Côte d'Ivoire : Justin Katinan Koné, cadre du PPA-CI et ex-ministre de Gbagbo, placé sous mandat de dépôt pour « actes terroristes »
Le dossier judiciaire visant Justin Katinan Koné vient de franchir une nouvelle étape, et pas des moindres. Dans un communiqué signé ce vendredi, le procureur de la République annonce le placement sous mandat de dépôt de ce responsable politique bien connu de la scène ivoirienne, déféré devant la Section antiterroriste du Tribunal d'Abidjan.
Qui est Justin Katinan Koné ?
Figure historique du camp de Laurent Gbagbo, Justin Katinan Koné a été ministre du Budget durant la présidence de ce dernier, avant de connaître l'exil puis un retour remarqué sur la scène politique ivoirienne. Aujourd'hui 4ᵉ vice-président du Parti des Peuples Africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI), il en est l'une des voix les plus en vue, régulièrement présent dans les tribunes et prises de parole du parti.
Une plainte pour diffamation à l'origine du dossier
Tout remonte au lundi 7 septembre 2026. Ce jour-là, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) saisit le procureur de la République d'une plainte contre Justin Katinan Koné, pour des faits de diffamation, d'injure par le biais d'un système d'information et de diffusion de nouvelles fausses.
À la suite du soit-transmis du procureur, et après l'audition de la partie civile, Justin Katinan Koné est entendu par les agents enquêteurs de la Préfecture de Police. À la clôture de cette première enquête, le procureur demande la transmission du procès-verbal en renseignement judiciaire aux fins de saisine du Tribunal correctionnel.
Une audition qui prend une autre tournure
Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Le procureur instruit également les officiers de police judiciaire pour entendre Justin Katinan Koné sur sa participation présumée aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025. Le communiqué rappelle à ce titre qu'un précédent avis du procureur, daté du 24 octobre 2025, avait déjà prévenu que les actes de violence commis durant cette période ne resteraient pas impunis, quels que soient leurs auteurs, complices ou commanditaires.
À l'issue de son audition, Justin Katinan Koné est placé en garde à vue, puis déféré à la Section antiterroriste du Tribunal d'Abidjan, où une information judiciaire est ouverte à son encontre.
Une liste de chefs d'inculpation particulièrement lourde
Le communiqué du procureur énumère les charges retenues contre le 4ᵉ vice-président du PPA-CI :
actes terroristes
attentat contre l'autorité de l'État
complot contre l'autorité de l'État
participation à un mouvement insurrectionnel
atteinte à l'ordre public
apologie des crimes de meurtre
attroupement armé et non armé
participation et organisation d'une manifestation interdite ou non déclarée
incendie volontaire de véhicule appartenant à autrui, commis à Abidjan et sur l'ensemble du territoire national
Ces faits sont, selon le parquet, prévus et punis par les articles 3, 8 et 10 de la loi n°2024-360 du 11 juin 2024 portant répression du terrorisme, ainsi que par les articles 29, 162, 163, 176, 179, 185, 190, 191, 195, 199, 254 et 493 du Code pénal.
Le communiqué, fait à Abidjan et signé du procureur de la République, marque un tournant dans une affaire partie d'une simple plainte pour diffamation. Justin Katinan Koné reste désormais en détention, dans l'attente de la suite de la procédure devant la Section antiterroriste.