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Le football féminin africain a rendez-vous avec l'histoire ce dimanche à Rabat. Deux sélections qu'on n'attendait pas au sommet vont se disputer le trophée continental, dans une CAN qui a balayé tous les pronostics.
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Ils étaient seize au départ, venus du Maroc, de Zambie, du Nigeria, du Sénégal, d'Algérie, du Ghana, du Burkina Faso, du Kenya, de Tanzanie, du Cap-Vert, d'Afrique du Sud, du Mali, de Côte d'Ivoire, d'Égypte et du Cameroun. Le Malawi complétait ce tableau inédit à seize équipes, une grande première pour la compétition organisée au Maroc. Dimanche 16 août, il n'en restera plus que deux. Et ce sont précisément les deux qu'on n'attendait pas.

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Une phase de groupes qui a déjà tout changé

Dès le premier tour, la hiérarchie habituelle du football féminin africain a commencé à vaciller. Dans le groupe C, le Malawi crée la sensation en battant d'entrée le Nigeria, pourtant tenant du titre et décuple champion d'Afrique, sur le score de 3 buts à 2. Une victoire qui ne doit rien au hasard : elle porte déjà la marque des sœurs Chawinga, appelées à devenir les grandes héroïnes du tournoi.

Dans le même groupe, la Zambie corrige sévèrement l'Égypte (6-0), tandis que l'Algérie s'impose face au Sénégal (2-0) dans le groupe A, où le Maroc, pays hôte, déroule face au Kenya (4-0). Le groupe D voit le Cameroun prendre les commandes avec un succès contre le Mali (2-1), avant de confirmer face au Ghana (1-0). Malgré un match nul concédé en dernière journée face au Cap-Vert (1-1), les Lionnes Indomptables terminent en tête de leur poule, déjà qualifiées.

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Au bout du compte, huit nations valident leur billet pour les quarts de finale : le Maroc et l'Algérie côté groupe A, la Côte d'Ivoire et l'Afrique du Sud côté groupe B, le Nigeria et le Malawi côté groupe C, le Cameroun et le Ghana côté groupe D. Un enjeu de taille accompagne chaque rencontre à partir de ce stade : les quatre demi-finalistes obtiennent directement leur ticket pour la Coupe du monde féminine 2027, au Brésil.

Le tableau des quarts fait déjà figure d'événement en soi. Cameroun-Nigeria, l'un des chocs les plus attendus du tournoi, oppose les deux nations les plus titrées du plateau. Et c'est le Cameroun qui sort vainqueur de ce duel, en s'imposant 1 but à 0. Dans le même temps, le Malawi poursuit son parcours de rêve en dominant le Ghana 2 buts à 1, direction les demi-finales pour la première fois de son histoire. L'Algérie, de son côté, élimine la Côte d'Ivoire (2-1) et rejoint elle aussi le dernier carré pour la première fois.

Michaely Bihina, l'héroïne inattendue des Lionnes

La demi-finale entre le Maroc et le Cameroun restera comme l'un des grands moments de cette édition. Devant son public, au stade Moulay El Hassan de Rabat, le pays organisateur pousse les Lionnes Indomptables dans leurs derniers retranchements. Le match se termine sur un score vierge, 0-0, au bout des cent vingt minutes. Direction les tirs au but.

Et c'est là qu'une gardienne de 22 ans va faire basculer l'histoire du côté camerounais. Michaely Bihina, qui évolue au Benfica Lisbonne, repousse trois tentatives marocaines lors de la séance fatidique. Un exploit individuel qui offre au Cameroun une qualification totalement inattendue pour la finale, dix ans après sa dernière apparition à ce stade de la compétition, en 2016. Une performance qui pourrait bien changer la trajectoire de la carrière de la jeune portière.

Dans l'autre demi-finale, le Malawi confirme qu'il n'est pas venu au Maroc pour faire de la figuration. Face à l'Algérie, les Scorchers l'emportent 3 buts à 1, dans une rencontre marquée par deux expulsions, une de chaque côté. Et c'est encore une fois la famille Chawinga qui écrit l'histoire. Thabita Chawinga inscrit un doublé, aux 33e et 76e minutes, portant son total à quatre buts dans le tournoi. Sa cadette, Temwa, l'accompagne dans cet exploit avec une réalisation juste avant la pause, sa cinquième de la compétition, complétée par deux passes décisives sur l'ensemble du parcours.

Pour sa toute première participation à une phase finale de CAN féminine, le Malawi atteint directement la finale. Un scénario que peu, voire personne, n'avait envisagé avant le coup d'envoi.

Rendez-vous dimanche à Rabat pour une première étoile

La finale opposera donc le Cameroun au Malawi ce dimanche 16 août, au stade olympique de Rabat. Coup d'envoi fixé à 20h heure locale marocaine, soit 19h GMT. Une affiche qui n'avait figuré dans aucun pronostic avant le début du tournoi, tant les grandes favorites habituelles Nigeria, Maroc, Afrique du Sud sont tombées les unes après les autres.

Pour le Cameroun, il s'agit d'une quatrième finale de CAN féminine, après celles de 2004, 2014 et 2016. Les Lionnes Indomptables n'ont toutefois jamais soulevé le trophée. Pour le Malawi, c'est tout simplement l'histoire qui s'écrit : les Scorchers disputeront la toute première finale de leur histoire, à peine quelques semaines après leur toute première apparition dans la compétition. Quoi qu'il arrive dimanche soir, une nation inscrira pour la première fois son nom au palmarès continental.

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Une finale à plus de deux millions de dollars

Cette édition 2026 restera aussi celle d'une revalorisation historique des primes. Réunie à Johannesburg fin juillet, la Confédération africaine de football a annoncé une hausse spectaculaire des récompenses financières. L'équipe sacrée championne d'Afrique empochera 2 millions de dollars, contre 1 million lors de l'édition précédente, soit une prime doublée. Le finaliste malheureux repartira avec 750 000 dollars, une hausse de 50 %, tandis que la sélection classée troisième verra sa récompense progresser de 43 %.

L'enveloppe globale de la compétition grimpe quant à elle de 3,475 à 5,8 millions de dollars, une augmentation de 67 % par rapport à la précédente édition. Chacune des seize sélections engagées touche par ailleurs une prime minimale de participation portée à 150 000 dollars. Selon la CAF, la récompense réservée au vainqueur a été multipliée par dix depuis l'arrivée de son actuelle direction.

Au-delà du trophée et des primes, cette CAN féminine aura surtout démontré une chose : la hiérarchie du football féminin africain, longtemps verrouillée par une poignée de nations, n'a jamais semblé aussi ouverte. Dimanche soir à Rabat, le Cameroun tentera de transformer l'exploit de sa gardienne en sacre continental. Le Malawi, lui, jouera sans pression, avec la conscience d'avoir déjà marqué l'histoire de son football.

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