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Droit à l'image des élèves : le ministère met fin aux vidéos tournées en classe sans l'accord des parents

Droit à l'image des élèves : le ministère met fin aux vidéos tournées en classe sans l'accord des parents
Plus question de filmer les élèves en classe pour faire le buzz. Dans une note ferme, le ministère de l'Éducation nationale rappelle qu'aucune image d'enfant ne peut circuler sur les réseaux sociaux sans l'accord des parents.
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Salles de classe transformées en plateaux de tournage, élèves pris à témoin face caméra, trends dansés ou photos entre deux leçons : depuis plusieurs mois, les vidéos d'enseignants tournées avec leurs élèves se multiplient sur les réseaux sociaux, TikTok en tête. Une tendance devenue virale, qui amuse autant qu'elle inquiète. Le ministère de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique a décidé de réagir. Dans une note datée du 22 septembre 2026, il rappelle à l'ordre enseignants et personnels d'encadrement sur un principe fondamental : le droit à l'image des élèves.

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Une note officielle signée par la DELC

La correspondance, référencée N° 1016/MENAET/DELC, émane de la Direction des écoles, lycées et collèges. Elle est signée par son directeur, Zambli Bi Zamblé Germain, inspecteur de l'enseignement préscolaire et primaire, et adressée aux directeurs régionaux de l'Éducation nationale pour suivi, ainsi qu'aux chefs de circonscription du primaire et aux chefs d'établissement pour exécution.

Le constat de départ est sans détour. « Il m'est donné de constater que certains enseignants procèdent, au sein des établissements scolaires, à la prise de photographies ou à l'enregistrement de séquences vidéo mettant en scène des élèves », écrit le directeur. Des images captées pendant les cours, dans les cours de récréation ou lors d'activités scolaires, avant d'être diffusées sur les réseaux sociaux ou d'autres plateformes numériques.

Droit à l'image des élèves : le ministère met fin aux vidéos tournées en classe sans l'accord des parents
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Pas de photo ni de vidéo sans l'accord des parents

Le ministère ne diabolise pas pour autant le numérique. La note reconnaît que ces outils peuvent contribuer à valoriser les activités pédagogiques et à faire rayonner la vie scolaire. Mais elle pose une limite claire : cette utilisation ne saurait se faire « au mépris des droits fondamentaux des élèves, particulièrement de leur droit au respect de leur image et de leur vie privée ».

Le rappel est donc net. L'image d'un élève ne peut être captée, utilisée, publiée ou diffusée à des fins personnelles ou sur les réseaux sociaux sans l'accord des parents. En conséquence, les personnels sont « formellement » invités à s'abstenir de toute prise de vue ou diffusion de contenus permettant d'identifier des élèves lorsque les autorisations et garanties requises ne sont pas réunies.

Le directeur appelle chacun à faire preuve de « responsabilité, de discernement et de professionnalisme » dans l'usage des outils numériques et des réseaux sociaux, et compte sur le sens des responsabilités de la hiérarchie pour faire respecter l'instruction.

Sur TikTok, la salle de classe devenue un décor

Cette note ne tombe pas du ciel. Depuis un bon moment, il est devenu courant de voir sur TikTok des enseignants se filmer en pleine classe avec leurs élèves. Certains font du live directement depuis l'estrade, d'autres publient des séquences où des enfants répondent maladroitement à une question, se font reprendre devant leurs camarades ou participent, parfois sans vraiment comprendre, à des challenges à la mode.

Ces contenus cumulent souvent des milliers de vues et de commentaires. Mais derrière les rires, des voix se sont élevées sur les réseaux pour dénoncer l'exposition de ces enfants. Parents, internautes et acteurs de l'éducation ont alerté sur les risques : moqueries, harcèlement, humiliation publique, ou encore images qui restent en ligne des années et peuvent suivre un élève bien après l'école. Un enfant filmé en train de se tromper au tableau n'a, par définition, jamais donné son consentement à devenir un « mème ».

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Protéger les enfants à l'ère des réseaux

L'enjeu est d'autant plus sensible que les élèves concernés sont mineurs, souvent très jeunes, et n'ont ni la maturité ni les moyens de s'opposer à leur mise en scène. Face à l'enseignant, figure d'autorité, difficile de dire non à la caméra. Sans compter que ces vidéos exposent aussi des éléments identifiables : visages, uniformes, noms d'établissements, parfois même le nom de l'enfant prononcé à voix haute.

En Côte d'Ivoire, la loi de 2013 relative à la protection des données à caractère personnel encadre déjà la collecte et la diffusion d'informations permettant d'identifier une personne, image comprise. La note de la DELC vient rappeler que l'école, lieu d'apprentissage et de protection, ne peut pas devenir une vitrine pour les réseaux sociaux au détriment de ceux qu'elle est censée protéger.

L'instruction ne met pas fin à la communication autour de la vie scolaire, mais elle en fixe les règles : autorisation des parents d'abord, publication ensuite. Reste désormais à voir comment elle sera appliquée dans les établissements, et si les comptes qui ont fait de la salle de classe leur fonds de commerce sauront changer de décor.

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