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Électricité : Washington mise 300 millions de dollars sur le réseau ivoirien, les députés donnent leur feu vert

Électricité : Washington mise 300 millions de dollars sur le réseau ivoirien, les députés donnent leur feu vert
Le chèque américain est signé, la commission parlementaire a voté à l’unanimité, et la Côte d’Ivoire vise désormais le titre de grand hub électrique d’Afrique de l’Ouest.
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Les États-Unis vont injecter 300 millions de dollars, soit environ 171 milliards de FCFA, dans le réseau électrique ivoirien. Après des mois de procédures, le dossier a franchi une nouvelle étape le mardi 27 octobre 2026. Les commissaires de l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité le projet de loi autorisant la ratification des accords liés au Compact régional pour l’énergie, financé par le Millennium Challenge Corporation (MCC), l’agence américaine d’aide au développement.

Ce n’est pas un chantier de plus. À travers ce programme, Abidjan veut moderniser ses lignes et ses équipements, et surtout peser davantage sur le marché régional de l’électricité de la CEDEAO.

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Un don, pas un prêt

Il s’agit d’un don des États-Unis, que la Côte d’Ivoire n’aura donc pas à rembourser. L’enveloppe totale du Compact atteint 322,5 millions de dollars sur cinq ans : 300 millions apportés par le MCC et 22,5 millions financés par l’État ivoirien.

Le projet de loi a été présenté aux députés par Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur. Selon lui, l’argent doit servir à remettre à niveau le réseau et à le rendre plus fiable et plus stable. Le programme doit aussi permettre à la Côte d’Ivoire de participer davantage aux échanges d’électricité dans la sous-région, dans le respect des règles de la CEDEAO.

Électricité : Washington mise 300 millions de dollars sur le réseau ivoirien, les députés donnent leur feu vert
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Où va l’argent ?

Le programme repose sur deux piliers.

Le premier soutient la deuxième phase du West African Power Pool (WAPP), le marché régional de l’électricité de la CEDEAO. Le second modernise le réseau national pour qu’il réponde aux exigences techniques des échanges transfrontaliers.

Concrètement, les investissements annoncés visent :

  • la modernisation des équipements électriques ;

  • l’amélioration des technologies d’exploitation du réseau ;

  • le stockage de l’énergie ;

  • le développement des énergies renouvelables.

Le programme prévoit aussi de renforcer les capacités opérationnelles des acteurs du secteur. L’objectif est d’augmenter la quantité d’électricité que la Côte d’Ivoire échange avec ses voisins.

Un long feuilleton, de Washington à Abidjan

Le dossier avance depuis plusieurs années. En 2024, le MCC avait retenu la Côte d’Ivoire comme pivot du Compact régional énergie. Alice Albright, alors directrice exécutive de l’agence, avait salué la qualité de la politique énergétique ivoirienne pour justifier ce choix.

L’accord de don a ensuite été signé le 16 septembre 2025 à Abidjan, sous la présidence du Premier ministre Robert Beugré Mambé. Un accord de mise en œuvre a suivi à Washington en avril 2026, signé par le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly. Le gouvernement a validé l’accord de don en Conseil des ministres le 5 août 2026, comme l’a annoncé le porte-parole Amadou Coulibaly.

Pour piloter le programme, l’État a créé une structure dédiée, MCA Côte d’Ivoire Régional, assortie d’un comité de pilotage.

Les députés ont posé des questions

L’unanimité en commission n’a pas empêché les débats. Les élus se sont inquiétés des conditions de mise en œuvre du programme et de son impact sur les finances publiques.

Adama Dosso a répondu que les exonérations fiscales font partie du cadre habituel des financements sous forme de don. Il a aussi rappelé pourquoi le Parlement doit intervenir : certaines dispositions des deux accords, conclus le 16 septembre 2025 et en avril 2026, dérogent au droit ivoirien, notamment en matière fiscale et de législation du travail. L’article 120 de la Constitution impose donc une autorisation parlementaire.

La ratification est attendue avant le 12 novembre 2026.

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Un pays déjà bien branché

La Côte d’Ivoire part avec de solides atouts. Elle exporte déjà de l’électricité vers le Ghana, le Burkina Faso, le Mali, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Elle est considérée comme le troisième système électrique de la région.

À l’intérieur du pays, les chiffres progressent. En 2024, l’État a consacré 253 milliards de FCFA (environ 444,5 millions de dollars) aux infrastructures électriques. Le taux de couverture nationale est passé de 88 % à 94,3 %, et le taux d’accès à l’électricité de 97,2 % à 98,8 %. Le réseau compte 4,59 millions d’abonnés, avec plus de 539 000 nouveaux branchements réalisés dans le cadre du programme Électricité pour Tous.

Reste un point sensible, reconnu par les autorités lors de l’annonce du Compact en 2024 : la disponibilité du gaz naturel et l’équilibre financier du secteur, car le prix de vente de l’électricité ne couvre pas encore son coût de production.

Pour les États-Unis, il s’agit de bâtir un marché régional de l’électricité plus solide en Afrique de l’Ouest, avec la Côte d’Ivoire comme pièce maîtresse. Le Département d’État américain affirme que le Compact doit renforcer la compétitivité des secteurs qui ont besoin d’un courant fiable, comme l’industrie, le numérique et les services. Il précise que le programme s’inscrit dans la stratégie ivoirienne de stabilisation du réseau.

Pour Abidjan, l’enjeu est de consolider son statut de hub énergétique de la sous-région, au moment où la demande industrielle augmente.

La prochaine échéance est parlementaire : le vote des députés en séance plénière, puis la ratification avant le 12 novembre. Les travaux sur le terrain pourront ensuite être lancés.

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