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75% des produits dangereux saisis en Côte d’Ivoire sont des dépigmentants, alerte l’AIRP

75% des produits dangereux saisis en Côte d’Ivoire sont des dépigmentants, alerte l’AIRP
Une campagne nationale menée par l’Autorité Ivoirienne de Régulation Pharmaceutique (AIRP) révèle que 2 639 produits sont classés à “risque élevé” et que trois quarts des références dangereuses concernent des produits éclaircissants, dont 64% sont fabriqués localement.
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Les chiffres dévoilés par l’AIRP dressent un constat alarmant sur le marché cosmétique ivoirien. Entre octobre 2024 et mars 2025, l’institution a analysé 11 849 produits dans 1 140 établissements à travers le pays. Résultat : 2 639 produits ont été classés à risque élevé, dont 75% sont des produits dépigmentants utilisés pour éclaircir la peau.

Les données proviennent d’un communiqué officiel publié par l’AIRP à l’issue de sa campagne nationale de contrôle. Le document est disponible sur le site officiel de l’institution : AIRP Côte d’Ivoire

Plus inquiétant encore, 64% de ces produits dangereux sont fabriqués localement. Le phénomène ne repose donc plus uniquement sur des importations illégales, mais sur une véritable industrie clandestine implantée en Côte d’Ivoire.

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Une industrie locale hors contrôle

Créée par la loi n°2017-541 du 3 août 2017, l’AIRP est chargée de lutter contre les produits pharmaceutiques et cosmétiques dangereux. Avec le soutien du Ministère de la Santé, de la Police Sanitaire et du Laboratoire National de Santé Publique (LNSP), l’institution affirme avoir constitué “la base de données nationale la plus complète sur le marché cosmétique ivoirien”.

Les contrôles révèlent surtout l’ampleur d’un marché parallèle alimenté par des producteurs locaux fabriquant des crèmes, savons et lotions sans homologation ni contrôle qualité. Ces produits sont ensuite vendus dans les marchés, salons de beauté, boutiques informelles ou sur les réseaux sociaux.

Pendant longtemps, l’opinion publique accusait principalement les produits importés. Mais les données officielles montrent désormais qu’une grande partie des produits toxiques consommés est fabriquée directement sur le territoire ivoirien.

Des risques graves pour la santé

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Les produits dépigmentants contiennent souvent des substances dangereuses comme l’hydroquinone, le mercure ou des corticostéroïdes puissants. Utilisés sur une longue période, ils peuvent provoquer des infections cutanées, des brûlures, l’amincissement de la peau, des troubles hormonaux ou encore des complications rénales et neurologiques.

Malgré ces risques, l’usage de ces produits reste largement répandu, porté par des pressions esthétiques et des standards de beauté valorisant la peau claire. Les réseaux sociaux et certains circuits commerciaux informels participent également à banaliser ces pratiques.

Répression, sensibilisation et limites

Face à la situation, l’AIRP annonce un renforcement des contrôles et des opérations de répression en collaboration avec les forces de l’ordre, le Ministère du Commerce, les Douanes ivoiriennes et l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI).

L’institution appelle aussi la société civile à transmettre des signalements via sa plateforme officielle. Tout en affichant une volonté de transparence, l’AIRP reconnaît cependant les difficultés liées à la circulation persistante de produits non homologués.

Pour plusieurs acteurs de santé publique, la lutte contre les produits dépigmentants devra aller au-delà de la répression. Sensibilisation, éducation et remise en question des normes esthétiques restent essentielles pour freiner un phénomène devenu un véritable problème de santé publique.

Le rapport de l’AIRP révèle une réalité inquiétante : la menace ne vient pas seulement de l’extérieur, mais aussi d’une production locale clandestine qui met en danger la santé de milliers d’Ivoiriens et d’Ivoiriennes.

Avec 75% des produits dangereux identifiés appartenant à la catégorie des dépigmentants, les autorités sanitaires reconnaissent l’ampleur d’un marché profondément enraciné. Reste désormais à savoir si les mesures annoncées seront suffisantes pour freiner une industrie aussi lucrative que dangereuse.

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