Conseil des ministres : le gouvernement dissout la Commission électorale indépendante (CEI) après 25 ans d’existence
Le gouvernement ivoirien a officiellement annoncé, ce mercredi 6 mai 2026, la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), l’institution chargée depuis plus de deux décennies de l’organisation et de la supervision des élections en Côte d’Ivoire.
La décision a été prise en Conseil des ministres sous la présidence du chef de l’État, Alassane Ouattara, à travers l’adoption d’une ordonnance portant dissolution de la CEI. L’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
Selon le gouvernement, cette mesure vise à ouvrir « un nouveau mécanisme de gestion des élections », censé rassurer davantage les acteurs politiques et garantir des scrutins plus apaisés dans le pays.
Cette décision marque un tournant majeur dans la vie politique ivoirienne, 25 ans après la création de la CEI en 2001.
Une institution créée après les crises politiques ivoiriennes
La Commission électorale indépendante avait été créée en 2001 dans un contexte de fortes tensions politiques, après le coup d’État militaire de 1999 et les contestations électorales du début des années 2000.
Avant sa création, l’organisation des élections relevait directement du ministère de l’Intérieur. La mise en place de la CEI devait permettre de renforcer la transparence et la crédibilité des scrutins en Côte d’Ivoire.
Depuis sa création, l’institution a organisé plusieurs élections majeures :
les présidentielles ;
les législatives ;
les municipales et régionales ;
plusieurs référendums nationaux.
Mais au fil des années, la CEI est devenue l’un des sujets politiques les plus sensibles du pays.
Une crédibilité fortement contestée ces dernières années
Lors des précédentes élections, notamment les scrutins présidentiels et locaux des dernières années, la CEI avait fait l’objet de nombreuses critiques de la part de plusieurs partis politiques et organisations de l’opposition.
Ces derniers accusaient régulièrement l’institution :
de manquer d’indépendance ;
d’être trop proche du pouvoir ;
de ne plus garantir des élections totalement transparentes.
La composition de la CEI revenait régulièrement au centre des débats politiques avant chaque élection importante.
Certains partis et responsables politiques allaient même jusqu’à réclamer ouvertement une réforme profonde de l’institution afin de restaurer la confiance autour du processus électoral ivoirien.
Ces tensions autour de la CEI avaient fortement marqué les précédents cycles électoraux et alimenté plusieurs crises politiques dans le pays.
Pourquoi le gouvernement dissout-il la CEI ?
Dans le communiqué du Conseil des ministres, le gouvernement explique que cette dissolution doit permettre la mise en place d’un nouveau mécanisme de gestion des élections.
Selon les autorités ivoiriennes, cette réforme vise à renforcer la confiance des acteurs politiques et à améliorer l’organisation des futurs scrutins.
Pour l’heure, aucun détail officiel n’a encore été communiqué sur la composition ou le fonctionnement du futur organe électoral appelé à remplacer la CEI.
Une réforme historique du système électoral ivoirien
Même si la CEI a connu plusieurs réformes et recompositions au fil des crises politiques ivoiriennes, l’institution n’avait encore jamais été officiellement dissoute depuis sa création en 2001.
Cette décision constitue donc une réforme historique du système électoral ivoirien.
Pour plusieurs observateurs, cette dissolution montre la volonté du pouvoir de repenser entièrement l’organisation des élections après plusieurs années de contestations politiques autour de la crédibilité de la CEI.
Quel avenir après la dissolution ?
Pour l’instant, le gouvernement n’a pas encore précisé le calendrier de mise en place du nouvel organe chargé des élections.
Depuis sa création en 2001, la CEI aura traversé presque toutes les grandes crises politiques ivoiriennes.
Avec cette dissolution annoncée en 2026, la Côte d’Ivoire entre désormais dans une nouvelle phase de son histoire électorale.