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Côte d’Ivoire : vers une pénurie inévitable d’attiéké ? Alerte sur un virus ravageur du manioc venu d’Afrique de l’Est

Des feuilles de manioc et ces racines
Le ministère de l’Agriculture a lancé une alerte officielle : une souche ultra-agressive du virus de la mosaïque a été détectée dans l’Ouest ivoirien. Sans traitement connu, cette menace fait peser un risque réel sur la production nationale de manioc et, par extension, sur la disponibilité de l’attiéké.
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Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières (MINADERPV) a émis une circulaire officielle n°039/MINADERPV/DGPSA/DPVCQ en date du 28 mars 2026, alertant les acteurs de la filière manioc sur la présence de la souche ougandaise du virus de la mosaïque du manioc de l’Afrique de l’Est (EACMV-Ug) en Côte d’Ivoire.

Selon le communiqué adressé aux professionnels du secteur, cette souche virale a été formellement identifiée dans la zone Ouest du pays. Particulièrement agressive, elle constitue une menace sérieuse pour la production de manioc, la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs.

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Du manioc

Une maladie virale sans traitement curatif

Le virus de la mosaïque du manioc est l’un des plus destructeurs affectant cette culture en Afrique. La souche EACMV-Ug se distingue par sa virulence et sa capacité de propagation rapide. Elle se manifeste par des mosaïques chlorotiques sur les feuilles, un jaunissement, des déformations du feuillage ainsi qu’un rabougrissement des plants, pouvant entraîner des pertes de rendement très importantes, voire totales dans les cas les plus sévères.

La maladie se propage principalement par le matériel végétal infecté, notamment les boutures, mais aussi par des insectes vecteurs tels que la mouche blanche (Bemisia tabaci). Certaines pratiques culturales contribuent également à sa dissémination.

Un précédent alarmant en Afrique de l’Est

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Le communiqué rappelle qu’en Ouganda, dans les années 1990, cette maladie virale a provoqué une chute drastique de la production annuelle de manioc, passée de 3,5 millions à 0,5 million de tonnes. Cette situation s’est accompagnée de pertes financières estimées à 36,4 milliards de francs CFA par an et a entraîné une grave crise alimentaire.

Ces précédents illustrent le niveau de risque que représente aujourd’hui la présence de cette souche en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire, le manioc occupe une place essentielle dans l’alimentation des populations et dans l’économie rurale. Il constitue une source de revenus pour de nombreux producteurs et un pilier des systèmes alimentaires locaux.

L’apparition de cette maladie dans l’Ouest du pays fait craindre une propagation à d’autres zones de production, avec des conséquences potentielles sur la disponibilité alimentaire et les moyens de subsistance.

Des mesures strictes pour contenir la propagation

Face à cette situation préoccupante et en l’absence de traitement curatif, les autorités ont décidé de renforcer les mesures préventives.

La circulaire interdit formellement tout prélèvement, transport ou diffusion de boutures de manioc en provenance des zones infestées de l’Ouest. De même, tout échange formel ou informel de matériel végétal entre producteurs est proscrit.

Les directions déconcentrées du MINADERPV, l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), ainsi que les institutions de recherche agricole, dont le Centre national de recherche agronomique (CNRA), sont chargées d’assurer la diffusion de l’information, de veiller à l’application stricte des mesures et de renforcer la surveillance phytosanitaire.

Appel à la vigilance collective

La Direction générale des productions et de la sécurité alimentaire appelle l’ensemble des acteurs de la filière à la vigilance et au respect strict des mesures mises en place. Elle insiste sur l’importance d’utiliser des boutures saines, d’éviter tout mouvement de matériel végétal suspect et de signaler rapidement tout cas de contamination.

Dans un contexte marqué par l’absence de traitement curatif, seule une prévention rigoureuse permettra de limiter la propagation du virus et de préserver le potentiel de production du manioc en Côte d’Ivoire.Côte d’Ivoire : vers une pénurie inévitable d’attiéké ? Alerte sur un virus ravageur du manioc venu d’Afrique de l’Est

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