À 90 minutes d'écrire l'histoire : les Éléphants ont rendez-vous avec leur destin ce jeudi à Philadelphie
Une équation favorable, mais pas acquise
La situation comptable est claire. Avec trois points au compteur, acquis grâce à leur victoire inaugurale contre l'Équateur (1-0), les Éléphants occupent la deuxième place du groupe E, derrière l'Allemagne (6 points) et devant le duo Équateur, Curaçao (1 point chacun). Ils ont leur destin entre les pieds : un résultat nul suffirait à assurer, au minimum, une place parmi les meilleurs troisièmes.
Le chemin a pourtant failli dérailler. Face à l'Allemagne à Toronto, Franck Kessié avait ouvert le score dès la 30ème minute avant que Deniz Undav, entré en jeu, n'égalise puis ne donne la victoire à la Mannschaft dans le temps additionnel (2-1). Une défaite frustrante, cruelle dans le timing, mais qui n'a pas entamé la détermination du groupe.
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Faé : " L'équipe est concentrée et déterminée"
En conférence de presse d'avant-match, le sélectionneur a choisi le registre de la concentration plutôt que celui de l'émotion. Sa voix posée, ses mots pesés :
« L'équipe est concentrée et déterminée. Nous avons bien digéré la défaite face à l'Allemagne et les joueurs restent pleinement mobilisés pour atteindre notre objectif : la qualification pour les seizièmes de finale. Curaçao est une équipe combative et solidaire, qui joue encore sa chance dans cette compétition. Nous nous attendons à un match difficile et nous devons être prêts à répondre à leur intensité. »
Bonne nouvelle dans le camp ivoirien : le défenseur central de la Roma, Evan N'Dicka, fera son retour. « Oui, Evan N'Dicka est apte et pourra tenir sa place demain. C'est une bonne nouvelle pour nous », a confirmé le technicien, lui qui avait été contraint de se passer de son patron défensif lors des deux premiers matchs du groupe.
Sur la question Simon Adingra, dont les performances ont été scrutées à la loupe, Faé a balayé toute polémique : « Je garde toute ma confiance en Simon Adingra. Les erreurs font partie du football, elles ne remettent pas en cause ses qualités. C'est un joueur important pour nous. »
Quant à la gestion du groupe dans ce match à enjeu : « Mes choix seront dictés uniquement par l'objectif de qualification. Ce n'est pas le moment de donner du temps de jeu à tout le monde, mais de mettre l'équipe la plus compétitive possible. »
Curaçao, un Petit Poucet à ne pas sous-estimer
Curaçao ne vient pas à Philadelphie en touriste. La sélection caribéenne avait validé, en novembre 2025, la première qualification de son histoire, écrivant l'une des plus belles pages de son football. Et depuis le coup d'envoi du Mondial, elle a déjà surpris tout le monde. Curaçao a arraché un point historique face à l'Équateur en tenant le score de 0-0 face à une équipe sud-américaine qui avait pourtant multiplié les tentatives.
L'écart de qualité entre les deux sélections se reflète dans le classement FIFA, la Côte d'Ivoire au 33ème rang mondial, Curaçao au 82ème mais le bloc bas caribéen, capable de résister aux assauts équatoriens, pourrait compliquer la tâche des Éléphants. Mathématiquement, Curaçao doit gagner pour espérer continuer l'aventure. Autant dire qu'ils n'auront rien à perdre.
Le poids de l'histoire
Lors de leurs trois précédentes participations au Mondial (2006, 2010 et 2014), les Éléphants n'ont jamais franchi le premier tour. Cette génération-là porte un héritage immense. Elle porte aussi les cœurs de millions d'Ivoiriens qui, depuis vingt ans, rêvent de voir leurs couleurs briller au-delà de la phase de groupes.
Ce jeudi soir, à 20h heure locale, l'histoire peut basculer. Une victoire, ou même un nul, et la Côte d'Ivoire entrera dans une nouvelle dimension. Celle des équipes qui ont osé franchir le cap. Celle que les Drogba, Yaya Touré et Zokora Didier n'ont pas eu la chance d'atteindre.
Les Éléphants sont à 90 minutes de rentrer dans l'histoire. Il ne leur reste plus qu'à jouer.