Ces artistes ivoiriens qui rendent l'art plus cool

Les expositions ont longtemps été l'apanage d'une certaine élite. Mais aujourd'hui, de plus en plus de jeunes s'y intéressent. Les galeries d'art ont la côte à Abidjan et c'est bien grâce à des artistes qui rendent leurs disciplines cool.

Laetitia Ky

Les masques, ça le connaît. Pour les rendre encore plus cool, il les colore. Pourtant, ces masques à l'aspect souvent farfelus porte une bien lourde histoire. En effet, la recherche et la production artistique d’Obou est orientée vers la thématique des séquelles de la crise de 2002 dont il a été témoin et ses souvenirs traumatiques. C’est la raison pour laquelle son travail est orienté vers la condition humaine. Il a choisi de déformer les visages de ses personnages car pour lui, on ne peut parler de guerre, de traumatisme, de souffrance et d’oppression sans la déformation et la transformation mentale et physique.

"Je voyais cette avenue comme une façon de conjuguer ma passion de l’art et mon vécu traumatique"

Passionné de peinture et de dessin depuis l’enfance, Obou a toujours voulu poursuivre une carrière picturale.

Produit de la galerie Louis Simone Guirandou, il est actif depuis 2017 à travers des expositions comme celle de Ta'art Gallery à Zurich (Suisse) sur le thème système D, l’exposition collective sur le thème « Redonnez une chance à la vie » où il rend un hommage à la condition féminine en 2018, les expositions organisées par la galerie ArtTime à Abidjan, l’exposition à Gallery Louis Simone Guirandou à Abidjan, l’exposition de Berlin. Il participe à redonner vie à la commune de Abobo à travers le projet "Abobo est Zo"

Laetitia Ky crée toujours l’émerveillement avec ses œuvres. Cet émerveillement est mesurable à travers les commentaires positifs qui sont laissés sur ses réseaux sociaux et les nombreux partages. Si la majorité des artistes utilisent les toiles pour leurs œuvres, la toile de Laetitia c’est elle même. Elle arrive à créer des figures expressives avec ses tresses et c’est ce qu’elle a appelé le "Ky Concept".

Laetitia nous montre qu’on est jamais trop jeune pour porter des combats. À 25 ans, c’est une féministe engagée qui, à travers son art traite des violences féminines et de la lutte contre le patriarcat.

En 2018, elle lance une marque de vêtements, Kystroy, mêlant wax et jean effiloché. Elle travaille parfois avec des marques de mode pour promouvoir leurs produits à l’aide de ses sculptures de cheveux. C’est le cas de la marque de chaussures éthique Umòja fin 2019, Marc Jacobs en 2020 ou Giuseppe Zanotti en 2021.

Encore en 2018, elle fait partie des 20 jeunes les plus prometteurs distingués par le classement « On The Rise Côte d’Ivoire ». La même année, elle reçoit l’un des trois prix Jeunesse Francophone 35.35 de la catégorie Blog, influence digitale et innovation media. D’après le magazine Paper, en 2019, Laetitia fait partie des 100 nouveaux talents à suivre. La même année, elle remporte la première édition de la catégorie Création Digitale du concours Edite Model Look, organisée en partenariat avec l’application TikTok. En 2020, elle fait partie des finalistes de la catégorie « Instagrammers » de la douzième édition des Shorty Awards. En 2022, elle fait son entrée dans le livre records Guinness et participe à la biennale de Venise au pavillon de la Côte d’Ivoire.

De son nom d’artiste, Alberto est professeur de dessin à l’Institut National Supérieur des Arts et de l'Action Culturelle (INSAAC) et artiste peintre. Cet artiste est influencé dans son art par d’éminents peintres mais un peu plus par l’artiste Keith Haring. Il est aussi bien à l’aise sur une toile que sur un mur. En effet, il fait aussi du street art. Les œuvres de l’artiste sont très colorées. Pour sa dernière exposition commune "Abidjan Street Art" au Musée des cultures contemporaines Adama Toungara à Abobo (Mucat), l’artiste fait des masques ivoiriens sa touche personnelle. Un mix de religion traditionnelle et de religion révélée.

Outre ses expositions communes et solo, il a participé à l’embellissement de la commune de Abobo avec le projet "Abobo est Zo". La longue fresque représentant la coopération Ivoiro-europeene, situé à Koumassi est son œuvre.

Il a fait des pointillés, sa griffe. Yeanzi a été bercé dans l’univers du dessin. Son père lui rapportait de ses voyages des bandes dessinées du monde entier. En 2002, Yeanzi se retrouve au cœur de la crise ivoirienne et vit pendant trois mois dans « l’enfer de Bouaké ». Dessiner est alors son seul moyen d’expression.

"C’est l’unique moment où je me sentais bien", confie-t-il à Jeune Afrique.

Après son déménagement brusque à Abidjan, il dessine ses premiers portraits parce que selon lui "l’expression des visages permet de déchiffrer les choses"

Major de promotion en 2012 à l’INSAAC, ses premiers contacts avec l’académisme et ses codes sont pourtant conflictuels.

"J’avais commencé dans la rue, sans règles. Je ne comprenais pas pourquoi on voulait nous faire faire de l’impressionnisme au XXIe siècle en Afrique."

Il exprime son art à travers des représentations de personnes en pointillé. Il en a fait toute une collection, Personna qui a été exposé du 24 Avril au 20 juin à la galerie Cécile Fakhoury.

En 2012, il participe à une exposition collective à Abidjan à La Rotonde des arts et à la Fondation Donwahi.

Puis en 2013, il remporte deux prix locaux (le Grand Prix Guy Nairay et le Prix Bene Hoane) et participe aux Jeux de la Francophonie à Nice, en France. C’est de là que son désir d’étudier les phénomènes sociaux et son intérêt pour le problème de la double identité sont nés.

Yeanzi, représenté par la galeriste Cécile Fakhoury, a exposé à la première édition de la Foire d’art contemporain africain, 1:54, à Londres en 2014, puis en 2015 à Art Dubaï.

En 2022, il participe à la biennale de Venise dans le pavillon ivoirien.

Né en 1983 à Abidjan, Aboudia vit et travaille entre Abidjan et Brooklyn. Diplômée du Centre Technique des Arts Appliqués de Bingerville, l'œuvre d'Aboudia a été largement relayée dans la presse internationale en 2011 pour son témoignage sur les combats lors de la crise ivoirienne de 2010-2011. C'est à la suite qu'en 2012, la Galerie Cécile Fakhoury réunit son travail à celui de l'artiste ivoirien Fréderic Bruly Bouabré pour son exposition inaugurale. Dès lors, il commence à être reconnu sur la scène locale et internationale.

Aboudia s'inspire des graffitis dessinés par des jeunes sur les murs des rues d'Abidjan, notamment des quartiers populaires d'Abobo, Yopougon et Treichville. Pourtant aux beaux arts, il était charrié pour ses œuvres jugés enfantines, témoigne son ami Yeanzi

Artiste cosmopolite, Aboudia se déplace constamment entre les mondes et les cultures et ses œuvres révèlent les réalités sociales d'une société africaine en mutation. Rapidement, ses œuvres sont présentées aussi bien en Afrique de l'Ouest qu'à l'international, que ce soit à la Biennale du Bénin 2012, au Nevada Museum of Art (Reno, 2013), à la Galleria Continua (Spheres#7, 2014), ou à la Saatchi Gallery (Pangaea : New Art From Africa and Latin America, Londres, 2014-2015) puis Art Twenty One à Lagos (Chap-Chap, 2016), selon le site officiel de la galerie Cécile Fakhoury où il a signé. Il a aussi fait :

  • Galerie Cécile Fakhoury (Abidjan, 2021) ;
  • 1-54 Contemporary Art Fair (Marrakech, Maroc, 2020) ;
  • Art X Lagos (Nigeria, 2019) ;
  • Galerie Cécile Fakhoury (Abidjan, 2016 / Dakar, 2019) ;
  • Piasa (Paris, 2017), 1-54 Contemporary African Art Fair Marrakech ;
  • 1-54 Contemporary African Art Fair London (Royaume-Uni, 2018) ;
  • La biennale de Venise.

En 2022, il devient ambassadeur de la marque Pepsi et vend aux enchères un de ses tableaux au diner de gala de la fondation de la première dame de Côte d'Ivoire, Children Of Africa à 280 millions de FCFA.

Ange-Arthur Koua est né en 1989 à Abidjan, où il vit et travaille. Originaire d'Abobo, un des quartiers d'Abidjan, Ange-Arthur veut communiquer dans son travail le désir de "s'exprimer librement et de défendre des causes qui ne sont pas prioritaires pour les autres".

Et donc, dès le début de sa formation pratique, dans un atelier de peinture, Ange Arthur s'est senti piégé par l'utilisation de la peinture comme base. Il veut être libre de toucher, d'utiliser tout ce qu'il veut. L'essentiel, c'est sa satisfaction personnelle. Sa marque de fabrique c'est : textile, peinture et éléments du quotidien. Ces œuvres sont un mélange d'éléments. Cette manière de penser a été représentée dans une exposition solo, Brassage à la galerie Louis Simone Guirandou. Elle est disponible du 05 mai au 18 juin 2022 dans ladite galerie.

Quelques-unes de ses expositions :

  • Guirandou, Abidjan, exposition collective "Ange Arthur Koua & Friends", 2020
  • Louis Simone Guirandou, Abidjan, Carte Blanche, 2020
  • ART X LAGOS, Nigeria en 2021
  • Louis Simone Guirandou, MANsonges

Cette liste d'artiste n'est pas exhaustive. De nos jours, en Côte d'Ivoire, la population se rapproche un peu plus de ces artistes. L'art contemporain ivoirien est mieux compris et perçu.

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