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Dormir en Côte d’Ivoire coûtera plus cher : ce que change la taxe de nuitée de l’annexe fiscale 2026

Un résidence
Depuis le 5 janvier 2026, les usagers des services d’hébergement en Côte d’Ivoire doivent s’acquitter d’une taxe de nuitée obligatoire, marquant une étape majeure dans la mobilisation des recettes des collectivités territoriales.
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Comprendre l’annexe fiscale et son élaboration

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L’annexe fiscale est un document stratégique joint à la loi de finances annuelle. Adoptée par le Parlement ivoirien Assemblée nationale et Sénat au mois de décembre, elle fixe les nouvelles orientations de la politique fiscale applicables à l’année budgétaire suivante.

Pour l’exercice 2026, l’annexe fiscale comprend 41 mesures structurées autour de 6 axes principaux, visant notamment le renforcement de la mobilisation des ressources nationales, l’amélioration du rendement fiscal et le soutien à l’activité économique. Ces dispositions trouvent leur fondement juridique dans la loi n°2025-987 du 19 décembre 2025, publiée au Journal Officiel n°27 spécial, avec une entrée en vigueur effective au 5 janvier 2026.

La taxe de nuitée : une réforme au bénéfice des communes

Parmi les innovations majeures introduites cette année figure la taxe de nuitée. Déjà proposée en 2025 mais rejetée par le Parlement, cette mesure fait son retour dans le cadre de l’annexe fiscale 2026. Elle vise à accroître les ressources financières des collectivités territoriales en s’appuyant sur le dynamisme du secteur hôtelier et des résidences meublées.

Inspirée de la taxe de séjour pratiquée dans plusieurs pays européens, cette réforme s’inscrit dans une logique de décentralisation financière, permettant aux communes de bénéficier directement de l’activité touristique sur leur territoire.

Grille tarifaire par catégorie d’établissement

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Le montant de la taxe est fixé par nuitée et par client, en fonction du standing de l’établissement :

  • Hôtels sans étoile : 500 FCFA par nuitée et par client

  • Hôtels 1 étoile : 1 000 FCFA par nuitée et par client

  • Hôtels 2 étoiles : 1 500 FCFA par nuitée et par client

  • Hôtels 3 étoiles et plus : 2 000 FCFA par nuitée et par client

  • Résidences meublées (District d’Abidjan) : 1 000 FCFA par nuitée

  • Résidences meublées (hors Abidjan) : tarif variable selon la taille de la collectivité territoriale d’implantation

Modalités de collecte et obligations des opérateurs

La taxe de nuitée doit être clairement mentionnée sur la facture remise au client, distinctement du prix hors taxes (HT) et de la TVA. Les hôteliers et propriétaires de résidences meublées interviennent en qualité de collecteurs pour le compte des collectivités locales.

Les obligations se déclinent comme suit :

  1. Encaissement : la taxe est perçue au moment du règlement du séjour par le client.

  2. Reversement : les montants collectés doivent être reversés au trésorier municipal au plus tard le 15 du mois suivant l’encaissement.

  3. Sanctions : tout manquement à ces obligations expose l’opérateur à des sanctions fiscales et pénales prévues par la réglementation en vigueur.

Enjeux et conséquences pour le secteur de l’hébergement

Pour les communes, la taxe de nuitée constitue une nouvelle source de financement destinée à soutenir les infrastructures locales et les services publics. Elle renforce ainsi l’autonomie financière des collectivités dans un contexte de décentralisation accrue.

Du côté des opérateurs hôteliers, l’intégration de cette taxe pourrait entraîner une hausse effective du coût du séjour estimée entre 5 et 10 %, selon le standing des établissements et leur politique tarifaire. Dans un contexte post-CAN 2025, où la Côte d’Ivoire cherche à consolider son attractivité touristique et économique, les professionnels du secteur devront faire preuve de pédagogie auprès de leur clientèle.

L’adaptation des systèmes de réservation et de facturation, ainsi qu’une communication transparente sur cette nouvelle obligation fiscale, seront essentielles afin d’éviter les litiges commerciaux et de garantir une mise en œuvre harmonieuse de la réforme.

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