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Mali–Algérie : la réconciliation qui pourrait rebattre les cartes du Sahel

Mali–Algérie : la réconciliation qui pourrait rebattre les cartes du Sahel
Après des mois de tensions, le Mali et l'Algérie renouent le dialogue. Un rapprochement diplomatique qui pourrait changer la donne dans une région confrontée à une recrudescence des attaques terroristes.
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Après plusieurs mois de tensions diplomatiques, Bamako et Alger amorcent un spectaculaire rapprochement. Réouverture des espaces aériens, retour des ambassadeurs et reprise annoncée de la coopération sécuritaire : ce dégel intervient alors que le nord du Mali connaît une recrudescence des attaques menées par le JNIM, affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l'Azawad. Plus qu'un simple apaisement bilatéral, cette séquence pourrait redessiner l'équilibre stratégique de tout le Sahel.

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Une crise sécuritaire qui impose le réalisme

Le rapprochement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Ces dernières semaines, les groupes armés ont multiplié les offensives dans le nord du Mali, mettant sous pression les forces maliennes et leurs partenaires de l'Alliance des États du Sahel (AES).

Face à cette dégradation sécuritaire, la logique diplomatique reprend progressivement le dessus. Le ministère algérien de la Défense a annoncé la réouverture complète de son espace aérien aux avions maliens. Bamako a immédiatement adopté une mesure similaire envers l'Algérie. Les deux États ont également décidé de réactiver leurs représentations diplomatiques, un signal fort après plusieurs mois de refroidissement.

L'Algérie retrouve une place centrale

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Pendant plus d'une décennie, Alger a occupé une position déterminante dans la gestion des crises maliennes, notamment à travers l'Accord de paix d'Alger signé en 2015 entre le gouvernement malien et plusieurs groupes armés du nord.

Mais les relations se sont progressivement détériorées après les changements politiques intervenus à Bamako et la remise en cause par les autorités maliennes de certains mécanismes de médiation. Alger avait même annoncé mettre fin à son rôle de médiateur après avoir dénoncé des accusations jugées sans fondement.

Aujourd'hui, les intérêts convergent de nouveau. Pour le Mali, l'Algérie demeure un voisin incontournable avec lequel plus de 1 300 kilomètres de frontière sont partagés. Pour Alger, le retour dans le dossier malien constitue également un enjeu majeur de stabilité régionale et d'influence diplomatique.

Une médiation discrète aux multiples acteurs

Ce rapprochement n'est pas le fruit du hasard. Plusieurs capitales africaines ont contribué à renouer le dialogue. Le Togo a joué un rôle de facilitateur dans les échanges diplomatiques. La République du Congo, à travers le président Denis Sassou-Nguesso, a également entrepris des démarches auprès des autorités algériennes afin d'encourager une reprise des discussions.

Mais un autre acteur semble avoir pesé davantage : la Russie.

Partenaire stratégique de l'AES, Moscou a publiquement encouragé une normalisation entre Bamako et Alger. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rappelé que la lutte contre les groupes djihadistes nécessitait davantage de coordination régionale plutôt qu'une multiplication des tensions diplomatiques.

La sécurité avant les divergences politiques

Au-delà des désaccords passés, les deux pays semblent désormais partager un même constat : aucune stratégie sécuritaire durable ne peut être construite sans coopération entre voisins.

Les informations évoquent déjà de futures rencontres entre délégations militaires et diplomatiques afin de relancer les mécanismes de coopération sécuritaire, notamment dans les zones frontalières où circulent groupes armés, trafics illicites et réseaux terroristes.

Si l'Algérie retrouvait un rôle actif dans la recherche d'un nouveau cadre de dialogue entre Bamako et les différents acteurs présents au nord du Mali, cela constituerait l'un des changements diplomatiques les plus significatifs observés au Sahel depuis plusieurs années.

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Le Sahel entre souveraineté et coopération

Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités de l'AES ont construit leur doctrine autour d'une souveraineté affirmée et d'une diversification de leurs partenariats internationaux. Le rapprochement avec Alger montre cependant qu'autonomie stratégique ne signifie pas isolement diplomatique.

À mesure que la menace terroriste se régionalise, les logiques de confrontation laissent progressivement place à une diplomatie plus pragmatique. Pour le Mali comme pour l'Algérie, cette reprise du dialogue dépasse les intérêts bilatéraux : elle pourrait devenir l'un des principaux leviers d'une nouvelle architecture sécuritaire au Sahel.

Dans une région où les équilibres changent rapidement, cette poignée de main pourrait marquer bien davantage qu'une réconciliation. Elle pourrait ouvrir un nouveau chapitre où la coopération régionale redevient un instrument stratégique face aux défis sécuritaires communs.

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