Publicité

Alerte Cacao : Le Brésil suspend ses achats du cacao ivoirien, un nouveau coup dur pour les exportations ivoiriennes

Le caco Ivoirien
La suspension temporaire des importations de cacao ivoirien par le Brésil intervient dans un contexte particulièrement critique. Entre stocks invendus massifs, tensions avec les producteurs et perturbations du marché mondial, la filière cacao traverse l’une des périodes les plus difficiles de ces dernières années.
Publicité

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, fait face à un nouveau choc sur le marché international. Le 23 février 2026, le Brésil a annoncé la suspension temporaire de ses importations de fèves ivoiriennes, invoquant un risque phytosanitaire lié à la traçabilité des cargaisons.

Cette décision est d’autant plus préoccupante qu’elle survient au cœur d’une crise interne majeure, qui fragilise le système de commercialisation et met en danger les revenus de millions de producteurs.

Publicité

Pourquoi le Brésil a suspendu le cacao ivoirien

Les autorités brésiliennes évoquent un risque de « triangulation phytosanitaire », c’est-à-dire la possibilité que du cacao provenant de pays voisins soit mélangé aux fèves ivoiriennes avant exportation.

Helder Barbalho, gouverneur de l'État du Pará, a célébré la mesure sur les réseaux sociaux :

Chers amis producteurs de cacao du Pará et de tout le Brésil, fêtez la mesure du ministère de l'Agriculture publiée ce mardi, suspendant l'entrée de produits de cacao de la Côte d'Ivoire pour des raisons sanitaires

Cette prise de position reflète la pression des régions productrices comme le Pará et la Bahia, où une mission d'inspection brésilienne (2-13 février 2026) a relevé des vulnérabilités. Elle souligne la stratégie de souveraineté agroalimentaire du Brésil, deuxième producteur mondial.

Les autorités craignent que des fèves de pays voisins, comme la Guinée ou le Liberia, dont le statut sanitaire n’est pas reconnu, ne se mélangent aux cargaisons ivoiriennes via des flux transfrontaliers massifs. Cette « triangulation » permettrait à des produits non autorisés d’accéder au marché brésilien sous couvert ivoirien, avec le risque d’introduire localement des pestes végétales absentes.

Pour lever la suspension, Brasilia exige désormais :

  • Une déclaration formelle d’Abidjan,

  • Des garanties strictes de traçabilité,

  • Des audits indépendants sur les cargaisons exportées.

Publicité

Une crise intense et sans précédent dans la filière cacao ivoirienne

Cacao Ivoirien

La filière cacao ivoirienne traverse actuellement une crise d’ampleur historique, qui menace à la fois les producteurs, les revenus ruraux et la stabilité économique du pays. Parmi les principales difficultés :

  • 700 000 tonnes de cacao immobilisées : une partie massive de la production reste invendue, les planteurs peinent à trouver des acheteurs malgré un prix bord-champ record de 2 800 FCFA/kg pour la campagne 2025-2026.

  • Chute des cours mondiaux : même si les prix internationaux restent élevés autour de 10 000 USD/tonne, la volatilité et la baisse relative compliquent la commercialisation et créent des tensions sur le marché.

  • Blocages et tensions sociales : des mouvements et revendications ont émergé en janvier 2026, avec une opposition active du SYNAP-CI et de l’ANAPROCI face aux retards d’achat et aux difficultés de commercialisation.

  • Pression sur l’État : le gouvernement a promis de racheter l’intégralité des stocks invendus pour injecter des liquidités dans les zones rurales, soutenir les producteurs et éviter un effondrement économique local.

  • Dépendance au marché brésilien : la Côte d’Ivoire couvrait 37 % des besoins en cacao du Brésil en 2025. La suspension actuelle pourrait générer des surtaxes logistiques et accentuer les fluctuations de prix.

  • Fragilité structurelle de la filière : cette crise révèle les limites de la traçabilité, les problèmes de stockage et les difficultés à sécuriser les circuits d’exportation, même dans un contexte de prix record.

Cette combinaison de stocks bloqués, tensions sociales, perturbations logistiques et volatilité du marché crée un contexte particulièrement critique pour l’“or brun” ivoirien et pour les millions de familles qui en dépendent.

Un enjeu économique majeur pour le pays

Le cacao représente :

  • La principale source de devises du pays

  • Un secteur qui fait vivre plus de 5 millions de personnes

  • Un pilier central de l’économie nationale

Une suspension prolongée par le Brésil pourrait aggraver la crise actuelle et accentuer la pression sur les autorités ivoiriennes.

Publicité

Un test pour la crédibilité du système ivoirien

Cette situation met à l’épreuve les réformes engagées par la Côte d’Ivoire, notamment :

  • Le renforcement des systèmes de traçabilité,

  • La modernisation des contrôles,

  • La sécurisation des circuits d’exportation.

La capacité des autorités à répondre rapidement sera essentielle pour rassurer les partenaires internationaux et lever la suspension.

Quelles perspectives ?

Plusieurs scénarios sont possibles :

  • Une levée rapide de la suspension si les garanties sont apportées,

  • Un renforcement des contrôles et de la traçabilité,

  • Ou une aggravation temporaire de la crise si les débouchés restent limités.

La réaction rapide des autorités ivoiriennes sera déterminante pour rétablir la confiance.

La suspension des importations par le Brésil intervient à un moment critique pour la filière cacao ivoirienne. Avec plus d'une centaines de tonnes de stocks bloqués, des tensions avec les producteurs, une volatilité des cours et des risques logistiques, cette décision ajoute une pression supplémentaire sur un secteur vital.

Plus que jamais, la Côte d’Ivoire doit renforcer la gestion, la traçabilité et la commercialisation de son cacao afin de préserver son statut de leader mondial et protéger les millions de familles qui dépendent de cet “or brun”

Publicité
Publicité
Dernières vidéos
Publicité