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Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à prendre les rênes du gouvernement

Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à prendre les rênes du gouvernement
Le roi Mohammed VI vient d'écrire une page inédite de l'histoire politique marocaine. Pour la première fois, une femme est appelée à diriger le gouvernement du royaume, mais il lui faut encore bâtir une majorité.
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C'est un tournant que beaucoup attendaient sans trop y croire. Le mardi 29 septembre, au palais royal de Rabat, Mohammed VI a reçu Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du Parti authenticité et modernité, l'a nommée cheffe du gouvernement et l'a chargée de former le nouvel exécutif. Une décision qui fait d'elle la première femme à accéder à ces fonctions dans le pays.

La nomination n'a rien d'un hasard. Elle s'appuie sur la Constitution marocaine, dont l'article 47 prévoit que le roi choisit le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants. Et cette fois, c'est le PAM qui a raflé la mise.

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Le PAM détrône le RNI

Le verdict des urnes est tombé dans la nuit du 23 au 24 septembre. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants, selon les résultats provisoires annoncés par le ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit. Le décompte définitif, confirmé le vendredi 25 septembre, s'est révélé strictement identique aux chiffres provisoires.

Derrière, le paysage politique se recompose. Le RNI décroche 66 sièges, l'Istiqlal 65 et le PJD 54, suivis du Mouvement populaire (29), de l'USFP (26) et du PPS (19), tandis que l'Union constitutionnelle obtient 17 sièges.

Le grand perdant s'appelle le RNI d'Aziz Akhannouch. Vainqueur en 2021 avec 102 députés, le parti tombe à 66 sièges, soit 36 de moins. Le PAM, lui, progresse : il comptait 87 élus en 2021. Et l'Istiqlal talonne désormais le RNI à un seul siège d'écart, pendant que le PJD retrouve une représentation parlementaire importante.

Mais derrière ces chiffres se cache un autre signal, plus inquiétant. Avec 38,08 % de participation, le scrutin de 2026 ramène l'engagement électoral à son plus bas niveau depuis les législatives de 2007. Il était de 50,35 % en 2021, soit un recul de plus de 12 points. Un désintérêt des urnes que la nouvelle cheffe du gouvernement devra, elle aussi, prendre au sérieux.

Qui est Fatima Ezzahra El Mansouri ?

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Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à prendre les rênes du gouvernement

Elle n'est pas une nouvelle venue. Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, cette avocate de formation est désignée cheffe du gouvernement à 50 ans. Ministre sortante de l'Aménagement du territoire dans le gouvernement d'Aziz Akhannouch, auquel elle succède, et maire de Marrakech, elle figure parmi les personnalités politiques les plus en vue du pays depuis près de vingt ans.

Son parcours épouse celui du PAM. Elle entre en politique en 2007 au sein du Mouvement de tous les démocrates, puis devient membre fondatrice du parti en 2008. Dès l'année suivante, elle fait parler d'elle à Marrakech : élue au conseil municipal en 2009 lors d'un scrutin contesté, elle est ensuite choisie pour occuper le fauteuil de maire.

Au gouvernement, elle hérite en 2021 d'un portefeuille stratégique. Le 7 octobre 2021, Mohammed VI la nomme ministre de l'Aménagement du territoire national, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la ville. Une expérience précieuse pour la suite, car les dossiers qui l'attendent sont lourds : la presse internationale cite notamment la Coupe du monde, Ceuta ou encore le Sahara occidental.

97 sièges ne suffisent pas : la course à la majorité est lancée

Reste un obstacle de taille. Avec 97 sièges, le PAM reste loin des 198 nécessaires pour disposer d'une majorité absolue. Fatima Ezzahra El Mansouri doit donc s'allier à d'autres partis pour former une coalition de cinq ans, même si les grandes orientations des secteurs stratégiques restent l'apanage du roi.

Elle n'a pas perdu de temps. À peine sortie du palais, elle a donné le ton : « Le travail commence dès aujourd'hui ». Dès le lendemain, mercredi 30 septembre, elle a reçu au siège du PAM à Rabat une délégation du RNI, conduite par son président Mohamed Chaouki, accompagné de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid. Côté PAM, Abdellatif Ouahbi, Fouzi Lekjaa et Ahmed Akhchichine ont participé à la rencontre.

Puis ce fut au tour de l'Istiqlal. Sa délégation était menée par le secrétaire général Nizar Baraka, aux côtés de Mohamed Ould Errachid, Abdessamad Kayouh et Abdeljabbar Errachidi. Le parti doit encore se prononcer officiellement : son Conseil national se réunira en session extraordinaire ce samedi pour trancher sur une éventuelle participation au gouvernement.

Sur le papier, la formule la plus évidente serait de reconduire l'ancienne coalition. Arithmétiquement, une alliance PAM, RNI et Istiqlal totaliserait 228 sièges. Mais rien n'est joué. Selon des sources citées par le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, l'option envisagée serait de maintenir l'alliance avec l'Istiqlal et d'écarter le RNI, une piste qui reste à confirmer dans les prochains jours. La cheffe du gouvernement désignée a par ailleurs élargi ses discussions en recevant Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP.

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Une main tendue à Benkirane

Autre geste remarqué : El Mansouri a proposé une rencontre à Abdelilah Benkirane, figure du PJD. Le leader islamiste a accueilli favorablement l'initiative et lui a laissé le choix de la date. Mais il ne faut pas y voir une négociation de coalition. Le PJD a déjà choisi son camp, et cet échange prend surtout la forme d'un dialogue avec une formation appelée à devenir l'une des principales forces d'opposition.

Une femme à la tête du gouvernement, un ancien parti dominant relégué au second plan, des islamistes de retour en force dans l'opposition et un électorat qui boude les urnes : le Maroc entre dans une séquence politique inédite. Fatima Ezzahra El Mansouri a déjà gagné sa place dans les livres d'histoire. Il lui reste désormais à prouver qu'elle peut gouverner.

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