Elle tue son mari à coups de couteau à Abobo : la vérité sur les 12 millions FCFA qui ont tout déclenché
L’affaire secoue Abobo et toute la Côte d'Ivoire depuis quelques jours. Ce qui ressemblait d’abord à un simple fait divers s’est transformé, au fil de l’enquête, en un récit glaçant de préméditation, porté par les aveux mêmes de la suspecte.
Un corps découvert dans la chambre conjugale
Tout commence le mardi 1er septembre 2026, aux environs de 22 heures. La Direction de la police criminelle (DPC) est alertée de la découverte d’un corps sans vie dans un domicile d’Abobo-Kobakro, dans le cadre de l’opération Vacances sécurisées, onzième édition. Une équipe de permanence se rend immédiatement sur place.
Sur les lieux, les policiers découvrent D.B., agent immobilier âgé de 59 ans, gisant dans une mare de sang dans la chambre conjugale. Le corps porte plusieurs plaies visibles, signe d’une attaque au couteau d’une rare violence.
Son épouse, K.A., présentée comme charlatane de profession, est aussitôt interpellée pour les besoins de l’enquête et conduite dans les locaux de la police criminelle.
Des aveux sans détour
Face aux enquêteurs, K.A. ne nie pas les faits. Elle reconnaît avoir tué son mari et livre le fil des événements qui l’auraient poussée à passer à l’acte.
Elle explique avoir remis à son époux la somme de 12 450 000 francs CFA, destinée à financer la construction d’une maison. Une somme conséquente, fruit de plusieurs années d’économies selon ses déclarations, qu’elle dit avoir confiée en toute confiance à son mari.
Mais la construction achevée, la découverte est un choc : le bien est enregistré non pas à son nom, mais à celui du fils de son époux, résidant en France. Une décision qu’elle affirme n’avoir jamais acceptée et qui aurait durablement empoisonné le couple.
Un second mariage annoncé, la mèche qui met le feu aux poudres
Au différend financier s’ajoute une autre source de tension, tout aussi explosive. Selon les déclarations de la suspecte, son mari aurait évoqué un projet de second mariage. Une perspective qu’elle dit avoir vécue comme une humiliation supplémentaire, venant s’ajouter à la frustration de la maison perdue.
C’est la conjonction de ces deux éléments, la maison au nom du fils et la menace d’un second mariage, que K.A. présente aux enquêteurs comme le mobile de son geste.
Deux couteaux neufs, achetés avant les faits
L’élément le plus troublant de ses aveux concerne la préparation du crime. K.A. affirme avoir pris la décision de tuer son mari avant même le passage à l’acte, et avoir acheté deux couteaux neufs à cette fin.
Elle aurait ensuite provoqué une dispute avec son époux, ravivant les sujets de la maison et du second mariage, avant de le frapper à plusieurs reprises avec les armes achetées quelques jours plus tôt.
Un scénario qui, si les faits sont confirmés, écarterait la thèse d’un geste de pure impulsion pour orienter l’enquête vers une préméditation.
L’enquête se poursuit
Les aveux recueillis constituent une base importante pour les enquêteurs de la police criminelle, mais l’instruction devra encore confronter ces déclarations aux constatations matérielles relevées sur les lieux et aux résultats des expertises en cours.
Reste que cette affaire, née d’un différend autour d’une maison et d’une somme de 12,45 millions de francs CFA, illustre une nouvelle fois combien les tensions autour du patrimoine familial et de la polygamie continuent de nourrir des drames conjugaux à répétition en Côte d’Ivoire.