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Agboville : enceinte de 8 mois, Grâce, 21 ans, tuée à la machette par son compagnon

Agboville : enceinte de 8 mois, Grâce, 21 ans, tuée à la machette par son compagnon
Elle devait bientôt donner la vie. Lundi à l'aube, à Agboville, une jeune vendeuse de 21 ans a été tuée à la machette, et son bébé avec elle. Le principal suspect : l'homme qui partageait sa vie.
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La ville d'Agboville est sous le choc. Le quartier Amakebou a été plongé dans l'effroi dans la matinée du lundi 21 septembre 2026. Abou Ane Grâce, âgée de 21 ans et enceinte de huit mois, a été mortellement agressée à la machette avant d'être égorgée. Deux vies fauchées en quelques instants, et une question qui revient avec une douleur familière : combien de femmes encore ? linfodrome

Le suspect, c'est son compagnon. Selon les informations recueillies auprès de sa famille, il s'agit de A.A. Guy-Kévin, né le 10 décembre 1998 à Koumassi, interpellé quelques heures après les faits.

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Un drame à l'aube

Les faits se sont produits très tôt. Selon l'Agence ivoirienne de presse, la victime a été agressée à l'aube, à son domicile. D'après le communiqué officiel du ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, qui s'appuie sur les premiers éléments de la Police nationale, la jeune vendeuse a été retrouvée sans vie dans la cour de sa maison.

Les secours n'ont pu que constater le décès de la jeune femme et celui de l'enfant qu'elle portait. Des voisins avaient tenté de lui porter secours, sans parvenir à la sauver. Son corps a ensuite été transféré à la morgue de l'Établissement public hospitalier régional (EPHR) d'Agboville.

Une dispute autour de la paternité

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Qu'est-ce qui a pu mener à une telle violence ? Les premiers témoignages évoquent une querelle sur l'enfant à naître. Une dispute liée à la paternité de la grossesse aurait opposé la victime à son compagnon, qui l'aurait agressée à l'arme blanche avant de prendre la fuite.

Sa cavale n'aura pas duré. Le ministère souligne que les forces de l'ordre ont interpellé le suspect « dans les heures ayant suivi les faits », une rapidité qui témoigne, selon lui, de la détermination des autorités à « traduire son auteur devant la justice ». Les enquêteurs poursuivent désormais les investigations sur les circonstances exactes du drame. À ce stade, le suspect reste présumé innocent jusqu'à ce que la justice se prononce.

« Il préparait une autre stratégie »

Pour la famille de Grâce, ce drame n'est pas tombé du ciel. D'après le récit de Yacho Epi Rosine, la mère de la victime, il est l'aboutissement d'une longue période de violences conjugales. La jeune femme subissait régulièrement des coups de la part de son compagnon, dont le comportement inquiétait fortement son entourage.

La mère affirme avoir tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises. Elle dit avoir sollicité la police, la gendarmerie et même la famille, pour que le jeune homme cesse de s'en prendre à sa fille. Les démarches semblaient porter leurs fruits : Guy-Kévin avait arrêté pendant un temps de battre sa compagne, une accalmie que la mère croyait durable. Avec le recul, elle livre une phrase glaçante : selon elle, il préparait « son élimination ».

Ce témoignage pose une question lourde : lorsque les signaux sont là, répétés et connus de tous, qu'est-ce qui empêche encore de protéger les victimes avant l'irréparable ?

« Une barbarie inqualifiable »

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Le drame a fait réagir le gouvernement le jour même. Dans un communiqué officiel publié à Abidjan le 21 septembre, le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant dit avoir pris connaissance du drame « avec une profonde émotion et une vive indignation ». Les mots sont durs : le ministère condamne « avec la plus grande fermeté cet acte d'une barbarie inqualifiable ». Il y voit l'illustration d'une « recrudescence préoccupante » des violences faites aux femmes et des féminicides dans le pays.

Au nom du gouvernement, la ministre Nassénéba Touré adresse ses condoléances à la famille de la défunte et à toute la communauté d'Agboville, « durement éprouvée par ce drame ».

« Zéro impunité, zéro compromis »

Le ministère ne compte pas s'arrêter aux condoléances. Il promet de suivre « avec la plus grande attention » la procédure judiciaire et de veiller à ce qu'elle débouche sur « une sanction à la hauteur de la gravité des faits », conformément aux lois contre les violences basées sur le genre.

Le message se veut sans ambiguïté : aucune atteinte à l'intégrité physique ou morale des femmes, des filles ou des enfants « ne saurait être tolérée ». Le ministère rappelle que cette position s'inscrit dans l'Engagement national contre les violences basées sur le genre, dont les principes directeurs restent « zéro impunité » et « zéro compromis » face à de tels crimes.

Agboville, encore endeuillée

Ce n'est pas la première fois que la ville fait face à ce type de drame cette année. En juillet déjà, une femme y avait succombé après des violences présumées, et son ex-compagnon était activement recherché.

Face à ce drame « qui vient une fois encore endeuiller le pays », le ministère appelle les leaders communautaires, la société civile, les médias et les citoyens à se mobiliser pour mieux protéger les femmes, les filles et les enfants partout en Côte d'Ivoire. Pour la famille de Grâce, ces mots arrivent trop tard. Mais son histoire rappelle que les coups répétés ne sont jamais une « affaire de couple » : ce sont souvent les premiers signes d'un drame annoncé.

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