« Moi, rebelle ? » : Guillaume Soro reprend le mot et veut réécrire son histoire
Guillaume Soro n'a jamais fui le mot. Cette fois, il choisit de le retourner. Dans une vidéo publiée le 14 septembre 2026 sur ses réseaux et intitulée « Moi rebelle ? », le président de Générations et Peuples Solidaires (GPS) s'adresse directement à ceux qu'il appelle « quelques petits malins » qui continuent, selon lui, à brandir son passé de chef de la rébellion de 2002 comme une arme politique.
En un peu plus d'une minute, l'ancien Premier ministre pose les bases d'un discours qu'il promet plus long : il reviendra, dit-il, sur la définition même du mot « rebelle », avant de replonger dans l'histoire ivoirienne pour rappeler, selon ses mots, que « la Côte d'Ivoire est faite de peuples rebelles ».
Un devoir d'« éducation de masse
Guillaume Soro ne se contente pas de répondre à ses détracteurs. Il se pose en pédagogue. « Nous avons aussi un rôle d'éducation », lance-t-il, avant d'insister sur la nécessité d'une « éducation de masse » pour que les Ivoiriens comprennent, à ses yeux, le sens réel de leur propre histoire.
Le président de GPS revendique ainsi un rôle qui dépasse la simple riposte politique. « Nous n'avons pas seulement vocation à faire des discours, nous avons aussi le devoir d'expliquer les choses, de les expliquer à nouveau pour que les uns et les autres comprennent », affirme-t-il face caméra, dans un ton posé, presque professoral.
Une sortie qui s'inscrit dans un climat tendu
Cette vidéo ne sort pas de nulle part. Elle intervient dans un contexte où Guillaume Soro multiplie les prises de parole depuis son exil. Quelques jours plus tôt, le 13 septembre, il avait déjà réagi à la polémique dite du « boubou », mettant en garde ses propres soutiens contre ce qu'il a qualifié de « piège du repli identitaire ».
Elle survient surtout à l'approche du 19 septembre, date anniversaire du déclenchement de l'insurrection armée de 2002 qui avait coupé le pays en deux. Chaque année, cette période ravive les débats sur la mémoire de cet épisode et sur la manière dont il doit être qualifié : rébellion, insurrection, ou, comme le revendiquent certains militants de GPS, un geste politique fondateur. Des voix critiques accusent régulièrement ces mêmes militants de vouloir réhabiliter cet épisode en le comparant à d'autres mouvements historiques, une lecture que Soro et son camp rejettent.
En choisissant lui-même le titre « Moi rebelle ? », Guillaume Soro semble vouloir devancer ce débat annuel plutôt que de le subir. Une manière de reprendre la main sur un mot qui, depuis plus de vingt ans, résume à lui seul sa trajectoire politique.
La suite de son intervention, promise par l'ancien chef rebelle lui-même, doit revenir en détail sur cette définition et sur l'histoire des « peuples rebelles » de Côte d'Ivoire.