Affaire Ibrahim Zigui : la Cour d’appel d’Abidjan ordonne sa mise en liberté provisoire
Apès près de 10 mois en prison, la Cour d’appel d’Abidjan a ordonné la mise en liberté provisoire de Ibrahim Zigui, selon plusieurs médias ivoiriens qui rapportent la décision rendue ce lundi 6 juillet 2026. Cette mesure ne met pas fin à la procédure, mais elle permet au cyberactiviste de recouvrer provisoirement la liberté en attendant la suite du dossier.
Cette décision intervient quelques semaines après sa condamnation à cinq ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 20 millions de FCFA pour « provocation à l’insurrection » et « trouble à l’ordre public ». Son avocat avait alors annoncé faire appel, estimant la sanction trop lourde.
Ce que dit la décision
D’après les éléments relayés par la presse ivoirienne, la Cour d’appel d’Abidjan a accédé à la demande de la défense en ordonnant une libération provisoire. Cette mesure signifie qu’Ibrahim Zigui n’est pas acquitté, mais qu’il peut sortir de détention dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.
La décision est donc un tournant important dans un dossier qui avait fortement retenu l’attention, notamment en raison du profil du prévenu, proche du PPA-CI, et du contexte politique dans lequel l’affaire s’est développée.
Ibrahim Zigui avait été interpellé dans la nuit du 1er au 2 septembre 2025, à la suite de la diffusion d’une vidéo jugée problématique par les autorités. Son arrestation avait immédiatement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans la sphère politique ivoirienne.
Depuis cette interpellation, le dossier a connu plusieurs épisodes marquants, entre détention, procès, condamnation, puis maintenant cette décision de libération provisoire. L’affaire est ainsi devenue l’un des sujets judiciaires et politiques les plus suivis de ces derniers mois en Côte d’Ivoire.
Avant cette nouvelle décision, Ibrahim Zigui avait aussi adressé un message d’excuses depuis sa prison. Dans cette prise de parole, il reconnaissait ses torts et demandait pardon aux autorités ivoiriennes, un geste qui avait relancé les débats autour de sa situation.
Ce message avait été perçu par certains comme une tentative d’apaisement, tandis que d’autres y voyaient une conséquence directe de la pression judiciaire. Quoi qu’il en soit, il avait déjà montré que l’affaire dépassait le simple cadre pénal pour toucher à des enjeux politiques et symboliques plus larges.
La liberté provisoire n’efface pas les poursuites en cours. Elle ouvre seulement une nouvelle étape dans un dossier qui reste juridiquement sensible et politiquement observé. La suite dépendra désormais de l’évolution de la procédure en appel et des éventuelles prochaines décisions de justice.
Pour ses soutiens, cette décision est un vrai soulagement. Pour d’autres, elle ne change rien au fond de l’affaire, qui continue de susciter des débats sur la liberté d’expression, l’ordre public et la responsabilité des figures influentes sur les réseaux sociaux.