Affaire Apoutchou National et Lionel PCS : « Tout me gêne dans cette décision et nous allons exercer un recours contre cette décision », déclare Maître N’Dry Claver, avocat de la défense
Quelques heures après la condamnation d’Apoutchou National et de Lionel PCS dans l’affaire de blanchiment de capitaux, leur avocat Maître N’Dry Claver est monté au créneau face à la presse pour dénoncer une décision qu’ils jugent juridiquement contestable.
Pour rappel, le Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan a condamné, ce mardi 2 juin 2026, l’influenceur ivoirien Stéphane Agbré alias Apoutchou National à trois ans de prison ferme et Lionel PCS à cinq ans de prison ferme. Les deux hommes devront également payer une amende de 264 millions FCFA chacun.
« Nous allons faire appel »
Très remonté après le prononcé du verdict, l’un des avocats de la défense a immédiatement annoncé qu’un recours sera introduit contre la décision rendue par le tribunal.
La loi nous donne la possibilité, toutes les fois que nous estimons qu’une décision ne remplit pas les critères de légalité, de faire des recours. Tout de suite, je vous le confirme, nous allons faire un recours contre cette décision dans toutes ses dispositions
a déclaré l’avocat devant les journalistes.
Le conseil des deux influenceurs affirme également rester profondément interrogatif sur les motivations du tribunal, allant jusqu’à déclarer:
Tout me gêne dans cette décision.
La défense conteste l’application des textes de la BCEAO
Au cœur de l’argumentaire des avocats figure l’instruction n°233 du gouverneur de la BCEAO datant du 16 juillet 2024, qui fixe à 5 millions FCFA le plafond des paiements de dettes en espèces.
Selon la défense, cette instruction prévoit que toute violation peut entraîner des sanctions prévues par la loi sur le blanchiment de capitaux. Cependant, les avocats soutiennent qu’aucune disposition des 207 articles de cette loi ne prévoit explicitement de sanctions pour un dépassement du seuil fixé par la BCEAO.
Lorsque vous consultez les 207 articles de la loi sur le blanchiment des capitaux, aucune disposition ne prévoit de sanctions en cas de dépassement du seuil fixé par le gouverneur de la BCEAO
a insisté Maître N’Dry Claver.
Une condamnation pour “prise de paris illicites” également contestée
Les avocats remettent également en cause la condamnation liée à la prise de paris illicites.
Selon eux, la législation ivoirienne sanctionnerait principalement les organisateurs de jeux d’argent illégaux et non les simples participants.
Mes clients ne sont pas des organisateurs de jeux. Ils parient. Je veux bien qu’on me présente un texte de loi qui réprime le pari de jeu illicite. Il n’y en a pas
a affirmé l’avocat.
“Apoutchou National a juste pris de l’argent pour un tournage vidéo”
Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux après l’audience, la défense soutient que les faits reprochés à Apoutchou National seraient mal interprétés.
« Il a juste pris de l’argent pour un tournage vidéo », affirme l’avocat, qui dit vouloir comprendre les motivations juridiques ayant conduit à la condamnation pour blanchiment.
Le juriste insiste également sur le fait que sa conviction quant à l’innocence de ses clients repose sur « l’analyse des faits à la lumière des principes cardinaux du droit pénal » et non sur l’émotion.
Les deux influenceurs restent libres pour le moment
Autre élément important souligné par la défense : aucun mandat de dépôt n’a été décerné à l’issue du verdict.
Vous avez vu, mes clients sont partis tout à l’heure à la maison. Ils sont libres.
a précisé l’avocat.
Les conseils d’Apoutchou National et Lionel PCS attendent désormais la notification complète de la décision afin d’examiner en détail les motivations du tribunal avant l’ouverture officielle de la procédure d’appel.
Voici ta phrase proprement reformulée et intégrée de façon fluide :
Cette affaire continue de provoquer de vives réactions sur les réseaux sociaux ivoiriens. Maître N’Dry Claver, avocat de la défense d’Apoutchou National et Lionel PCS, ne compte pas en rester là et affirme qu’il mettra tout en œuvre pour contester la décision devant les juridictions compétentes.