Bouchons à Abidjan : le Japon mobilise 44 milliards FCFA pour trois échangeurs
Les bouchons d’Abidjan vont-ils enfin céder du terrain ? Le Japon vient en tout cas de remettre la main à la poche. Mercredi 4 novembre 2026, la Côte d’Ivoire et le Japon ont signé l’échange de notes qui officialise le financement de la deuxième phase du projet de construction de trois échangeurs à Abidjan. Le montant annoncé est d’environ 44 milliards de FCFA. Il doit servir à améliorer la mobilité urbaine et à fluidifier la circulation dans le District autonome d’Abidjan.
La signature a réuni la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, et l’ambassadeur du Japon en Côte d’Ivoire, Gomakubo Junji. Le ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier, Yacouba Hien Sié, était présent. Un échange de notes est le document officiel par lequel deux États s’engagent sur un financement.
Un projet qui ne date pas d’hier
Cette deuxième phase s’inscrit dans la continuité d’un chantier lancé il y a des années. Un premier accord avait été signé dès 2018 pour doter l’ancien boulevard François Mitterrand, aujourd’hui boulevard Germain Coffi Gadeau, de trois échangeurs. Cet axe relie le centre d’Abidjan à la Riviera et à Bingerville, et reste l’un des points noirs de la circulation dans la capitale économique.
Les trois échangeurs en détail
Trois carrefours, trois ouvrages, tous situés sur le boulevard Germain Coffi Gadeau, dans la commune de Cocody.
Carrefour de l’École de police. Le premier échangeur, côté centre, comprend un pont d’environ 170 mètres. Il doit désengorger l’entrée du boulevard, là où la circulation se concentre aux heures de pointe.
Carrefour de la Riviera 3 (« Neuf Kilo »). Le deuxième ouvrage, avec un pont d’environ 221 mètres, est situé en plein cœur de la Riviera. C’est le chantier qui a connu le plus de retard, en raison de travaux connexes sur le site.
Carrefour de la Riviera Palmeraie. Le plus imposant : un fly-over de 266 mètres de long sur 20,6 mètres de large, avec trois voies dans chaque sens. Il s’accompagne du réaménagement d’environ 715 mètres du boulevard et de la construction de contre-allées pour les riverains.
Ensemble, ces trois ouvrages doivent permettre aux véhicules qui traversent la zone de rouler au-dessus des carrefours, sans s’arrêter à chaque intersection.
Ce que ces échangeurs vont changer
Le principe est simple : au lieu de se croiser au même niveau, les flux de véhicules seront séparés. Les échangeurs sont des ponts qui font passer la circulation du boulevard au-dessus des carrefours, ce qu’on appelle dénivellation. Ceux qui continuent tout droit sur l’axe roulent sur l’ouvrage, pendant que ceux qui tournent ou traversent circulent au sol.
Résultat attendu, selon les autorités : une plus grande capacité de circulation sur le boulevard. Nialé Kaba l’a résumé en rappelant que ces ouvrages doivent réduire les points de conflit entre les véhicules, donc les temps d’attente et les difficultés de circulation. Pour les usagers, cela devrait se traduire par des trajets plus rapides et plus réguliers entre Cocody, la Riviera et Bingerville, surtout aux heures de pointe.
L’effet ne s’arrête pas aux automobilistes. Un axe plus fluide, c’est aussi un meilleur acheminement des marchandises et des personnes dans le Grand Abidjan, avec à la clé un coup de pouce à l’activité économique de la ville.
La date, grande absente
C’est la question que tout le monde se pose, des habitants de Cocody à ceux de Bingerville : quand ces échangeurs seront-ils livrés ? L’annonce ne donne aucun calendrier pour cette deuxième phase. Il faudra donc patienter pour savoir quand ces milliards se traduiront, concrètement, par des trajets moins longs sur le boulevard.