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Guinée : la HAC bannit France 24 avec effet immédiat pour avoir qualifié le président Doumbouya de « putschiste »

Guinée : la HAC bannit France 24 avec effet immédiat pour avoir qualifié le président Doumbouya de « putschiste »
La Haute Autorité de la Communication interdit purement et simplement la diffusion de France 24 sur tout le territoire guinéen, retire les accréditations de ses journalistes et ordonne le blocage de tous ses canaux de diffusion.
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C'est un coup de tonnerre dans le paysage médiatique guinéen. Réunie en séance extraordinaire ce jeudi 17 septembre 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé d'interdire, avec effet immédiat, la diffusion de France 24 sur l'ensemble du territoire de la République de Guinée. Une sanction radicale qui vient clore, en quelques heures à peine, un bras de fer entamé la veille entre le régulateur guinéen et la chaîne internationale française.

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Guinée : la HAC bannit France 24 avec effet immédiat pour avoir qualifié le président Doumbouya de « putschiste »

Un mot de trop à l'antenne

Tout est parti d'une édition d'information diffusée les 14 et 15 septembre sur France 24. Un présentateur y a qualifié Mamadi Doumbouya de « président putschiste », en référence à son arrivée au pouvoir par un coup d'État en septembre 2021. Un terme que la HAC juge totalement dépassé depuis que le chef de l'État guinéen a été élu, selon elle démocratiquement, le 28 décembre 2025, avant de prêter serment le 17 janvier 2026.

Pour le régulateur, employer encore ce qualificatif revient à ignorer sciemment la légitimité issue des urnes, et constitue une atteinte flagrante à l'honneur des institutions républicaines et à la dignité du chef de l'État.

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La mise en demeure du 16 septembre

Dès le lendemain de cette édition contestée, la HAC est passée à l'action. Le mercredi 16 septembre 2026, à l'issue de sa session ordinaire, l'instance a adopté la décision N°0031/HAC/2026, une mise en demeure formelle adressée à France 24 sur la base d'un rapport d'écoute et de monitoring de la chaîne. Le texte, signé par le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, exige l'arrêt immédiat de l'usage de termes jugés inappropriés, dégradants et attentatoires à la dignité des institutions guinéennes, ainsi que des rectifications éditoriales sur l'ensemble des plateformes numériques de la chaîne.

La HAC prévenait alors que des sanctions prévues par la législation guinéenne pourraient être prononcées en cas de non-respect ou de récidive. France 24 disposait donc, en théorie, d'une marge pour se corriger. Ce délai n'aura duré qu'une seule journée.

Le couperet tombe le 17 septembre

Guinée : la HAC bannit France 24 avec effet immédiat pour avoir qualifié le président Doumbouya de « putschiste »

Face à ce que la HAC qualifie de « refus manifeste, délibéré et caractérisé » de la direction de France 24 d'appliquer la mise en demeure, l'instance de régulation a acté, dès le lendemain, l'interdiction totale de la chaîne. La décision N°032/HAC/P/2026, prise en séance extraordinaire à Conakry, ne laisse plus aucune place à la négociation.

Le document, que Pulse a pu consulter, détaille les motivations de cette sanction en des termes sans équivoque : la HAC y évoque une insubordination caractérisée, un défi ouvert à l'instance de régulation, une offense continue à la personne du président de la République et une violation flagrante de la souveraineté juridique de la République de Guinée. Le texte invoque également l'urgence de préserver l'ordre public, la stabilité des institutions et l'image du pays pour justifier une exécution immédiate de la sanction, sans délai de mise en conformité supplémentaire.

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Le socle juridique invoqué par la HAC

Pour asseoir sa décision, la HAC s'appuie sur un ensemble de textes précis. Le communiqué cite la Constitution guinéenne, la loi organique L/2010/002/CNT du 22 juin 2010 relative à la liberté de la presse, ainsi que la loi organique L/2010/003/CNT de la même date, qui fixe les attributions, la composition et le fonctionnement de la HAC. L'instance invoque également les décrets D/2020/212/PRG/SGG du 25 août 2020, portant respectivement nomination des membres de la Haute Autorité et nomination de son président. Une manière, pour le régulateur, de rappeler la pleine légitimité institutionnelle de ses membres avant de prononcer une sanction aussi lourde.

Ce que prévoit la décision

Le communiqué de la HAC s'articule en quatre points précis. D'abord, l'interdiction pure et simple de diffusion de France 24 sur toute l'étendue du territoire guinéen, par tout vecteur technique : câbles, sites internet, applications mobiles et réseaux sociaux. Ensuite, la révocation totale de l'autorisation de diffusion accordée à la chaîne, assortie du retrait immédiat des accréditations de presse de l'ensemble de ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs présents en Guinée.

Sur le plan technique, la HAC réquisitionne l'Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) pour bloquer sans délai tous les accès numériques à France 24 : site web, flux de streaming et applications mobiles. Le distributeur Canal+ Guinée reçoit quant à lui l'ordre de couper immédiatement le signal de la chaîne sur son bouquet. La décision précise enfin qu'elle prend effet dès sa signature et sera publiée au Journal officiel de la République.

Le texte a été validé par dix commissaires aux côtés du président Boubacar Yacine Diallo, parmi lesquels Fodé Bouya Fofana, Djelimory Dioubaté, Amadou Touré, Ahmed Camille Camara, Fanta Dopaogui, Mariama Camara, Mariama Naïté, Mariama Donzo et Oumoul Khaïry Chérif.

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La Guinée rejoint une liste qui s'allonge

Cette interdiction s'inscrit dans un climat de tensions récurrentes entre plusieurs pouvoirs d'Afrique de l'Ouest et les médias français. France 24, tout comme RFI, a déjà été suspendue ces dernières années au Mali, au Burkina Faso, au Niger et plus récemment au Togo, où sa diffusion avait été suspendue pour trois mois. La HAC guinéenne s'inscrit ainsi dans une tendance régionale où les chaînes françaises sont de plus en plus régulièrement accusées de partialité, voire d'ingérence, dans leur traitement de l'actualité politique locale.

Reste à savoir si France 24 réagira publiquement à cette décision et si la chaîne tentera, comme cela a pu être observé ailleurs sur le continent, de maintenir un accès à ses contenus via d'autres canaux malgré l'ordre de blocage donné à l'ARPT et à Canal+ Guinée.

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