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Fini les longues heures au salon ? Cette ingénieure nigériane invente un robot qui fait les tresses

Fini les longues heures au salon ? Cette ingénieure nigériane invente un robot qui fait les tresses
Yinka Ogunbiyi a transformé une galère de confinement en machine à 7 millions de dollars. Son robot HaloBraid promet de faire gagner des heures aux clientes sans jamais écarter la coiffeuse.
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Quiconque a déjà passé une journée entière sur une chaise de salon pour des tresses sait de quoi on parle : les heures qui s’étirent, la nuque qui tire, le téléphone qui n’a plus de batterie. Une ingénieure a décidé que cette scène, vieille de plusieurs millénaires, n’avait plus de raison de durer. Son nom : Yinka Ogunbiyi. Sa réponse : un robot.

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Fini les longues heures au salon ? Cette ingénieure nigériane invente un robot qui fait les tresses

Le déclic : quatre jours de tresses pendant le confinement

Tout commence pendant la pandémie de Covid-19. Yinka Ogunbiyi passe quatre jours à poser elle-même ses tresses sans nœuds et mesure alors l’énorme temps et l’effort physique que demande cette coiffure. Pour elle, qui porte des tresses depuis toujours, le problème n’est plus seulement une corvée : c’est un défi d’ingénieure. Elle se met à étudier le tressage comme un problème d’ingénierie.

Elle compare le geste à de la couture à la main, en rappelant que la machine à coudre existe depuis un siècle. Si la couture a eu sa machine, pourquoi pas le tressage ?

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Qui est Yinka Ogunbiyi ?

Née à Londres, formée à Harvard, Yinka Ogunbiyi est ingénieure en biomécanique et aussi cheffe cuisinière et créatrice de recettes. Elle a rejoint Cambridge, dans le Massachusetts, pour ses études à Harvard, où elle est diplômée en ingénierie et d’un MBA de la Harvard Business School. Certains médias nigérians la présentent comme une jeune ingénieure nigériane-américaine d’à peine 27 ans, un âge que nous n’avons pas pu vérifier de manière indépendante.

Elle n’a pas fait le chemin seule. Avec son cofondateur David Afolabi, elle a passé quatre ans à développer HaloBraid. Tous deux sont d’anciens de Harvard d’origine nigériane et ont fabriqué 450 prototypes en 18 mois, réalisant des milliers de tresses, y compris sur les cheveux de Yinka elle-même.

Comment fonctionne HaloBraid ?

Fini les longues heures au salon ? Cette ingénieure nigériane invente un robot qui fait les tresses

Premier point à comprendre : ce n’est pas un robot qui remplace la coiffeuse. HaloBraid est conçu comme un robot collaboratif, un « cobot », qui travaille aux côtés des tresseuses et non à leur place.

Le principe tient en trois temps :

  1. La coiffeuse sépare les cheveux et démarre chaque tresse.

  2. Elle place ensuite les cheveux dans l’appareil, qui prend en charge le tissage répétitif sur la longueur.

  3. Une fois terminé, la professionnelle décroche la machine pour finir, couper et sceller les pointes selon les souhaits de la cliente.

Selon l’entreprise, l’appareil est pensé pour ménager les cheveux et peut réaliser des tresses sans nœuds comme des box braids. Côté vitesse, la firme avance que cette partie du travail peut aller jusqu’à cinq fois plus vite, un gain qui varie selon la coiffure.

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Une bataille pour les mains des coiffeuses

Derrière la prouesse technique, il y a une question de santé. Beaucoup de coiffeuses souffrent de troubles liés aux gestes répétitifs, comme le syndrome du canal carpien, l’arthrose ou des douleurs chroniques au dos, après des années de tressage. Une styliste a même confié à Yinka Ogunbiyi qu’elle avait du mal à porter son nouveau-né tant ses mains étaient douloureuses après de longues journées de travail.

Le calcul est aussi économique. Selon l’inventrice, une séance de tresses dure environ six heures et coûte entre 200 et 300 dollars. Pour la tresseuse, gagner du temps signifie recevoir plus de clientes dans une journée sans s’abîmer les mains. Pour la cliente, cela veut dire moins d’heures sur la chaise et, potentiellement, une meilleure organisation de son agenda.

Des chiffres qui donnent le vertige

Les fondateurs s’appuient sur des données qui expliquent l’ampleur du marché visé :

  • Halo estime à environ huit milliards le nombre d’heures passées chaque année dans le monde à tresser des cheveux.

  • Dans un sondage mené auprès de 2 000 personnes, 95 % ont dit qu’elles se feraient tresser plus souvent si le processus était plus rapide.

  • Aux États-Unis, la tresse est la coiffure préférée de 20 millions de personnes, qui repassent par cette étape toutes les huit semaines.

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De Harvard à 7 millions de dollars

La machine a d’abord séduit les jurys. Halo Braid a remporté en 2025 le President’s Innovation Challenge, le concours de start-up des Harvard Innovation Labs ouvert aux étudiants et aux anciens.

Puis sont venus les investisseurs. Le 23 juin 2026, Halo a annoncé avoir levé 7 millions de dollars pour lancer HaloBraid. Le tour de table est mené par 776, le fonds d’Alexis Ohanian, cofondateur de Reddit, avec la participation de Bling Capital et d’AlleyCorp. Dans un secteur où les entreprises sans revenus lèvent rarement autant, l’exploit est notable. L’ambition affichée est de devenir le « Dyson » des cheveux texturés.

L’argent doit servir à muscler l’équipe, qui compte environ 15 personnes, à produire en plus grand nombre et à nouer des partenariats avec des salons.

Ce qui est déjà acquis… et ce qui reste à prouver

L’effet d’annonce a été immédiat. La mission américaine au Nigeria a salué l’invention sur X, évoquant plus de 7 000 salons en liste d’attente. Une réserve s’impose toutefois : cette liste d’attente ne représente pas forcément des achats confirmés ni une utilisation réelle de l’appareil. L’impact à long terme dépendra aussi de la façon dont la machine se comporte sur différentes textures de cheveux et différents types de tresses.

Les questions pratiques restent ouvertes. L’entreprise n’a annoncé ni prix de vente ni date de sortie précise et promet des détails à mesure que le produit approche du marché. Une arrivée dans les salons est évoquée pour l’automne, tandis que d’autres sources parlent d’un lancement prévu fin 2026.

Pour l’instant, HaloBraid vise d’abord le marché américain. Mais l’histoire résonne bien au-delà : la tresse est un art, un métier et une économie qui fait vivre des milliers de coiffeuses sur le continent. Une machine qui promet de ménager leurs mains sans leur voler le geste créatif pose une question simple aux salons d’Abidjan et d’ailleurs : qui sera le premier à l’adopter, et à quel prix ?

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