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Côte d’Ivoire : Cahié Kunta incarcéré à l’ex-MACA, que reproche-t-on au président des Chapeaux Rouges ?

Côte d’Ivoire : Cahié Kunta incarcéré à l’ex-MACA, que reproche-t-on au président des Chapeaux Rouges ?
Convoqué à la PLCC le 26 octobre, le président du mouvement citoyen a été déféré puis écroué le lendemain. Il lui est reproché un trouble à l'ordre public lié à une vidéo sur les gbakas et Canal+, une invective et la diffusion de fausses informations.
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Le chapeau rouge vissé sur la tête, il était devenu un habitué des conférences de presse et des appels à la mobilisation. Cahié Kunta, président du mouvement Les Chapeaux Rouges, est désormais incarcéré au Pôle pénitentiaire d'Abidjan (PPA), l'ex-MACA. L'information a été rendue publique par un communiqué du secrétariat général du mouvement, daté du 31 octobre 2026 et relayé par la presse ivoirienne à partir du 2 novembre.

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Côte d’Ivoire : Cahié Kunta incarcéré à l’ex-MACA, que reproche-t-on au président des Chapeaux Rouges ?

Du bureau de la PLCC à l'ex-MACA : la chronologie

Tout part d'une convocation. Le lundi 26 octobre 2026, Cahié Kunta se présente à la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC). À l'issue de son audition, il est retenu dans les locaux de la structure, où il passe la nuit. Le lendemain, mardi 27 octobre, il est déféré devant le parquet, puis transféré au PPA, l'ex-MACA, selon le communiqué du mouvement. Plusieurs médias évoquent un placement sous mandat de dépôt.

Trois faits lui sont reprochés, d'après le texte signé du secrétaire général, Aka Gervais :

  1. le trouble à l'ordre public, à la suite d'une vidéo relative aux gbakas et à Canal+ ;

  2. l'invective ;

  3. la diffusion de fausses informations à l'aide d'un système informatique automatisé.

Une source sécuritaire citée par Linfodrome apporte un autre éclairage : une plainte de la BNI pour diffamation, ainsi qu'une saisine pour trouble à l'ordre public, seraient à l'origine de l'arrestation et de sa présentation au procureur. Ce point ne figure pas dans le communiqué des Chapeaux Rouges. À ce stade, ni le contenu exact de la vidéo ni les termes de la plainte n'ont été détaillés publiquement, et aucune réaction officielle du parquet, de la BNI ou de Canal+ Côte d'Ivoire n'était connue à cette heure.

Le mouvement, lui, appelle ses membres et sympathisants au calme et à rester attentifs aux prochaines communications officielles, en rappelant que la procédure judiciaire suit son cours.

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Les Chapeaux Rouges, c'est quoi ?

Né le 5 décembre 2025, le mouvement se présente comme citoyen et apolitique, engagé contre ce qu'il appelle les injustices sociales. Son emblème, un chapeau rouge, est devenu sa signature. Sa marque de fabrique : des revendications ancrées dans le quotidien, portées par des conférences de presse, des courriers aux institutions et des appels à la mobilisation, autour du coût de la vie et des droits des consommateurs. Avant les loyers et Canal+, il s'était aussi fait connaître sur la régulation des VTC.

À sa tête, Cahié Kunta, de son nom complet Cahié Kunta Guy Joël, présenté comme auteur et chef d'entreprise. En 2025, il avait déjà été identifié comme dirigeant d'un autre mouvement, Génération 2.0. Si Les Chapeaux Rouges revendiquent leur neutralité politique, Hub24 rappelle que leur président a déjà pris publiquement des positions politiques par le passé. Cette étiquette « apolitique » relève donc de l'auto-définition du mouvement, pas d'une qualification indépendante.

Loyers : le premier grand combat

C'est sur la cherté des loyers à Abidjan que le mouvement a d'abord fait parler de lui. Lors d'une conférence de presse tenue le 19 février 2026 à Cocody, il dénonçait des loyers exorbitants, des propriétaires abusifs et un système qui, selon lui, ignore les droits fondamentaux des locataires. Il pointait des studios proposés entre 600 000 et 700 000 francs CFA dans certaines zones prisées, contre 100 000 à 300 000 francs CFA dans d'autres quartiers.

Une marche pacifique avait été annoncée pour le 28 février. Elle a été maintenue, la préfecture ayant toutefois invité le collectif à soumettre un nouveau tracé.

Canal+ : la bataille des 200 FCFA

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C'est le dossier qui a propulsé le mouvement sur le devant de la scène. Le 22 mai 2026, Cahié Kunta dénonce l'application de 200 FCFA supplémentaires sur les formules d'abonnement et de réabonnement de Canal+ Côte d'Ivoire, selon lui sans explication préalable. Il s'attaque aussi à l'accès à la RTI sur le bouquet, devenu difficile sans abonnement spécifique, alors que les usagers s'acquittent déjà d'une redevance audiovisuelle via leurs factures d'électricité.

Le mouvement annonce un boycott et une manifestation pacifique le vendredi 29 mai devant le siège de Canal+ à Abidjan, après avoir déposé une déclaration à la préfecture le 20 mai. Son président revendique alors des milliers de sympathisants dans une dizaine de villes.

Le 2 juin, Cahié Kunta est reçu à la Préfecture de police d'Abidjan, face à des représentants de Canal+ Côte d'Ivoire, dont la directrice des opérations et le directeur des moyens généraux. Selon lui, ils s'engagent à transmettre les revendications à leur direction générale, et une nouvelle séance de travail est fixée au 9 juin.

Faute d'avancée, le mouvement change de terrain. Le 24 août, lors d'une conférence de presse à Yopougon, Cahié Kunta annonce avoir saisi le Conseil d'État contre Canal+ Côte d'Ivoire. Le motif principal : le non-respect du décret 2020-643 du 19 août 2020, qui oblige les opérateurs de bouquets satellitaires à rendre les chaînes nationales accessibles à leurs abonnés sans facturation. Plusieurs courriers adressés à la chaîne, au ministère de la Communication et à la HACA seraient restés sans suite, affirme-t-il. Il parle d'une action en justice menée « contre l'État de Côte d'Ivoire ».

Comme tout justiciable, Cahié Kunta bénéficie de la présomption d'innocence. La procédure suit son cours et il reviendra à la justice de qualifier les faits. Le dossier rappelle d'autres affaires récentes nées de vidéos diffusées en ligne, à l'image du cas d'Ibrahim Zigui, condamné à cinq ans de prison ferme avant d'obtenir sa liberté provisoire le 6 juillet 2026.

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