Février 2026 : Le Black History Month fête ses 100 ans d'histoire
Nous sommes en février. Mois de l’amour, des fleurs et des déclarations passionnées.
Mais savais-tu que février n’est pas seulement le mois de la Saint-Valentin ? C’est aussi et surtout celui de la célébration de l’histoire des luttes, des résistances et des victoires des peuples noirs à travers le monde : le Black History Month.
En ce mois de février 2026, cette célébration emblématique fête son centenaire, illuminant cent ans de mémoire afro-descendante, des États-Unis à la Côte d’Ivoire, en passant par l’Europe et l’Afrique.
Chaque mois de février, aux États-Unis et dans plusieurs pays du monde, un temps particulier est consacré à l’histoire des personnes noires. Mais au fond, qu’est-ce que le Black History Month ?
Il s’agit d’une période dédiée à la mise en lumière de l’histoire, des luttes et des contributions des peuples afro-descendants, longtemps invisibilisées par les récits officiels. On le célèbre en février aux États-Unis et au Canada, en octobre au Royaume-Uni, en Irlande ou aux Pays-Bas, chaque pays l’adaptant à son propre contexte historique et social.
Lancé il y a exactement 100 ans, en 1926, par l’historien afro-américain Carter G. Woodson, le Black History Month est né d’un combat contre l’effacement historique hérité de l’esclavage, de la ségrégation et de la colonisation. Il s’impose aujourd’hui comme un outil de transmission, de fierté culturelle et de reconnaissance mondiale.
Comment est né le Black History Month ?
Le Black History Month trouve ses racines en 1926, lorsque Carter G. Woodson, cofondateur de l’Association for the Study of Negro Life and History (ASALH), instaure la Negro History Week, célébrée durant la deuxième semaine de février.
Ce choix n’est pas anodin : il coïncide avec les anniversaires d’Abraham Lincoln, président ayant proclamé l’abolition de l’esclavage, et de Frederick Douglass, figure majeure de l’abolitionnisme noir.
Woodson avait un objectif clair : réintégrer les réalisations des Noirs dans l’enseignement, qu’il s’agisse des sciences, des arts, de la politique ou de la pensée intellectuelle. À une époque où les manuels scolaires ignoraient ou déformaient l’histoire noire, cette initiative était un acte de résistance intellectuelle.
En 1976, à l’occasion du bicentenaire des États-Unis, le président Gerald Ford officialise l’extension de la semaine à un mois entier, appelant les Américains à honorer des contributions « trop souvent négligées ».
Pourquoi il existe et son importance
Le Black History Month répond à un vide historiographique profond. Pendant des siècles, l’esclavage, la ségrégation et le racisme institutionnel ont relégué les peuples noirs aux marges de l’histoire officielle.
Pour Carter G. Woodson, cette célébration était un outil de survie intellectuelle et identitaire, permettant aux communautés noires de se réapproprier leur passé et de reconstruire une fierté collective.
Aujourd’hui, le Black History Month honore aussi bien des figures historiques comme Martin Luther King Jr., Rosa Parks ou Malcolm X, que des artistes, scientifiques, entrepreneurs et penseurs contemporains.
Le thème officiel de l’édition 2026 « A Century of Black History Commemorations » célèbre un siècle de mémoire, de résilience et de transmission, tout en interrogeant les défis actuels liés à l’égalité et à la reconnaissance.
Le centenaire en 2026 : une fête planétaire
L’année 2026 marque les 100 ans de la toute première Negro History Week. À cette occasion, des commémorations spéciales ont lieu aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Afrique.
Conférences universitaires, expositions artistiques, projections, débats et créations culturelles rythment ce centenaire, avec une attention particulière portée aux enjeux contemporains : panafricanisme, transmission intergénérationnelle, justice sociale et inclusion.
En France, plusieurs initiatives culturelles voient le jour, notamment à Bordeaux, pionnière depuis 2018 dans l’organisation d’un Black History Month à la française, adapté à l’histoire coloniale et migratoire du pays.
Extensions dans d’autres pays, dont la Côte d’Ivoire
Dans cette même dynamique, plusieurs pays et communautés ont créé leurs propres déclinaisons du Black History Month afin de valoriser leurs patrimoines locaux.
En Côte d’Ivoire, l’Ivoire Black History Month (iBHM) voit le jour en 2020, à l’initiative de Niango Serge Alain, avec le soutien de collectifs culturels tels que Afrokemit, Tchewôlo et The Studio.
Cette célébration met l’accent sur l’histoire ivoirienne, les résistances précoloniales, les figures oubliées, les mythes fondateurs et les enjeux contemporains de cohésion nationale. Conférences, expositions, panels et rencontres sont organisés avec un objectif clair : reconnecter la jeunesse Ivoirienne à son histoire.
Rapidement, le mouvement s’étend et inspire d’autres pays africains Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Sénégal, Tchad tout en dialoguant avec des initiatives similaires au Canada, au Royaume-Uni et en France, faisant du Black History Month un véritable outil panafricain de réappropriation mémorielle.
En ce centenaire, le Black History Month nous rappelle que connaître, célébrer et transmettre l’histoire noire n’est pas seulement un devoir, mais une source de fierté et d’inspiration pour les générations à venir