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Brésil : le président Lula réélu grâce à WhatsApp ? L’« armée numérique » qui a tout renversé

Brésil : le président Lula réélu grâce à WhatsApp ? L’« armée numérique » qui a tout renversé
Distancé au premier tour, Lula a remporté la présidentielle brésilienne en transformant un simple canal WhatsApp en machine de guerre électorale. De quelques dizaines de milliers d’abonnés, il est passé à 11 millions en trois semaines.
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Personne ne l’attendait à ce niveau. Le dimanche 25 octobre 2026, Luiz Inácio Lula da Silva a remporté le second tour de la présidentielle brésilienne avec 51,79 % des voix face à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Pourtant, quelques semaines plus tôt, tout semblait joué : au premier tour, le candidat de gauche pointait derrière son rival d’extrême droite, avec 45 % des suffrages contre 47 %, soit plus de 2 millions de voix de retard. Pour inverser la tendance, Lula a pu compter sur une arme inattendue : son « armée numérique ».

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Brésil : le président Lula réélu grâce à WhatsApp ? L’« armée numérique » qui a tout renversé

Un canal WhatsApp rebaptisé « l’Armée de Lula »

Derrière ce concept se cache le député André Janones. À l’origine, le canal WhatsApp de Lula servait de manière très classique, avec quelques messages envoyés à une communauté de quelques dizaines de milliers d’abonnés. Dès le lendemain du premier tour, Janones le rebaptise « Exército do Lula », l’Armée de Lula, et change les règles du jeu.

Le principe est simple : chaque jour, les sympathisants reçoivent des « missions ». Partager des vidéos de campagne, relayer des hashtags, diffuser des memes, faire circuler les messages de Lula auprès de leurs proches, voire aller convaincre en personne des électeurs hésitants. L’objectif est de rendre le candidat omniprésent et de transformer chaque supporter en relais de campagne.

Le résultat est vertigineux. En trois semaines, le canal passe d’environ 50 000 abonnés à 11 millions, soit une hausse de 21 900 %. Le jour du vote, il comptait plus de cinq fois les abonnés de son équivalent côté bolsonariste.

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Ne pas liker, ne pas partager : la tactique anti-algorithme

La méthode ne se contente pas d’imiter celle de Jair Bolsonaro, qui avait fait de WhatsApp un outil central de sa campagne de 2018. Le camp Lula a cherché à mieux comprendre le fonctionnement des algorithmes. Janones demande ainsi à ses abonnés de ne pas interagir avec les contenus d’extrême droite : ni like, ni partage, ni commentaire. L’idée est de ne pas leur offrir de visibilité supplémentaire, car chaque interaction nourrit la portée d’une publication.

Quand la tentative de blocage se retourne contre ses auteurs

Le canal devient si central que le camp Bolsonaro monte au créneau. Le 11 octobre, il saisit la justice électorale pour demander la suspension du canal. Selon l’opposition, cette diffusion massive et coordonnée s’apparente à une campagne de propagande abusive. Le parti de Bolsonaro estime aussi que le canal contourne les règles de la plateforme, mène des attaques ciblées contre ses candidats et diffuse de fausses informations.

Le canal est bien suspendu, mais pour quelques heures seulement. Rétabli en moins de 24 heures, il continue de recruter. Pour plusieurs analystes, cette tentative de blocage aurait même produit l’effet inverse de celui escompté, en renforçant la mobilisation autour de Lula. Meta, propriétaire de WhatsApp, n’a de son côté relevé aucune irrégularité dans la croissance du canal.

Une stratégie qui fait déjà des émules

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Brésil : le président Lula réélu grâce à WhatsApp ? L’« armée numérique » qui a tout renversé

Le modèle intéresse bien au-delà du Brésil. En France, la campagne « On bloque l’extrême-droite » appelle à bloquer massivement des comptes d’extrême droite sur les réseaux sociaux, avec le même objectif : limiter leur visibilité en évitant toute interaction avec leurs contenus.

Reste à mesurer le poids réel de cette armée numérique dans le scrutin. Les analystes citent aussi d’autres facteurs, comme une participation en hausse au second tour, un bilan économique plutôt favorable et la mobilisation des jeunes. Flávio Bolsonaro, lui, refuse de reconnaître le résultat et veut demander l’annulation du scrutin

En Côte d’Ivoire comme dans une grande partie de l’Afrique, WhatsApp est l’un des premiers canaux d’information et d’échange. L’exemple brésilien montre le poids qu’une messagerie privée peut prendre dans une campagne lorsqu’elle est utilisée comme outil de mobilisation de masse.

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