Voyage aux États-Unis : 11 pays africains classés « Ne voyagez pas » par Washington, l’Ouganda, RDC dans la liste
C’est une liste qui fait réagir, et qui circule massivement sur les réseaux sociaux depuis ce mercredi 21 octobre 2026. Les États-Unis déconseillent formellement à leurs ressortissants de se rendre dans 11 pays africains, tous classés au niveau 4, le plus élevé de l’échelle du Département d’État.
Terrorisme, enlèvements, conflits armés, troubles civils, accès limité aux soins : Washington justifie ce classement par des menaces jugées sérieuses. Selon l’administration américaine, les conditions sur place peuvent mettre des vies en danger, tandis que sa capacité à porter assistance à ses citoyens peut être restreinte, voire nulle.
Les 11 pays concernés
D’après la base de données officielle du Département d’État consultée en octobre 2026, la liste comprend le Burkina Faso, la Centrafrique, le Tchad, la République démocratique du Congo (RDC), la Libye, le Mali, le Niger, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan et l’Ouganda.
Ces destinations se répartissent entre l’Afrique de l’Ouest et centrale, le Sahel, l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. Les motifs varient d’un pays à l’autre. Le Sahel est marqué par les insurrections jihadistes, tandis que le Soudan est ravagé par la guerre. Cela va des insurrections jihadistes du Sahel et de la Corne de l’Afrique à la guerre au Soudan et à l’instabilité dans certaines zones d’Afrique centrale.
Que signifie le niveau 4 ?
Le système américain compte quatre niveaux, et le niveau 4 « Do Not Travel » est le plus sévère. Il est utilisé lorsque les risques sont jugés très importants pour les voyageurs américains. Pour les citoyens américains, y compris ceux qui ont la double nationalité, le message est clair : éviter le déplacement. Le classement ne signifie pas pour autant que toutes les régions d’un pays sont exposées au même niveau de danger.
Il ne s’agit pas non plus d’un palmarès des pays les plus dangereux du monde. Il s’agit d’une évaluation de sécurité destinée aux voyageurs américains, et non d’un classement définitif.
L’Ouganda, la surprise de la liste
C’est sans doute l’entrée qui interpelle le plus. Destination prisée des safaris et du trekking de gorilles, l’Ouganda était jusqu’ici au niveau 3, « Reconsidérez votre voyage ». Washington l’a fait passer au niveau 4 à la mi-mai, à cause de l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo, partie de la province de l’Ituri en RDC.
L’Organisation mondiale de la santé a déclaré cette épidémie « urgence de santé publique de portée internationale » le 16 mai 2026. Ce jour-là, l’OMS annonçait aussi deux cas confirmés à Kampala, la capitale ougandaise.
Selon le site du Département d’État, l’avis pointe aussi la criminalité violente, qualifiée de danger réel en Ouganda, ainsi que le terrorisme. L’avis, renouvelé le 4 juin 2026, cite à la fois la criminalité, la santé, le terrorisme et l’instabilité.
La RDC et le Soudan, des alertes aux causes multiples
Pour la RDC, le Département d’État évoque la santé, la criminalité, les troubles, le terrorisme et les enlèvements. Le pays fait face à une épidémie d’Ebola, la 17e de son histoire, survenue seulement cinq mois après la fin de la précédente.
Quant au Soudan, il reste au niveau 4 en raison des troubles, de la criminalité, des enlèvements, du terrorisme, des mines terrestres et des menaces sanitaires.
Un durcissement qui touche l’Afrique de l’Ouest
Le mouvement ne concerne pas que l’Afrique centrale et orientale. Les données publiques du Département d’État pour octobre 2026 indiquent que quatre pays d’Afrique de l’Ouest sont aujourd’hui au niveau 4. Les derniers changements confirment un durcissement des avertissements dans cette partie du continent. Parmi eux, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, voisins directs ou proches de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire, elle, ne figure pas parmi les 11 pays de la liste.
Un classement qui peut changer
Ces avis ne sont pas gravés dans le marbre. Les avertissements de niveaux 3 et 4 sont réexaminés tous les six mois. Le niveau d’un pays peut donc évoluer au gré de la situation sécuritaire. Une chose reste constante : Washington recommande à ses ressortissants de consulter l’avis le plus récent de leur destination avant de réserver.