Guinée : Mamadi Doumbouya officiellement proclamé président pour 7 ans avec 86,72 % des voix
Ce dimanche, la Cour suprême de Guinée a mis fin au suspense électoral en proclamant les résultats définitifs du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025. Sans surprise, le verdict confirme la domination sans partage de Mamadi Doumbouya, crédité de 86,72 % des suffrages exprimés. Cette annonce acte la transition du pouvoir militaire vers un mandat civil de sept ans, conformément à la nouvelle architecture constitutionnelle du pays.
Du putschiste au président élu
L'ascension de Mamadi Doumbouya s'inscrit dans une trajectoire singulière. Ancien commandant du Groupement des forces spéciales, il était sorti de l'ombre le 5 septembre 2021 en renversant le président Alpha Condé lors d'un coup d'État. Après avoir dirigé le pays pendant plus de quatre ans à la tête du CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement), précédemment identifié comme le Comité national du salut public (CNSP) dans les premières phases de la transition. Il troque désormais son treillis pour le costume de président élu, consolidant ainsi sa légitimité dans les urnes.
Un scrutin face à huit adversaires
L'élection du 28 décembre 2025 s'est déroulée dans un contexte de forte mobilisation, avec un taux de participation estimé à plus de 70 % selon les autorités. À 41 ans, Mamadi Doumbouya, favori incontesté sous la bannière du mouvement "Génération pour la Modernité et le Développement" (GMD), a axé sa campagne sur la stabilité, le développement des infrastructures et la lutte contre la corruption. Il faisait face à huit rivaux lors de ce scrutin. Parmi ses adversaires principaux figuraient des figures de l'opposition et de la scène politique actuelle :
Abdoulaye Yéro Baldé, chef du Front démocratique de Guinée (Frondeg), arrivé deuxième avec 6,59 % des voix.
Ousmane Gaoual Diallo (Union des forces démocratiques),
Cellou Dalein Diallo (UFDG) et d'autres figures de l'opposition comme Sidya Touré. Malgré des accusations de fraude massive, d'intimidation et des critiques sur le coût élevé de la caution électorale (fixée à 900 millions de francs guinéens), la Cour suprême a validé les résultats sans appel, rejetant l'ensemble des recours déposés par les candidats adverses.
Un mandat de sept ans
Conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur, le nouveau président est élu pour un mandat de sept ans. Cette période doit lui permettre de mettre en œuvre son programme de refondation de l'État, entamé durant la phase de transition militaire.
Cela ouvre une ère de stabilité potentielle, mais soulève des interrogations sur la transition démocratique en Guinée, dans un Sahel marqué par les coups d'État récurrents.