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David Tayorault : après 40 ans au service de la musique ivoirienne, l'arrangeur exprime son amertume

David Tayorault : après 40 ans au service de la musique ivoirienne, l'arrangeur exprime son amertume
Quarante ans de carrière, des générations d’artistes accompagnées et des succès qui ont marqué la musique ivoirienne. Pourtant, David Tayorault dit aujourd’hui sa déception : « Dans mon propre pays, je ne suis pas au bon endroit. »
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« Dans mon propre pays, je ne suis pas au bon endroit. J'ai consacré 40 années de ma vie à la musique ivoirienne. Mais… je suis DÉ-GOU-TÉ. » Ces mots de David Tayorault, publiés dans la soirée suivant l'annonce des Prix nationaux d'Excellence 2026, ont rapidement suscité de nombreuses réactions dans le milieu culturel ivoirien.

Alors que plusieurs acteurs de différents secteurs étaient célébrés lors de cette cérémonie de reconnaissance nationale, la sortie de l'artiste-arrangeur a été perçue par beaucoup comme le signe d'une profonde frustration face à ce qu'il considère comme un manque de reconnaissance pour son immense contribution à la musique ivoirienne.

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Quarante ans au service de la musique ivoirienne

Figure emblématique de la musique ivoirienne, David Tayorault est l'un des arrangeurs, compositeurs, producteurs et musiciens les plus influents du pays. Originaire de Divo, il débute sa carrière dans les années 1980 avec le mythique groupe Woya, dont il est l'une des figures marquantes. Le groupe connaît un immense succès en Côte d'Ivoire et à travers l'Afrique, donnant naissance à ce que beaucoup appelleront la « Woyamania ».

Au fil de ses plus de 40 années de carrière, David Tayorault s'est imposé comme l'un des artisans des plus grands succès de la musique ivoirienne. Surnommé « Totorino le Samouraï », il a collaboré avec plusieurs générations d'artistes et contribué à l'essor de nombreux talents.

Son empreinte se retrouve notamment dans les carrières de Magic System, dont il a arrangé le célèbre titre Premier Gaou, mais aussi de Yodé & Siro, Douk Saga, DJ Arafat, DJ Lewis, Josey, Chantal Taïba, Gadji Celi, Bailly Spinto, Aboutou Roots, Les Youlés, Les Patrons, ainsi que de plusieurs artistes africains de renom.

Au-delà des productions musicales, David Tayorault est reconnu comme un formateur et découvreur de talents. Durant quatre décennies, il a accompagné, conseillé et participé à la révélation de plusieurs dizaines d'artistes, faisant de lui l'un des bâtisseurs de la musique moderne ivoirienne.

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Une sortie qui divise, mais suscite aussi des soutiens

a publication de David Tayorault n'a pas laissé le monde culturel indifférent. Si de nombreux internautes disent comprendre son sentiment de frustration après plus de quatre décennies consacrées à la musique ivoirienne, d'autres estiment qu'un artiste de son envergure n'avait pas besoin d'une telle sortie publique pour rappeler son immense contribution au patrimoine musical national. Pour ces derniers, son parcours parle de lui-même et sa place dans l'histoire de la musique ivoirienne ne dépend d'aucune distinction officielle.

À l'inverse, plusieurs personnalités lui ont apporté leur soutien. C'est notamment le cas du Dr Alain Tailly Glohi, qui lui a adressé un message empreint d'émotion sur les réseaux sociaux.

Évoquant leur aventure commune avec le groupe Woya, il rappelle que « quarante années de passion, de création et de transmission ne peuvent être effacées par l'ingratitude du présent ou l'indifférence des hommes ». Il insiste également sur le fait que David Tayorault a révélé, formé et inspiré de nombreux artistes au cours de sa carrière, avant d'ajouter : « Tu n'es pas en marge de la musique ivoirienne. Tu es une part vivante, féconde et incontestable de son histoire. »

Ces réactions illustrent le débat que soulève cette prise de parole. Au-delà du cas de David Tayorault, elle relance la question de la reconnaissance des grandes figures de la culture ivoirienne, dont l'œuvre a marqué plusieurs générations d'artistes et de mélomanes.

Pour beaucoup, le message de l'arrangeur est moins celui d'un homme en quête d'un prix que celui d'un acteur majeur de la musique ivoirienne qui souhaite voir le travail de toute une vie pleinement reconnu par son pays.

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