Publicité

La CEDEAO confirme l’Eco pour 2027, avec un lancement progressif

La CEDEAO confirme l’Eco pour 2027, avec un lancement progressif
La CEDEAO confirme le lancement de l’Eco en 2027, mais selon une approche progressive réservée aux pays prêts. Après plusieurs reports, la monnaie unique ouest-africaine relance le débat sur l’intégration économique et la parité avec l’euro.
Publicité

Après plusieurs reports depuis les années 1980, la CEDEAO remet une nouvelle fois l’Eco sur la table. Réunis à Lungi, en Sierra Leone, le 19 juillet 2026, les chefs d’État et de gouvernement ont confirmé leur objectif de lancer la monnaie unique en 2027, cette fois selon une approche progressive, réservée en priorité aux pays jugés prêts sur le plan macroéconomique et institutionnel.

Le projet de monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest reste l’un des plus grands chantiers de l’intégration régionale. Longtemps pensé comme une réponse à la fragmentation monétaire de la sous-région, il a été repoussé à plusieurs reprises à cause des difficultés de convergence entre les économies membres, notamment sur l’inflation, le déficit budgétaire, les réserves de change et la stabilité des cadres monétaires.

Publicité

Une annonce relancée à Lungi

Le sommet de Lungi marque un tournant dans la méthode. Désormais, la CEDEAO ne veut plus attendre un basculement simultané de tous ses États membres pour lancer l’Eco. La première phase concernera les pays capables de satisfaire aux critères de convergence macroéconomique, tandis que les autres bénéficieront d’un accompagnement technique pour rejoindre progressivement le dispositif.

Les critères évoqués restent classiques : un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB, une inflation annuelle sous la barre de 10% et des réserves extérieures couvrant au moins trois mois d’importations. Plusieurs pays sont cités parmi les candidats potentiels à cette première vague, notamment la Sierra Leone, le Libéria, le Nigeria, le Ghana, la Guinée et la Gambie, sous réserve du respect des conditions fixées.

Du projet collectif au lancement progressif

Publicité

Le président ivoirien Alassane Ouattara en sa qualité de président en exercice de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UMOA, et sur mandat de ses pairs, à expliquer que la réforme du franc CFA a été décidée autour de trois changements majeurs.

Le premier est le changement du nom de la monnaie, du franc CFA à l’Eco. Le deuxième concerne l’arrêt de la centralisation de 50% des réserves de change au Trésor français et la fermeture du compte d’opération. Le troisième porte sur le retrait des représentants de la France de tous les organes de décision et de gestion de l’UMOA.

Le chef de l’État ivoirien ajoute que cette réforme s’inscrit dans la volonté de construire l’avenir économique de manière responsable, afin d’attirer les investissements privés, de créer des emplois et de poursuivre le développement des pays de la zone. Il précise aussi que les chefs d’État de l’UMOA ont décidé de maintenir la parité fixe de la monnaie avec l’euro et la garantie de convertibilité. top je préfère comme ça

La question du change

Sur ce point, il faut distinguer clairement le projet politique de l’Eco au niveau CEDEAO et le régime de change hérité de la zone UEMOA. La mention d’une parité fixe avec l’euro reste centrale dans le cadre de la réforme évoquée par Alassane Ouattara, mais cela ne signifie pas qu’un régime identique sera automatiquement appliqué à l’ensemble de la future monnaie unique ouest-africaine.

L’idée selon laquelle l’Eco devrait conserver un taux de change équivalent à celui du franc CFA par rapport à l’euro circule depuis longtemps, mais elle doit être formulée avec prudence. À ce stade, l’essentiel est de retenir que la parité fixe et la garantie de convertibilité restent au cœur des discussions pour la zone UEMOA, tandis que le cadre global de la future monnaie de la CEDEAO continue d’être discuté.

Des avancées techniques

Malgré les incertitudes, des signaux concrets existent. La CEDEAO a notamment enregistré la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle, une démarche destinée à protéger juridiquement le nom de la future monnaie.

Autre évolution importante : la Guinée a rejoint la Task Force présidentielle chargée du programme de monnaie unique. La Commission de la CEDEAO a, de son côté, reçu pour instruction de poursuivre les consultations avec les banques centrales et l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest afin de régler les points encore en suspens.

Un projet sous tension politique

Publicité

Le calendrier de 2027 intervient dans un contexte régional complexe. D’un côté, la CEDEAO veut relancer un projet longtemps freiné par les écarts de performance économique ; de l’autre, la sous-région traverse de fortes tensions politiques et institutionnelles qui compliquent l’harmonisation monétaire.

Le cas du Burkina Faso, du Mali et du Niger ajoute une difficulté supplémentaire. Ces trois pays, désormais regroupés au sein de la Confédération des États du Sahel, continuent d’utiliser le franc CFA dans le cadre de l’UEMOA, mais leur place dans le futur dispositif de l’Eco reste incertaine. Cette situation nourrit l’idée d’une Afrique de l’Ouest monétaire à géométrie variable, au moins dans une première phase.

L’annonce de 2027 ne signifie donc pas un basculement immédiat de toute la région vers une monnaie unique. Elle traduit plutôt une tentative de sortir par le haut d’un projet longtemps retardé, en acceptant enfin une mise en œuvre graduelle.

Pour la CEDEAO, l’enjeu est désormais double : préserver la crédibilité du projet tout en évitant qu’un lancement partiel ne crée de nouvelles fractures. L’Eco reste ainsi un symbole puissant d’intégration régionale, mais aussi un test de réalisme politique et économique pour l’Afrique de l’Ouest.

Publicité
Dernières vidéos
Publicité