Angélique Kidjo entre dans l'histoire : elle sera la première artiste africaine étoilée sur le Hollywood Walk of Fame
C'est une page que l'Afrique n'avait encore jamais écrite. Le 18 août prochain, à 11h30 (heure de Los Angeles), Angélique Kidjo posera le pied sur le Hollywood Boulevard pour y recevoir sa propre étoile, au 7011, juste en face de l'historique Hollywood Roosevelt Hotel. Une cérémonie brève dans sa forme, mais immense dans sa portée : jamais une artiste noire africaine n'avait été honorée de la sorte.
Une consécration dans la catégorie « Recording », entourée de figures hollywoodiennes
La chanteuse, quintuple lauréate des Grammy Awards, recevra sa distinction dans la catégorie « Recording », réservée aux artistes du monde de l'enregistrement musical. Pour marquer l'événement, la Hollywood Chamber of Commerce, qui organise et valide chaque année les nouvelles étoiles, a convié à ses côtés l'acteur Willem Dafoe, quadruple nommé aux Oscars, ainsi que Harvey Mason Jr., le patron de la Recording Academy et de MusiCares.
Sa désignation avait été annoncée dès l'été 2025, aux côtés d'autres personnalités attendues sur le Walk of Fame comme Miley Cyrus, Timothée Chalamet, Demi Moore ou encore Shaquille O'Neal. Mais c'est bien cette année, plus d'un an après l'annonce, que la cérémonie d'inauguration se concrétise enfin sur le tarmac étoilé du boulevard.
Quatre décennies de carrière et 16 albums plus tard
Née à Cotonou, Angélique Kidjo a quitté le Bénin pour Paris en 1983, fuyant les pressions du régime en place à l'époque. Repérée au tout début des années 1980 par Chris Blackwell, le producteur historique de Bob Marley, elle n'a depuis jamais cessé de brasser les genres : Afropop, jazz, funk, musiques du monde, jusqu'à revisiter le Boléro de Ravel ou reprendre les Talking Heads.
Plus de quarante ans de carrière et seize albums plus tard, elle a collaboré avec des artistes venus d'horizons très différents, de Burna Boy à Philip Glass en passant par Sting, Alicia Keys ou encore Yo-Yo Ma. Elle est également ambassadrice de l'UNICEF et d'Oxfam, et a fondé la Batonga Foundation, dédiée à l'éducation des jeunes filles en Afrique.
Sur ce prestigieux trottoir de Los Angeles, qui compte déjà plus de 2 700 étoiles, elle rejoint Charlize Theron, honorée en 2005, parmi les rares personnalités originaires du continent africain à y figurer.
Qui est Angélique Kidjo ?
Née le 14 juillet 1960 à Cotonou, Angélique Kidjo grandit dans une famille où la musique occupe une place centrale sa mère dirigeait une troupe de théâtre. Repérée dès le début des années 1980 par Chris Blackwell, producteur historique de Bob Marley, elle quitte le Bénin en 1983 pour Paris, fuyant les pressions du régime communiste alors en place.
Installée par la suite à New York, elle développe un style unique, mêlant afropop, jazz, funk et musiques du monde, n'hésitant jamais à revisiter des classiques improbables : le Boléro de Ravel, les Talking Heads ou encore Celia Cruz.
Avec seize albums à son actif, elle compte aujourd'hui parmi les artistes les plus récompensées de sa génération. Elle a remporté cinq Grammy Awards, dont celui du Meilleur album de musique du monde à quatre reprises (Djin Djin en 2008, Eve en 2015, Sings en 2016, Mother Nature en 2022), ainsi qu'un Grammy du Meilleur album vocal jazz en 2021 pour Mother Nature aux côtés d'Ibrahim Maalouf. Elle a également reçu le prestigieux Polar Music Prize en 2021, souvent surnommé le « Nobel de la musique ». Le magazine Time l'a classée parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde en 2021, et Billboard l'a désignée « Rebel Icon » pour saluer son parcours et son engagement.
Au-delà de la musique, elle est ambassadrice de l'UNICEF et d'Oxfam, et a fondé la Batonga Foundation, dédiée à l'éducation des jeunes filles en Afrique.
« Je ne serai pas la dernière »
Quand l'annonce de sa sélection était tombée, Angélique Kidjo n'avait pas caché son émotion. Elle avait confié à l'AFP être convaincue que d'autres artistes africains suivraient son chemin, un sentiment qui, selon elle, remplissait son cœur de joie.
À l'approche de la cérémonie, la chanteuse continue de porter ce message d'ouverture pour tout un continent : voir une artiste africaine reconnue sur ce boulevard mythique, dit-elle, est le signe d'un monde qui évolue, malgré les tensions et les incertitudes qui le traversent.
Pour le Bénin comme pour l'ensemble de l'Afrique, le 18 août marquera bien plus qu'une simple cérémonie protocolaire hollywoodienne : ce sera la trace, gravée dans le béton du Hollywood Boulevard, d'une reconnaissance longtemps attendue.