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Tafouk TV : le Mali, le Burkina Faso et le Niger lancent la télévision commune de l'AES

Tafouk TV : le Mali, le Burkina Faso et le Niger lancent la télévision commune de l'AES
Après la radio, place à l'image. Depuis Bamako, la Confédération des États du Sahel s'offre une télévision commune pour raconter le Sahel avec ses propres mots.
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Il est 8 heures, ce mercredi 16 septembre 2026, lorsque l'antenne s'allume. Selon le ministère malien de la Communication, c'est à cette heure précise qu'a été donné le coup d'envoi des programmes de Tafouk TV, la chaîne commune du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Une étape de plus dans la construction de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui investit désormais le terrain stratégique de l'information.

Le ton est donné dès le lancement : Tafouk TV se veut, selon ses promoteurs, une télévision moderne, proche des peuples et au service de la souveraineté informationnelle, des cultures et de l'intégration régionale.

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Tafouk TV : le Mali, le Burkina Faso et le Niger lancent la télévision commune de l'AES

Un nom qui en dit long

Le choix du nom n'a rien d'anodin. « Tafouk » signifie « soleil » en tamasheq, une manière d'« éclairer la lanterne des peuples », selon ses concepteurs. Derrière le symbole, une ambition affichée : mettre en valeur les identités culturelles, les langues et les références partagées par les populations de l'espace confédéral.

Basée à Bamako, la chaîne dispose aussi d'antennes nationales au Burkina Faso et au Niger. Pour toucher le plus large public possible, elle mise sur le multilinguisme : ses programmes sont notamment proposés en mooré, haoussa, bambara et fulfulde, le français restant la langue de travail. L'anglais figure également parmi les langues de diffusion. Côté accès, Tafouk TV est disponible sur Canal+ et en ligne.

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Neuf mois de gestation

Tafouk TV : le Mali, le Burkina Faso et le Niger lancent la télévision commune de l'AES

Le projet ne date pas d'hier. La création de la chaîne a été formalisée par un accord signé le 21 décembre 2025 à Bamako entre les trois États. Deux jours plus tard, le Collège des chefs d'État de l'AES procédait à son lancement officiel dans la capitale malienne, le 23 décembre 2025.

Restait à rendre la machine opérationnelle. En juin 2026, le conseil d'administration de Tafouk TV a été installé à Bamako. À la tête de la chaîne, un visage bien connu du paysage audiovisuel malien : Salif Sanogo, ancien directeur de l'information puis directeur général de l'ORTM, nommé en mai par une décision signée du président de la Confédération, le capitaine Ibrahim Traoré, et installé en juin.

Au menu : info, culture et intégration

Sur la grille, on retrouve de l'information, des magazines et de l'actualité, des contenus éducatifs et culturels, mais aussi des programmes consacrés aux politiques de l'AES et à l'intégration régionale. La chaîne fonctionne comme un canal d'information continue destiné aux populations des trois pays et affiche sa volonté de combattre la désinformation.

Le lancement a d'ailleurs été salué au plus haut niveau. De passage à Bamako le 17 septembre, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a présenté la communication confédérale comme un axe de coopération à part entière, au même titre que la défense, la diplomatie et le développement.

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Une riposte au « narratif » étranger

Difficile de dissocier cette naissance du contexte. Tafouk TV voit le jour alors que les relations restent tendues entre les autorités des trois pays et plusieurs médias internationaux, en particulier français, dont elles contestent régulièrement la couverture de l'actualité sahélienne. Pour Bamako, Ouagadougou et Niamey, l'enjeu est clair : se doter d'une capacité propre à produire et diffuser leurs contenus.

Tafouk TV n'est d'ailleurs qu'une pièce d'un dispositif plus large. Elle succède à la radio commune Daandè Liptako, basée à Ouagadougou et lancée en décembre, tandis qu'une agence de presse confédérale est annoncée à Niamey. Chaque capitale hérite ainsi de son média, dans une logique d'équilibre entre les trois membres.

Entre souveraineté et soupçon de propagande

Reste une question qui divise déjà les observateurs : Tafouk TV sera-t-elle une vitrine ou une voix libre ? Certains regards critiques n'ont pas tardé. Jeune Afrique estime ainsi que la nouvelle chaîne s'inscrit dans la lignée des télévisions publiques des trois pays, jugées de plus en plus proches d'outils de communication gouvernementale, et n'échappe pas à la logique de propagande officielle.

Ses défenseurs, eux, y voient la fin d'une dépendance historique envers les grands médias étrangers pour raconter l'Afrique sahélienne. Entre ces deux lectures, c'est la grille, la liberté de ton et la crédibilité de l'information diffusée qui trancheront. Le soleil s'est levé sur Bamako ; reste à savoir quelle lumière il projettera sur le Sahel.

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