises de parole du président sur ce dossier sensible, entre appels au calme, promesses de fermeté contre l'immigration irrégulière et mises en garde répétées contre toute réponse par la violence ou la « justice populaire ». Reste à savoir si cette nouvelle déclaration, la plus directe à ce jour, parviendra à infléchir durablement un climat social où le chômage, la précarité et la campagne des élections locales de novembre continuent d'alimenter la tentation du bouc émissaire.

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