Affaire « chat noir » : Apoutchou National visé par une plainte des organisations féministes ivoiriennes
Décidément, l'influenceur ivoirien n'en finit plus de faire parler de lui pour de mauvaises raisons. Quelques mois seulement après sa condamnation dans l'affaire de blanchiment de capitaux, Apoutchou National se retrouve au cœur d'une nouvelle tempête, judiciaire cette fois, autour de propos tenus en direct sur TikTok.
Des propos tenus à la légère, une indignation qui ne l'est pas
Tout part d'un live diffusé par Apoutchou National, dans lequel l'influenceur évoque, sur le ton de l'anecdote, des comportements à caractère sexuel envers des employées de maison. Dans cet extrait devenu viral, il va jusqu'à présenter le refus d'une femme comme pouvant, selon lui, signifier son consentement. Il raconte également avoir lui-même « fait les chats noirs » dans sa jeunesse, une pratique qui consiste à profiter du sommeil d'une personne pour lui imposer des actes sexuels sans son accord.
Des déclarations qui, banalisées avec légèreté devant une audience nombreuse, ont mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux ivoiriens.
Trois organisations montent au front
Face à l'ampleur de la polémique, trois structures engagées dans la défense des droits des femmes ont décidé de réagir collectivement : l'association Stop au Chat Noir, La Ligue, ainsi que la Coalition des Organisations et Militantes Féministes de Côte d'Ivoire (COMFEMINISTECI).
Dans un communiqué de presse, ces organisations annoncent avoir « décidé de saisir les autorités compétentes et d'engager les démarches appropriées afin que les faits et déclarations concernés soient examinés et que les suites prévues par la loi puissent être données ». Une démarche qui, insistent-elles, dépasse largement le cas personnel d'Apoutchou National.
Cette démarche dépasse la seule personne d'Apoutchou National. Elle porte un message que nous estimons indispensable : Stop au Chat Noir et à sa banalisation.
ont-elles savoir.
« Le chat noir n'est pas une plaisanterie »
Dans sa réaction, l'association Stop au Chat Noir tient à rappeler la réalité de ce que recouvre cette expression, trop souvent traitée à la légère. Pour l'organisation, présenter de tels actes comme une simple anecdote de jeunesse participe directement à la culture du viol, en brouillant la notion de consentement et en tournant les violences sexuelles en dérision.
Elle dénonce également le poids de l'audience dont dispose Apoutchou National, estimant qu'une personnalité publique aussi suivie a une responsabilité particulière lorsqu'elle s'exprime sur ces sujets. Le communiqué appelle par ailleurs l'ensemble des personnalités publiques, créateurs de contenus, médias et plateformes à mesurer leurs propos lorsqu'ils abordent la question des violences sexuelles.
Un mea culpa rapide, mais une procédure déjà lancée
Conscient d'être allé trop loin, Apoutchou National s'est rendu directement dans le quartier de la jeune femme qui avait raconté publiquement son expérience du « chat noir ». Sur place, il aurait présenté ses excuses et remis à cette dernière une enveloppe de 200 000 francs CFA pour l'aider à développer une petite activité.
Un geste qui, pour l'instant, ne semble pas suffire à éteindre la colère des organisations féministes, bien décidées à obtenir que la justice se prononce sur les faits et les propos tenus.
Cette nouvelle affaire intervient alors qu'Apoutchou National reste sous le coup d'une précédente condamnation dans le dossier de blanchiment de capitaux, pour lequel le parquet avait requis sept ans de prison ferme et 240 millions de francs CFA d'amende. Un contexte judiciaire déjà chargé, qui place l'influenceur sous une pression grandissante, entre scandales à répétition et attentes d'une opinion publique de moins en moins encline à l'indulgence.