« D’où Yessoué » : Kerozen dévoile l’inspiration spirituelle de son tube qui cartonne sur TikTok
Il y a des chansons qui naissent en studio, et d'autres qui naissent à genoux. « Yessoué », le dernier tube de DJ Kerozen, appartient clairement à la seconde catégorie. Invité de l'émission Mission Show Buzz, l'artiste ivoirien a raconté les conditions très particulières dans lesquelles il a écrit ce titre qui enflamme aujourd'hui les réseaux sociaux, porté par une vague de challenges sur TikTok.
Une chanson née d'une prière
Face aux caméras, Kerozen n'a pas cherché à enjoliver l'histoire. Tout est parti d'un pèlerinage.
« Alors, juste après mon témoignage à la Vierge Marie, je suis allé à Lourdes pour manifester quelque chose que j'avais dans le cœur. Je suis donc allé prier et, quand j'ai fini, je me suis dit : "Mais pourquoi ne pas faire une chanson pour rendre gloire à l'Éternel ?" D'où "YESSOUÉ". »
Une confidence qui donne une toute autre dimension au morceau. Derrière le rythme dansant et les pas de danse filmés par des milliers d'internautes, « Yessoué » est d'abord un chant de reconnaissance.
Le témoignage qui avait tout déclenché
Pour comprendre ce voyage à Lourdes, il faut remonter à juin 2025. Lors d'une interview accordée à Actu People, le chanteur ivoirien avait livré un témoignage de foi et de gratitude envers la Vierge Marie, une prise de parole devenue virale.
L'artiste y racontait un épisode fondateur de sa carrière. En 2016, avant l'énorme succès de « Mon heure a sonné », Kerozen traversait une période difficile : revenu de Suisse sans grands moyens, il vivait dans la précarité et s'est rendu à l'église catholique Saint Viateur, proche de son domicile. Il n'avait alors en poche qu'un billet de 5 000 FCFA, son dernier, qu'il a déposé en implorant la Vierge de faire marcher sa chanson.
Détail qui avait marqué les esprits : l'artiste a précisé n'avoir jamais été catholique, mais toujours chrétien, et ne pas savoir à l'époque réciter le « Je vous salue Marie ». Il en avait tiré une conviction forte : il faut respecter les croyances de chacun, car lui n'a pas simplement entendu dire que Maman Marie agit, il l'a vécu.
« Yessoué » apparaît ainsi comme la suite logique de ce cheminement spirituel : après le témoignage, le pèlerinage ; après le pèlerinage, la chanson.
Un son festif au message spirituel
Côté fiche technique, le single dure 3 minutes 04 et est sorti le 18 décembre 2025 sous le label Emma Dobré Prod. Il s'inscrit dans la veine coupé-décalé et afrosounds chère à l'artiste.
Mais Kerozen ne s'est pas transformé en chantre austère pour autant. Le titre garde l'énergie festive qui a fait sa réputation, tout en célébrant la bénédiction divine. Les paroles évoquent un Dieu désigné sous le nom baoulé de Gnamien, qui ouvre toutes les portes, et un voyage de Yopougon jusqu'à Monaco. Un clin d'œil aux origines de l'artiste, de son vrai nom Joël Constant Yobo, qui a grandi à Siporex, dans la commune de Yopougon. Le morceau glisse même au passage une dédicace à l'international ivoirien Max Gradel.
TikTok s'empare du phénomène
C'est sur les réseaux sociaux que « Yessoué » a véritablement pris son envol. Depuis plusieurs semaines, les challenges se multiplient sur TikTok : chorégraphies, vidéos de groupe, reprises dans les églises comme dans les maquis. Le mélange de spiritualité et d'ambiance coupé-décalé fait mouche auprès d'un public jeune qui s'approprie le son à sa manière.
Kerozen dispose d'ailleurs d'une force de frappe considérable sur la plateforme, où son compte officiel réunit environ 1,7 million d'abonnés et 9,4 millions de mentions « J'aime ». Un terrain idéal pour faire décoller un titre dont le refrain se prête parfaitement au format court.
Dix ans après avoir déposé son dernier billet aux pieds de la Vierge pour que « Mon heure a sonné » fonctionne, Kerozen boucle la boucle. Cette fois, il n'implore plus le succès, il rend grâce. Et le public, lui, répond en dansant.