Électricité en Afrique : un classement qui interpelle et révèle de fortes inégalités, où se situe la Côte d’Ivoire ?
Le coût de l’électricité constitue aujourd’hui l’un des indicateurs les plus révélateurs des inégalités économiques sur le continent africain. En 2025, plusieurs estimations du prix moyen du kilowattheure mettent en lumière des écarts particulièrement importants entre les pays, allant de quelques centimes à plus de 0,30 $/kWh. Une situation qui soulève des enjeux majeurs pour la compétitivité économique et l’accès à l’énergie.
Un continent marqué par de fortes disparités de prix
Les tarifs de l’électricité en Afrique varient fortement selon les pays, en fonction de plusieurs facteurs structurels : le mix énergétique, le coût de production, le niveau de subventions publiques, ainsi que l’état des infrastructures électriques.
Depuis 2019, la tendance globale est également marquée par une hausse progressive des coûts, obligeant de nombreux États à arbitrer entre accessibilité pour les ménages et viabilité financière des opérateurs énergétiques.
Les pays où l’électricité est la plus chère
Dans les pays les plus coûteux, on retrouve notamment :
Cap-Vert : 0,328 $/kWh
Sierra Leone : 0,227 $/kWh
Kenya : 0,22 $/kWh
Mali : 0,218 $/kWh
Burkina Faso : 0,206 $/kWh
Ces niveaux élevés s’expliquent souvent par une forte dépendance aux centrales thermiques ou aux importations d’énergie, ce qui augmente mécaniquement les coûts de production.
Les pays où l’électricité est la moins chère
À l’opposé, certains pays bénéficient de coûts très faibles :
Éthiopie : 0,006 $/kWh
Libye : 0,024 $/kWh
Zimbabwe : 0,023 $/kWh
Ces niveaux s’expliquent notamment par une forte disponibilité en ressources naturelles (notamment hydroélectriques pour certains pays) ou par des politiques de subvention importantes.
La Côte d’Ivoire dans une position intermédiaire
La Côte d’Ivoire se situe dans une zone médiane du classement, avec un prix estimé à environ 0,129 $/kWh.
Ce niveau reflète une réalité énergétique contrastée :
D’un côté, le pays occupe une position de hub énergétique en Afrique de l’Ouest, avec une capacité de production suffisante pour exporter de l’électricité vers plusieurs pays voisins. De l’autre, le coût reste influencé par les investissements continus dans les infrastructures, l’entretien du réseau et la diversification du mix énergétique.
Cette position intermédiaire montre un équilibre entre performance énergétique régionale et contraintes économiques internes. L’enjeu principal reste la maîtrise progressive des coûts afin de soutenir l’industrialisation et améliorer l’accessibilité de l’électricité pour les ménages et les entreprises.
Une fracture énergétique continentale
Les données montrent une fracture importante entre les pays africains, avec des écarts pouvant dépasser un facteur de 50 entre les tarifs les plus bas et les plus élevés.
Cette situation a des impacts directs sur :
la compétitivité industrielle
l’attractivité des investissements étrangers
le développement des industries énergivores
la croissance économique globale
Ainsi, le prix de l’électricité devient un véritable indicateur stratégique de développement.
Au-delà des chiffres, cette analyse met en lumière un enjeu central pour l’Afrique : la capacité à construire des systèmes énergétiques durables, efficaces et accessibles.
L’avenir énergétique du continent dépendra de la modernisation des infrastructures, de la diversification des sources de production et de la maîtrise des coûts pour accompagner la croissance économique.